jeudi 17 avril 2014

Actualité de la pêche en Europe et France 2014 (2e trimestre)


Revue de presse en France et Europe

Avril / Mai / Juin 2014

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Le 18 avril 2014

Dans le marin du 18 avril 2014, Des aides pour la pêche "durable et compétitive"

Dernier volet législatif pour réformer la politique commune de la pêche, le Parlement européen a adopté en plénière, le mercredi 16 avril, le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (Feamp), à 473 voix pour, 52 contre et 40 abstentions.

Ce fonds d’un montant de 6,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020, aurait dû être mis en œuvre en janvier 2014, en même temps que la politique commune de la pêche (PCP) qu’il doit financer. Or l’accord politique sur le Feamp n’a été trouvé que le 28 janvier entre le Parlement, le Conseil et la Commission. La Commission européenne annonce son entrée en vigueur en juin, après adoption par le conseil des ministres de la pêche et publication au Journal officiel. Mais le temps que le programme opérationnel pour la France soit rédigé, validé, puis mis en œuvre par l’État et les régions (qui y prendront une grande part), il ne faut pas s’attendre à toucher des financements avant l’automne.

Le député Alain Cadec, rapporteur sur ce texte, souligne les apports du Parlement à ce texte : « L’augmentation du budget alloué au contrôle et à la collecte des données, le maintien de l’aide à l’installation des jeunes et l’accompagnement du remplacement des moteurs sont des victoires importantes pour l’avenir de notre modèle de pêche. » La commissaire Maria Damanaki comme des ONG environnementales se félicitent de l’adoption de ce texte visant à mettre en oeuvre une politique de la pêche exigente en termes de durabilité.

Réactions : Maria Damanaki, Alain Cadec, Isabelle Thomas, Oceana, Ocean2012

D'après le marin : Le Parlement européen adopte le nouvel instrument financier pour la pêche

Les autres sujets du marin : 

* Chalutier du futur. La première tôle d'Arpège découpée à Boulogne-sur-Mer,
* Le projet d’un patron de bolincheur concarnois pour racheter l’armement Dhellemmes,
* Un projet ostréicole bloqué à Paimpol,
* Mortalité. Les espoirs de l'huître de Méditerranée,
* Sable coquillier (Sein). Fin de l'enquête publique pour Kafarnao,
* Anguille. Vers un label européen,
* Palourde. La taille minimale de capture sur le bureau de Bruxelles,
* Les paniers de la mer ne cessent de se remplir,
* Le salon Thétis de Cherbourg consacré aux EMR, 
* Le harcèlement à bord des navires,
* Corée du Sud : un naufrage qui pose question,
* Offshore. Total lance le champ ultra-profond Kaombo en Angola,
* Saint-Guénolé. Un comptoir de la mer flambant neuf,
* Un dossier consacré au Nord - Pas-de-calais.

Cliquer Ici pour lire le marin ou aller dans le Kiosk (en ligne)

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Feamp. Retour sur 1 an de rebondissements quant aux subventions à la pêche

Rapport secret de Polichinelle sur la pêche française !

Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (Feamp) en question ?

Le rapport secret sur la pêche française publié le 2 juillet 2013 par le NouvelObs n’a de secret que pour les personnes qui n’auraient pas encore accès à internet !

Il s’agit d’un secret de Polichinelle puisque les informations révélées sur les subventions à la pêche française sont directement accessibles sur le site du Ministère de l’Agriculture : Soutiens Publics Pêche. (NDLR étaient directement accessibles... Mais toujours téléchargeable ici (2008), ou (2007) et (2006))

Ce qui est scandaleux ! Non pas les révélations du NouvelObs.... Mais, les conclusions tirées de ce rapport secret de Polichinelle qui sont fausses ! Yan Giron démonte la supercherie : 100% de la pêche française subventionnée ?

Ce qui est scandaleux ! C'est l'utilisation de ces conclusions frauduleuses par Isabella Lövin et Jean-Pierre Besset, deux eurodéputés écologistes qui prétendent défendre la pêche européenne : Une multitude d'études préconisent aux députés européens d'interdire les subventions dévastatrices


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A l’Assemblée, Yves Foulon interroge le secrétaire de la mer et de la pêche sur les aides

http://www.tvba.fr/videos-2/societe/assemblee-yves-foulon-mer-peche-aides-2014.html

 A l’occasion des questions orales à l’Assemblée Nationale, Yves Foulon a interrogé Frédéric Cuvillier, Secrétaire d’Etat chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, sur le maintien des aides allouées à la filière maritime au travers du prochain Contrat du Plan Etat Région 2014-2020 (CPER) et sur le devenir des dossiers d’investissement au titre du Fond Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP).

Voici la question et la réponse du ministre.

Le Fonds européen d'aides à la pêche adopté

Il devait entrer en vigueur en janvier dernier, avec la nouvelle Politique commune de la pêche. Au mieux, ce sera le cas à l'automne.

Source : Ouest France par Jean-Pierre Buisson

La bataille aura été rude. Le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) a été adopté, mercredi, par le Parlement européen. Ce fonds, d'un montant de 6,5 milliards d'euros, doit accompagner la Politique commune de la pêche sur la période 2014-2020. Il aurait dû être mis en oeuvre en janvier dernier, mais Parlement, Conseil des ministres et Commission européenne n'ont réussi à trouver un terrain d'entente que le 28 janvier.

« Ce fonds va permettre d'épauler nos pêcheurs et cofinancer des projets de développement d'une industrie durable des produits de la mer », se réjouit Maria Damanaki, commissaire européenne aux affaires maritimes. Satisfaction, également, des associations écologistes. « Cette réforme historique permettra d'en finir avec la surpêche », déclare Uta Bellion, directrice du programme marin européen de Pew Charitable Trusts.

« Des victoires importantes »

(...)

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Le 17 avril 2014

Fin de la 7e législature du Parlement européen

La 7e législature du Parlement européen se termine avec beaucoup d'interrogations quant à l'avenir de la pêche communautaire. Par exemple : La protection des pêcheurs européens contre la pêche illégale et les importations déloyales...

Le 17 avril 2014, le Parlement européen a clôturé la dernière session de sa septième législature avec le dépôt d'une proposition de résolution sur la protection des pêcheurs européens et la lutte contre la pêche illégale... Une bouée de sauvetage jetée dans une mer déchainée !

Et aucune décision face aux importations déloyales qui impactent fortement le secteur européen de la pêche et de l'aquaculture...

En clair, cette législature a ouvert le marché communautaire à la jungle du commerce international des produits de pêche et de l'aquaculture !

Proposition de résolution du Parlement européen sur la protection des pêcheurs européens et la lutte contre la pêche illégale


Le Parlement européen,

– vu l'article 120 de son règlement,

A. considérant que l'ONG "Environmental Justice Foundation", au cours d'une enquête menée au large des côtes d'Afrique de l'Ouest, a rencontré une véritable flotte fantôme de bateaux de pêche qui se livrent, quasiment sans être inquiétés, à des activités de pêche illégale;

B. considérant que les prises illégales s'élevaient chaque année à environ 11 millions de tonnes (d'une valeur de quelque dix milliards de dollars), dont une grande partie est commercialisée sur le marché de l'Union;

C. considérant que certains de ces bateaux de pêche disposent des autorisations nécessaires et qu'ils trouvent un canal de vente direct dans le port espagnol de Las Palmas, qui a été critiqué plus d'une fois par les autorités européennes à cause des lacunes de son système de contrôle;

1. invite la Commission à adopter des normes plus strictes de lutte contre la pêche illégale afin de protéger tant l'écosystème que le marché réglementé de la pêche en Europe.


Le Parlement demande des mesures plus strictes contre les importations déloyales

L'UE devrait augmenter les droits antidumping contre les importations qui font l'objet de subventions ou d'un dumping, et aider les PME à utiliser les outils de l'UE pour lutter contre cette pratique, a affirmé le Parlement ce mercredi, confirmant sa position sur le projet de mise à jour des instruments de défense commerciale. Le Parlement demande aussi des droits plus élevés contre le dumping social et environnemental, et le dumping encouragé par les subventions à l'exportation de pays tiers.

Pendant la 7e législature du Parlement, la balance commerciale des produits de la pêche s'est détériorée... Et aucun plan de relance n'est prévu dans la nouvelle PCP pour inverser cette tendance...


Source : Parlement européen, le 16 avril 2014

"Aujourd'hui, nous avons pris position sur une question très controversée de la politique commerciale de l'UE. Des désaccords entre les États membres n'ont pas permis une adoption du texte lors de cette 7e législature, ce qui est décevant. Le Conseil doit trouver le moyen d'avoir confiance dans les instruments de l'UE, qui soit adapté au commerce international dans une économie de plus en plus mondialisée", a déclaré le rapporteur Christofer Fjellner (PPE, SV), dont le rapport a été approuvé par 535 voix pour, 85 voix contre et 24 abstentions.

Permettre aux PME d'avoir accès aux instruments de défense commerciale de l'UE

Les députés soulignent qu'en raison de leur complexité et de leurs coûts, les enquêtes antidumping et antisubventions sont souvent initiées par les grandes entreprises. En revanche, les PME sont désavantagées en termes d'accès aux instruments de protection commerciale de l'UE. Les députés suggèrent de mettre en place des services d'assistance pour aider les PME à introduire des plaintes et pour fournir des informations relatives aux procédures. Ce service pourrait également aider les secteurs économiques composés essentiellement de PME à rassembler les preuves initiales du préjudice économique qui sont nécessaires au lancement d'une enquête anti-dumping.

Pour ces secteurs, il devrait être possible d'imposer des droits plus élevés pour lutter contre les importations subventionnées ou faisant l'objet d'un dumping, ajoutent les députés.

Pas d'avis préalable aux enquêtes

Les députés ont supprimé une proposition qui aurait averti deux semaines à l'avance les importateurs européens et les pays tiers exportateurs, des projets de l'UE d'imposer des droits anti-dumping provisoires. La Commission avait proposé cet avertissement pour garantir que les biens déjà expédiés ne soient pas touchés. Les députés ont cependant répliqué que cette mesure pourrait encourager le stockage de biens faisant l'objet d'un dumping et politiser la relation commerciale.

Prendre en compte le dumping social et environnemental

Les députés souhaitent que l'UE impose des droits plus stricts sur les biens importés qui font l'objet d'un dumping ou de subventions si le pays tiers exportateur "ne présente pas un niveau suffisant de normes sociales et environnementales", sur la base des conventions en matière d'environnement et de droit du travail. Parallèlement, l'UE devrait imposer des droits plus modérés (en utilisant la "règle du droit moindre") lorsque les biens subventionnés proviennent d'un pays moins avancé qui souhaite atteindre ses "objectifs de développement légitimes".

Contexte: réforme des instruments de défense commerciale

La législation actuelle sur la protection commerciale de l'UE remonte à 1995. Depuis, les relations commerciales de l'Union avec les pays tiers ont énormément changé et la structure des échanges s'est mondialisée. La proposition de réforme vise à rendre la législation de protection commerciale de l'UE plus efficace, à l'adapter aux défis et aux systèmes commerciaux d'aujourd'hui, ainsi qu'à accroître la transparence et la prévisibilité.

La plupart des enquêtes antidumping et antisubventions lancées par l'UE concernent la Chine.

Prochaines étapes

Étant donné que le Conseil n'a pas encore présenté de position commune sur le projet de mise à jour des instruments de défense commerciale, le Parlement a confirmé sa position en première lecture. Le nouveau Parlement sera chargé de conclure un accord sur la version finale de ces dispositions.

Procédure: codécision (procédure législative ordinaire), première lecture

REF. : 20140411IPR43445

Cliquer Ici pour accéder à Fiche de procédure : Défense contre les importations qui font l'objet d'un dumping ou de subventions de la part de pays non membres de la Communauté européenne

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Fin de la 7e législature du Parlement: débat présidentiel, nuit électorale, constitution des groupes et du nouveau Parlement

La fin de la septième législature du Parlement sera suivie d'un débat présidentiel, de la nuit électorale, de la formation des nouveaux groupes politiques et de la constitution du nouveau Parlement.

Source : Communiqué de presse - Institutions − 17-04-2014

Le Parlement européen a clôturé la dernière session de sa septième législature avec 70 projets législatifs adoptés. Ces cinq dernières années, le Parlement a adopté 970 actes législatifs. Le huitième Parlement sera constitué le 1er juillet, après les élections des 22-25 mai. Plusieurs événements seront organisés d'ici là.

Le 15 mai, un débat "présidentiel" avec les cinq principaux candidats à la présidence de la Commission européenne aura lieu dans l'hémicycle du Parlement à Bruxelles et sera organisé par l’Union européenne de radiodiffusion (Eurovision). Jean-Claude Juncker pour le Parti populaire européen, Martin Schulz pour le Parti des socialistes européens, Guy Verhofstadt pour l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, Ska Keller pour le Parti des Verts et Alexis Tsipras pour le Parti de la Gauche européenne participeront au débat prévu de 21h à 22h30.

Le 25 mai, le Parlement organisera sa nuit électorale, durant laquelle projections et résultats au niveau européen seront présentés aux médias. La salle de presse du Parlement sera ouverte pendant tout le weekend. Un briefing pour la presse sur l'organisation de la nuit électorale sera annoncé prochainement.

Le 27 mai, la Conférence actuelle des présidents (composée du Président du Parlement et des chefs de file des groupes politiques) se réunira à 11h30 pour procéder à une première évaluation des résultats électoraux. Le Président du Parlement, Martin Schulz, informera le Président du Conseil, Herman Van Rompuy, des conclusions de la Conférence. Le Conseil européen - soit les chefs d'État et de gouvernement de l'UE - se réunira plus tard ce jour-là.

Les députés nouvellement élus se rencontreront pendant le mois de juin pour former les nouveaux groupes politiques. Toute notification de constitution de groupe doit être remise au Président du Parlement d'ici le 24 juin.

Note aux rédacteurs

Ces cinq dernières années, le Parlement européen a organisé 76 sessions qui ont duré plus de 2150 heures au total. Il a déposé 45 000 amendements et voté 970 actes législatifs et 754 actes non législatifs en session plénière. Il a tenu 27 séances solennelles et, au total, 22,403 votes par appel nominal et électroniques ont été effectués en plénière (sans compter les deux sessions d'avril).
REF. : 20140417IPR44805

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Le 16 avril 2014

Politique de la pêche : les députés adoptent la dernière phase de la réforme (Feamp)

Les règles de fonctionnement du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), destinées à aider les pêcheurs à se conformer aux exigences de la nouvelle politique commune de la pêche, ont été votées mercredi. Le FEAMP vise à aider les pêcheurs à respecter l’interdiction des rejets de poisson en mer, par exemple en investissant dans des engins de pêche plus sélectifs, à améliorer la sécurité, les conditions de travail, la collecte des données et les infrastructures portuaires.

Source : Parlement européen 

Ce vote va promouvoir un modèle de pêche durable pour les dix prochaines années. Pour moi, parler de pêche durable ne se résume pas à des incantations et à de bons sentiments. La pêche durable, c'est avant tout des mesures concrètes pour éliminer la surpêche et maîtriser la capacité de la flotte tout en permettant aux pêcheurs de vivre de leur métier", a déclaré le rapporteur Alain Cadec (PPE, FR).

Davantage de fonds pour la collecte des données afin de mieux gérer la pêche

Les négociateurs du Parlement ont amélioré la proposition de la Commission, en particulier sur la collecte et la gestion des données de la pêche, utilisées par exemple pour calculer le rendement constant maximal requis par les nouvelles règles de la politique commune de la pêche (le rendement maximal est défini comme la plus grande capture qui peut être prise, de manière sûre, année après année et qui maintient la taille de la population de poissons à sa productivité maximale).

Les députés ont veillé à ce que 520 millions d'euros du budget du FEAMP - une augmentation considérable par rapport à la proposition initiale de la Commission - soient alloués à la collecte des données.

Soutien aux jeunes pêcheurs

Les députés ont en outre amendé la proposition relative au FEAMP pour permettre aux jeunes pêcheurs de moins de 40 ans de se voir accorder un soutien individuel à l'installation jusqu'à 75 000 euros s'ils achètent un navire de pêche artisanale ou côtière entre 5 et 30 ans et s'ils disposent d'une expérience professionnelle de 5 ans dans le secteur.

Modernisation des moteurs de bateaux

Grâce au Parlement, le FEAMP interviendra également pour le retrait, le remplacement et la modernisation des moteurs des bateaux de 24 mètres maximum. Pour les navires entre 12 et 24 mètres, la puissance du nouveau moteur devra être inférieure à celle du moteur remplacé. Cependant, un amendement proposant de réintroduire des financements pour la rénovation de la flotte de pêche a été rejeté.

Vers une politique de la pêche durable dans l'UE

Afin de mettre en œuvre l'accord conclu entre le Parlement et le Conseil sur la prochaine PCP, qui oblige les États membres à définir des quotas de pêche durable à partir de 2015 et à introduire une interdiction de rejet en mer des poissons, le FEAMP aidera les pêcheurs à se conformer aux nouvelles règles en soutenant les investissements dans des engins de pêche plus sélectifs ou des équipements facilitant la gestion, le débarquement et la conservation des captures non désirées. Le FEAMP sera également utilisé en vue d'améliorer la sécurité et les conditions de travail, la collecte des données et les infrastructures portuaires.

Prochaine étapes

Le Conseil devrait approuver formellement l'accord dans les semaines à venir et celui-ci sera ensuite publié au journal officiel de l'UE. Le règlement FEAMP est le dernier texte de trois textes législatifs sur la réforme de la politique commune de la pêche à avoir été adopté. Les deux autres textes (déjà en vigueur) concernent le règlement sur la réforme de la PCP et celui sur l'organisation communes des marchés dans le secteur des produits de la pêche et de l'aquaculture.

Le texte été adopté par 473 voix pour, 52 voix contre et 40 abstentions.

Procédure: codécision (procédure législative ordinaire), accord de première lecture
REF. : 20140411IPR43503

Cliquer Ici pour accéder : Fiche de procédure : Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) 2014-2020

Lire aussi :

Réforme de la politique commune de la pêche
 
En dépit de plusieurs améliorations faisant suite à la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) menée en 2002, il a été communément admis que la PCP doit encore être réformée d'urgence, car elle n'a pas permis de rendre la pêche durable, les flottes des États membres de l'UE continuant à capturer des volumes beaucoup plus importants que ceux qui peuvent être remplacés par les écosystèmes marins.

À l'heure actuelle, 88% des réserves en Méditerranée et 39% des réserves dans l'océan Atlantique font l'objet d'une surpêche, en raison de capacités excédentaires de la flotte, de captures excessives et d'un respect inégal des règles de l'UE. L'on a également jugé inadmissible que le volume des "rejets" (les poissons rejetés en mer, souvent morts ou mourants) demeure si élevé.

En 2011, la Commission européenne a proposé une nouvelle législation sur la pêche dans l'UE, et les députés ont joué un rôle capital dans l'élaboration des réformes s'inspirant de cette proposition, étant donné que, pour la première fois, le Parlement était sur un pied d'égalité avec le Conseil en tant que co-législateur, suite à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne.

Le 30 mai 2013, grâce à un accord conclu entre les négociateurs du Parlement et du Conseil, des mesures visant à mettre un terme à la surpêche et à interdire les rejets - qui sont les enjeux majeurs du Parlement dans la réforme de la politique commune de la pêche (PCP) - ont été garanties. L'accord doit permettre de mettre en place, début 2014, une politique commune de la pêche durable. Le vote final (deuxième lecture) sur le texte concernant cet accord se déroulera le 10 décembre 2013.

Suite...

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Le 15 avril 2014

2014. La pêche européenne envoie 200 000 tonnes de lançon à la farine !

Le 24 mars 2014, le conseil des ministres européen a donné son accord pour envoyer 200 000 tonnes de lançon à la farine (*)... A l'issue de ce conseil, on parlait surtout de l'accord sur le maquereau, et des sanctions à l'égard de trois pays, Belize, Guinée et Cambodge, pour leur implication dans la pêche illégale...

La Commission européenne est plus préoccupée par la pêche illicite de trois petits pays que par la pêche minotière pratiquée par le Danemark au sein de l'Europe bleue...

Le lançon est ce petit poisson "bleu" que l'on voit quelquefois dans les poissonneries. (*) 200 000 tonnes = Tonnage de l'ensemble des criées françaises au cours d'une année...

3307e session du Conseil "Agriculture et pêche"
Bruxelles, le 24 mars 2014
Président : Athanasios TSAFTARIS
Ministre grec du développement rural et de l'alimentation

Cliquer Ici pour lire le communiqué de presse

Gestion du lançon
En ce qui concerne les questions relatives à la pêche, le Conseil est parvenu à un accord établissant un total admissible des captures (TAC) pour le lançon pour 2014.
Cette proposition prévoit également un TAC pour le merlan bleu.

Consultations entre les États côtiers sur le maquereau
Les États membres ont aussi largement salué l'accord sur le maquereau dans l'Atlantique du Nord-Est, conclu pour une durée de cinq ans entre l'UE, la 4orvège et les Îles Féroé. Ils ont toutefois déploré que l'Islande ne se soit pas jointe à l'accord.

Autres points approuvés
Au cours de cette session, le Conseil a par ailleurs adopté des mesures commerciales à l'encontre de trois pays tiers en réaction à leurs activités de pêche illicites,...

Gestion du lançon - Établissement de TAC pour 2014

Le Conseil est parvenu à un accord sur l'établissement d'un total admissible de captures (TAC) pour le lançon pour 2014 respectant les avis scientifiques. En outre, cet accord comprend également un TAC plus élevé pour le merlan bleu, à la suite de la conclusion de l'accord bilatéral entre l'UE et la Norvège et l'accord entre les États côtiers (voir détail dans doc.7916/14).

La question du lançon revêt une importance particulière pour le Danemark, principal acteur dans les zones de pêche de ce poisson. Compte tenu de la brièveté de la vie de cette espèce, la campagne de pêche doit débuter le 1er avril. Les avis scientifiques concernant ce stock sont en général disponibles juste avant le début de la campagne de pêche. Cette année, les avis scientifiques pour 2014 ont été publiés le 28 février, laissant très peu de temps pour élaborer et adopter une décision spécifique.

En décembre 2012, le Conseil a invité la Commission à soumettre des propositions de TAC séparées pour chaque stock d'espèces dont la durée de vie est courte, notamment le lançon.

Consultations entre les États côtiers sur le maquereau

La Commission a rendu compte au Conseil au sujet de l'accord sur le maquereau dans l'Atlantique du Nord-Est qui a été conclu à Londres le 12 mars 2014 entre l'UE, les Îles Féroé et la Norvège pour une durée de cinq ans.

lundi 14 avril 2014

Fishermen : « les pêcheurs sont devenus des esclaves »


Pologne : « les pêcheurs sont devenus des esclaves »

« Fishermen », le long-métrage de Viktoria Marinov, jeune réalisatrice polonaise, a été récompensé par une mention élogieuse du jury des professionnels (pêche et cinéma) au Festival Pêcheurs du Monde en mars 2014, à Lorient. Viktoria Marinov donne la parole à des pêcheurs artisans de Jastarnia, sur la presqu’île de Hel, près de Gdansk. Selon elle « les Polonais pensent que les pêcheurs sont stupides, sans éducation  » et les spectateurs «  sont étonnés de leur éloquence ». Elle-même a été surprise des connaissances des pêcheurs sur la mer, ses ressources et la législation. Ces pêcheurs sont tous des artisans, certains sur des barques côtières de petite pêche, mais majoritairement, ils travaillent sur de petits chalutiers. Ils ne sont donc plus reconnus comme des artisans par la Commission Européenne qui les considère comme des industriels.



 
L’Union Européenne soutient la pêche industrielle

Ils analysent d’ailleurs clairement la nouvelle Politique Commune des Pêches : « le but est de ne garder que deux types de bateaux sur la Baltique, ces petits bateaux qui pêchent près de la côte, et l’autre groupe de bateaux qui travaillent pour l’industrie. Les petits pêcheurs les gênent. Pour eux, on n’est rien, alors des restrictions plus sévères ont suivi ». « Il n’y a qu’un terme pour cela, c’est une Mafia, une Mafia qui travaille à Bruxelles. Le but de cette Mafia, c’est de nous casser, afin que nous cédions à cette pression et que nous abandonnions la pêche pour leur laisser les mains libres. On fait taire les pauvres et les faibles par les restrictions et les contraintes. Et c’est ce qui nous est arrivé “. Pour ces artisans, l’entrée dans l’Union Européenne s’est traduite par l’arrivée massive de la pêche industrielle dans leurs eaux, alors que les règlements antérieurs, pour l’ensemble de la Baltique, fixaient des limites à la taille et à la puissance des bateaux. „Les bateaux de pêche ne devaient pas dépasser 30 mètres de long et le moteur ne pouvait dépasser 611 kilowatts mais le 1er mai 2004, il s’est avéré que seule la Pologne respectait ces règles. Pouvez-vous imaginer que le 2 mai, à peu près 64 bateaux dépassant la longueur et la puissance fixées auparavant, entraient dans les eaux territoriales polonaises? Maintenant il y a une pêche industrielle. Les techniques de pêche de ces gros bateaux sont meurtrières et épuisent la mer.“ "Quand vous voyez cela d’un point de vue de pêcheur, vous voyez bien que la pêche industrielle dans la mer Baltique est en fait un vrai massacre de morues. Contrairement aux chalutiers artisans, ils ne vendent leur pêche que pour la farine de poisson Alors, même s’ils attrapent du poisson de valeur, il n’a aucun intérêt dans ces conditions. Nous, nous vendons du poisson pour la consommation. Et eux? Il y a un prix de base pour la farine de poisson, quelques centimes, et cela leur est bien égal s’ils pêchent du saumon, une petite morue, du sprat ou autre chose. On utilise le chalut de fond. On n’attrape du poisson qu’entre les zones situées de 2 à 10 mètres au dessus du fond de la mer. Quand la période de frai pour la morue commence, même si on le veut, on ne peut pas l‘attraper parce que la morue fraie en moyenne profondeur, pas sur le fond de la mer, mais dans les eaux pélagiques. Si la morue le décide, elle descendra sur le fond de la mer. Alors, on l’attrapera“.

Incompréhension entre scientifiques et pêcheurs

News de la pêche dans le monde : Afrique, Asie, Amérique et Océanie


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

2e trimestre 2014 : Avril / Mai / Juin 2014
  
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Le 16 avril 2014

Pêche : le port de Safi veut retrouver la cote

"Près de 70% des poissons traités à Safi proviennent désormais des ports du Sud [comme Dakhla ou Laayoune, où les eaux, plus chaudes, sont plus poissonneuses]", confirme Mehdi Dhaloomal, de Midav. (NDLR : Une zone convoitée par les flottilles européennes dans le cadre de l'accord de pêche entre le Maroc et l'Union Européenne... voir plus bas)

Source : Jeune Afrique par Marie Cadoux, à Safi

Autrefois sacré capitale mondiale de la sardine, le port marocain de Safi fait face à une diminution des prises. Comment sauvegarder son industrie de transformation ? Les entrepreneurs étudient toutes les pistes.

En cette journée ensoleillée de février, il n'y a bien que les mouettes pour donner un semblant de vie au port de Safi. Solidement amarrés, les bateaux ne sont pas sortis. "Il n'y a pas beaucoup de sardines en ce moment. La température de l'eau est trop froide", explique Hassan Saadouni, secrétaire adjoint de la Fédération marocaine des armateurs de la pêche côtière et président de l'Association des commerçants de poissons industriels.

Malgré ce calme apparent, le port du littoral atlantique, sacré capitale mondiale de la sardine dans les années 1960, reste l'un des plus importants du royaume. Près de 130 navires y sont immatriculés, dont 80 sardiniers. Hassan Saadouni se plante fièrement devant l'un d'eux. C'est le bateau de son frère, équipé d'un moteur espagnol et d'un filet flambant neuf venu tout droit de Corée du Sud, qui permet de pêcher jusqu'à 50 m de profondeur.

Les armateurs - au nombre de 45, principalement répartis entre deux fédérations - investissent dans la modernisation de leurs embarcations, remplaçant progressivement leurs navires en bois vétustes. Depuis 2008, un programme national baptisé Ibhar les y aide en subventionnant la construction de bateaux neufs à hauteur de 22%. Une manne pour le chantier naval de Safi, qui jouxte le port. Actuellement, une dizaine de navires y sont en construction ; ils partiront en mer d'ici à quelques mois.

Près de 70% des poissons traités à Safi proviennent désormais du sud, de Dakhla ou de Laayoune.

Tournée vers l'océan

La ville reste tournée vers l'océan, comme ses 550 000 habitants, dont 40 000 sont recensés comme marins. Mais aussi vers l'étranger : ses conserveries, qui emploient 10 000 personnes, travaillent presque exclusivement pour l'exportation.

"Le Maroc est un marché où la concurrence est vive et axée sur les prix", explique Medhi Dhaloomal, secrétaire général de l'Union nationale des industries de la conserve de poisson (Unicop) et directeur général de la conserverie Midav, qui réalise 95 % de son chiffre d'affaires à l'international, dont la moitié via des marques de distributeurs. Sur son bureau sont d'ailleurs fièrement disposées des boîtes aux couleurs de Carrefour et de Dia.

Comme lui, les industriels soulignent l'importance du savoir-faire local en matière de transformation, transmis de génération en génération par les femmes - qui constituent l'essentiel de la main-d'oeuvre. Mais ils doivent faire face à un problème de taille : la diminution des prises. Les statistiques de l'Office national des pêches sont à cet égard sans équivoque. En janvier, 20.000 tonnes de poisson ont été débarquées à Laayoune, contre seulement 1 700 tonnes à Safi. Pas de quoi faire tourner à plein régime les 18 conserveries de la région, dont les capacités de production s'élèvent à 280.000 tonnes par an.

Pénurie....

Suite : Jeune Afrique

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L'accord de pêche UE/Maroc concerne aussi le Sahara Occidental

Selon le Western Sahara Resource Watch (WSRW) (*), l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union Européenne concerne tout particulièrement la zone du Sahara Occidental :

« Onze États de l'UE ont reçu des droits de pêche au large des côtes du Sahara Occidental (...) dans le cadre de l'accord de partenariat dans le domaine de la pêche conclu avec le Maroc....

Le tableau (...) montre la répartition des licences de pêche ou quotas par catégorie de pêche, comme convenu par le Conseil européen en novembre dernier. Quatre des six catégories sont ouvertes à la pêche au Sahara Occidental, en raison de leur portée géographique : alors que chacune de ces catégories a une limite géographique nord, tout ce qui est au sud de cette latitude spécifique semble être partie gratuite. Ce sont des catégories 3 à 6 : la pêche artisanale dans le sud, la pêche démersale, la pêche au thon et la pêche industrielle des espèces pélagiques.

Beaucoup d'encre a coulé sur les intérêts purs et durs de l'Espagne dans cet accord, comme en témoigne le lobbying massif de l'Espagne en sa faveur. Sur les 108 licences de pêche prévues par l'accord, l'Espagne en effet reçoit la part du lion : 90 licences. La moitié de ces licences pourrait être utilisée pour la pêche au Sahara Occidental.

Les 18 licences restantes sont réparties entre le Portugal – qui reçoit 14 licences, dont 4 pourrait être utilisées au Sahara Occidental - et la France, qui se retrouve avec 4 licences qui pourraient toutes être utilisées dans les eaux occupées.

En plus des 108 licences de pêche, l'accord prévoit 80.000 tonnes annuelles dans la lucrative catégorie pélagique industrielle, soit 60.000 tonnes de plus par an que dans l'accord précédent. Les 80.000 tonnes sont divisées en plus petits quotas qui sont accordés aux différents États membres de l'UE.

Les Pays-Bas ont reçu la plus grande part, avec 24 567 tonnes, suivie par les 20 693 tonnes de la Lituanie et les 11 640 tonnes de la Lettonie. Sept autres États membres de l'UE ont un plus petit quota soit, l'Allemagne (6467 tonnes), la Pologne (4525 tonnes), le Royaume-Uni (4525 tonnes), l'Irlande (2917 tonnes), la France (2644 tonnes), le Portugal (1555 tonnes) et l’Espagne (467 tonnes).

La pêche pélagique est particulièrement inquiétante, car elle a lieu presque exclusivement dans les eaux du Sahara Occidental occupé. Les propres réserves pélagiques du Maroc ont été gravement surexploitées ou même épuisées. Les stocks pélagiques au large du Sahara Occidental courent maintenant le même risque, puisqu’ils sont ciblés par les navires industriels européens et russes à travers une transaction illégale avec le gouvernement d'un autre pays. Et par l’augmentation de la flotte industrielle privée sous pavillon marocain ou des Caraïbes, comme décrit dans ce rapport de Greenpeace de novembre 2013.(**)

L'UE versera 30 millions d'euros par an au Maroc pour ces droits d'accès, et un supplément de 10 millions d'euros est versé par le secteur de la pêche. Dans le même temps, les personnes qui ont fui le Sahara Occidental suite à l'occupation illégale vivent dans une situation humanitaire désespérée. L'UE ne paie qu'une fraction du montant ci-dessus aux Sahraouis en aide d'urgence, par ECHO l'organisation humanitaire de l'UE. »

(*) Le WSRW est un réseau international d'organismes et de militants qui recherchent et interviennent auprès des compagnies travaillant pour des intérêts marocains au Sahara Occidental...
(**) Greenpeace : Exporting / exploitation - How retired EU fishing vessels are devastating West African fish stocks and undermining the rights of local people

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Le 14 Avril 2014

Politique communautaire de la pêche : deux poids, deux mesures ?


Yolaine Costes, vice-présidente de la Région, chargée de la continuité territoriale, de la mobilité et des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises) dénonce une "politique de deux poids deux mesures" de la part de l’Europe quant à la stratégie communautaire de pêche dans la zone océan Indien.
 
Le Parlement européen s’apprête à voter ce mercredi 16 avril en faveur de la prorogation de trois nouveaux accords de pêche impliquant l’Union européenne et les Seychelles, mais aussi Madagascar et enfin les Comores. S’ils sont approuvés par le Parlement, les nouveaux protocoles offriront de nouvelles possibilités de pêche à près de 124 thoniers senneurs et 46 palangriers européens dans la zone Sud-Ouest de l’océan Indien. Après l’accord de partenariat avec le Mozambique adopté en 2012 et celui avec Maurice en 2013, ce sont donc aujourd’hui cinq accords de partenariats qui à eux seuls accordent des possibilités de pêches à plus de 300 thoniers senneurs et palangriers européens dans la zone.

Source : Clicanoo.re par Yolaine Costes

Ironie de l’histoire, c’est le même jour que sera adopté le Fond Européen pour les Affaires Maritime et la Pêche (FEAMP) auquel sont soumises La Réunion et Mayotte pour 2014-2020. Malgré quelques avancées en faveur des RUP qui ont été, à chaque fois, véritablement arrachées par le député européen du Parti Populaire Européen, Alain CADEC, à la Commissaire DAMANAKI, le FEAMP reste globalement opposé au développement de la flotte de pêche dans toute l’Europe et donc, à La Réunion et à Mayotte. Sauf que si les motifs de surpêche sont légitimes pour le continent européen, ils ne sont pas recevables pour l’océan Indien. Ce constat semble d’ailleurs manifestement partagé par l’Union européenne au vu des accords internationaux conclus en faveur de plus de 300 navires européens autorisés à exercer leur activité dans notre bassin maritime.

Accord de partenariat et achats de licences d’une part, contraintes réglementaires et restrictions environnementales d’autre part, l’Union européenne donne incontestablement l’impression de pratiquer en matière de pêche une politique de deux poids deux mesures. Pour autant, il n’est pas question de remettre en cause le principe de ces accords de pêche qui bénéficient aux pays de la zone et qui constituent pour eux des sources de revenus importantes mais de les faire évoluer vers une véritable politique de la pêche à l’échelle de notre bassin maritime.

La dénomination d’ « accords de partenariat » semble ici tout à fait pertinente mais à la seule condition d’intégrer les intérêts des RUP françaises de l’Océan indien. Elle correspond à une évolution nécessaire des relations devant se nouer dans le secteur de la pêche entre les pays de la zone. La pêche est l’un de ces nombreux domaines où, pour bien jouer, il faut jouer collectif. Ce partenariat à l’échelle du bassin maritime est un atout d’autant plus fort que les bateaux de pêche évoluent dans les mêmes eaux, ciblant les mêmes espèces pélagiques migratrices.

La création récente de la fédération des organisations professionnelles de pêcheurs de la Commission de l’Océan Indien tout comme le lancement du prochain Conseil Consultatif Régional à l’échelle de notre bassin maritime vont donc dans le bon sens.

Ces structures propices au dialogue devront faire valoir les intérêts de nos îles, en imposant dans chaque accord conclu entre l’Union européenne et les pays de la zone, un chapitre dédié aux RUP et au développement local de leurs filières « pêche ».

Elles devront aussi et surtout parvenir, avec l’aide des pouvoirs publics locaux, à convaincre la France et l’Union européenne de ne plus tenir La Réunion et Mayotte à l’écart des retombées économiques dont bénéficient aujourd’hui essentiellement les flottilles continentales.

Telle doit être la position d’une Europe de l’Océan indien consciente d’elle-même, afin d’équilibrer les relations, aujourd’hui asymétriques, et libérer tout le potentiel de nos filières de pêche. Mieux associer les RUP, mieux équilibrer le FEAMP vers les territoires du Sud-Ouest de l’océan Indien, redonnerait incontestablement du sens à nos ambitions en assurant la rentabilité économique de nos entreprises de pêche, gage d’attractivité à l’égard des jeunes pêcheurs, en garantissant aussi une plus grande présence des flottilles des RUP sur l’ensemble du bassin, tout en se montrant attentif à une gestion durable des ressources halieutiques.

Yolaine COSTES

Des voix s'élèvent aussi à l'Île Maurice contre les accords de pêche avec l'Union Européenne...

Sur RFI : Union Européenne - Île Maurice : Controverse sur l'accord de pêche

L’accord de pêche entre l’Union européenne et l’île Maurice est au centre d’une nouvelle controverse. Ni les activités des navires de pêches européens ni les compensations versées par l’UE au gouvernement mauricien ne profitent à la communauté locale. Des critiques formulées par l’océanographe mauricien, Vassen Kauppaymuthoo. Il a attiré l’attention des députés européens et réclame la suspension de cet accord. L’océanographe observe aussi une baisse des stocks de poissons dans la région.
 
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Le 12 avril 2014

Pour une stratégie offensive de mise en valeur des ZEE ultramarines

Délégation sénatoriale à l’outre-mer

Source : Sénat

La Délégation sénatoriale à l’outre-mer, présidée par M. Serge Larcher (app. Soc - Martinique), braque les projecteurs sur l’importance et la diversité des potentiels de croissance durable portés par les espaces maritimes de la France et de ses outre-mer à l’heure où il apparaît urgent d’ouvrir de nouvelles perspectives aux économies ultramarines et nationale. Ses trois rapporteurs, MM. Jean-Etienne Antoinette (app. Soc - Guyane), Joël Guerriau (UDI-UC - Loire-Atlantique) et Richard Tuheiava (app. Soc - Polynésie française) ont ainsi inventorié ces potentiels et analysé les opportunités qu’ils offrent pour relever les défis du 21ème siècle, tels l’impératif alimentaire, la transition énergétique, la recherche médicale ou encore la prévisible pénurie de ressources minérales pour les industries de pointe, dans un rapport d’information adopté à l’unanimité par la délégation le 8 avril 2014.

Alors qu’un certain nombre de pays se positionnent activement dans la course aux ressources marines, la France, qui dispose grâce à ses outre-mer de la deuxième zone économique exclusive (ZEE) la plus vaste au monde derrière les États-Unis avec près de 11 millions de km2, se réfugie dans les discours incantatoires et laisse s’étioler le capital de connaissance qu’elle avait engrangé. Au moment précis où l’Europe commence à prendre des initiatives et où un embryon de gouvernance mondiale se met en place au sein d’instances onusiennes, la France, qui fut longtemps pionnière, ne doit pas décrocher.

L’exercice de la souveraineté sur de vastes étendues et la compétition internationale ont certes un coût difficile à assumer en période de crise mais il s’agit là d’un investissement d’avenir, une opportunité historique de croissance et de rayonnement. La France, et ses outre-mer en première ligne, doivent se saisir de cette chance et miser sur l’économie bleue.


Du Pacifique à Saint-Pierre-et-Miquelon en passant par la Guyane ou encore le canal du Mozambique dont la ZEE française représente près des deux tiers, la course aux ressources marines est engagée. Simultanément, des technologies de pointe, encore au stade expérimental il y a peu, deviennent matures et entrent en phase industrielle, en particulier dans le domaine des énergies renouvelables. Le moment est venu d’ériger la mise en valeur des ZEE en priorité stratégique.

À cette fin, la Délégation sénatoriale à l’outre-mer formule dix recommandations classées selon trois axes :
  • mettre en place une gouvernance nationale cohérente et offensive ;
  • fédérer les énergies de l’ensemble des acteurs pour le plus grand bénéfice des territoires ;
  • promouvoir aux échelons local, national, européen et mondial un cadre normatif favorable à une économie bleue attractive et durable.

La réforme en cours du code minier doit être l’occasion de prendre en compte les spécificités des outre-mer et des activités offshore.

Cliquer Ici  pour lire la synthèse du rapport d’information de la délégation "ZEE ultramarines : Le moment de vérité"

Cliquer ici pour télécharger le rapport "ZEE ultramarines : Le moment de vérité" ou pour lire en ligne le rapport

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Les zones économiques exclusives ultramarines : le moment de vérité (extrait)

b) Les ressources halieutiques et végétales : des perspectives contrastées

Source : Sénat

(1) Les ressources de la pêche : inventorier et structurer

(a) Un potentiel à optimiser

La ressource est mal connue et à exploiter avec prudence. ZEE n'est en effet pas nécessairement synonyme de « zone de pêche utile ». L'importance des ressources halieutique au large des côtes varie selon qu'elles sont ou non bordées par un plateau continental.

Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam ainsi que Saint-Pierre-et-Miquelon sont entourées de vastes plateaux poissonneux ; de même la Guyane dispose d'un plateau continental de 40 000 km2, particulièrement riche. La Réunion et Mayotte en sont dépourvus, ce qui limite la pêche côtière. Les îles des Antilles disposent quant à elles d'un plateau continental modeste.

La ressource dépend aussi de l'existence de lagons dans lesquels se pratique une pêche artisanale de poissons particuliers à ce milieu. Ainsi, Mayotte dispose d'un des plus vastes lagons du monde (1 000 km2) ; même si les pêcheurs s'y sont longtemps limités à exploiter les eaux lagonaires ou limitrophes, ils pêchent désormais le listao en mer ouverte, espèce également ciblée par les thoniers tropicaux opérant dans la zone.

Dans le Pacifique, la mer serait pauvre au-delà des lagons. Les eaux tropicales chaudes de la ZEE polynésienne sont assez peu productives, la partie la plus riche se situant au nord, plus proche de l'upwelling65(*) équatorial. La zone océanique dans laquelle est située la Nouvelle-Calédonie n'est pas non plus favorisée, les migrations de thonidés passent assez loin à l'est et au nord du territoire.

Les outre-mer n'échappent pas à la tension planétaire sur les ressources halieutiques.

La richesse halieutique de la planète est menacée par la surpêche : les prélèvements de poissons destinés à la consommation sont en effet passés de 16,8 millions de tonnes en 1950 à 128 millions de tonnes, qui fournissent à plus de 4,3 milliards de personnes environ 15 % de leurs apports en protéines animales. Selon la FAO66(*), « près de 30 % de ces stocks sont surexploités (...), 57 % sont pleinement exploités et seulement 13 % ne sont pas pleinement exploités »67(*). Ce constat vaut pour les grandes espèces pélagiques68(*), au premier rang desquels les thons, mais il est plus difficile à dresser pour les espèces côtières.

La ressource halieutique ultramarine est aujourd'hui très mal évaluée. D'une part, les eaux tropicales se distinguent, à l'exception de la Guyane69(*), par une forte diversité et une faible abondance des espèces ; cette observation ne s'appliquant évidemment pas à Saint-Pierre-et-Miquelon ni aux TAAF70(*). D'autre part, cette difficulté est renforcée par les insuffisances de l'appareil statistique. La pêche outre-mer ayant très majoritairement un caractère artisanal, les données déclaratives des pêcheurs sont le plus souvent inexistantes, raison pour laquelle, depuis quelques années, les données sur la pêche outre-mer ne sont plus publiées par la direction des pêches maritimes et de l'aquaculture (DPMA) du ministère de l'agriculture.

Suite Sénat
 
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Le 10 Avril 2014

La France interdit ses territoires en "jachère" aux populations affamées...

Opération de lutte contre la pêche illégale aux îles Eparses

[Communiqué de presse du 08/04/14 de la préfecture de La Réunion]

Source : Taaf

Déployée depuis le 6 mars 2014 en mission de surveillance maritime dans les eaux des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), la frégate de surveillance « Nivôse » des Forces armées dans la zone Sud océan Indien (FAZSOI) est intervenue pour mettre un coup d’arrêt à des actions de pêche illégale autour des îles Eparses du canal du Mozambique, formant le 5e district des TAAF.

Bien que la pêche y soit strictement réglementée, de plus en plus de pêcheurs en provenance de Madagascar sont signalés par les gendarmes en poste sur ces îles. Les pêcheurs sont à la recherche d’holothuries, aussi appelées concombres de mer, très prisés sur le marché asiatique. Cet animal contribue à l’équilibre écologique des lagons et à l’oxygénation des océans. Sa disparition par action de pêche massive provoquerait un préjudice irréversible.

Le samedi 29 mars au matin, à quelques milles de l’île française de Juan de Nova, la frégate « Nivôse » a déployé ses trois embarcations rapides et son hélicoptère de type « Panther » dans le cadre d’une opération de police d’envergure. Cette action aéromaritime a permis l’interception de cinq navires présents illicitement dans le lagon. Pendant l’opération, deux voiliers ont tenté de fuir mais se sont vus barrer le chemin par la frégate.

Les visites des cinq navires de pêches provenant de Mahajanga (Madagascar) qui transportaient 112 personnes, ont permis d’établir que trois navires pratiquaient la pêche de manière artisanale, mais que les deux autres, plus imposants, semblaient avoir une vocation quasi-industrielle. Près d’une tonne d’holothuries a été appréhendée et rejetée à la mer sur instruction du directeur de la mer sud océan Indien (DMSOI). Ont également été recensés 95 blocs de plongée, plusieurs dizaines de paires de palmes, des sondeurs, des dizaines de harpons ou encore des lignes, remis aux autorités françaises, qui témoignent de l’organisation de la filière. Après rédaction des procès verbaux, les navires ont été sommés de quitter la mer territoriale française.

Ces derniers mois, les îles Éparses ont fait l’objet de nombreux signalements d’incursions et d’activités de pêches illicites suivis par le service de surveillance des pêches du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Réunion.

Cette opération constitue un signal fort à l’encontre des flotilles de pêche en action illicite dans les zones économiques exclusives françaises et plus particulièrement autour de Juan De Nova.

Le « Nivôse » fait partie des cinq unités de la Marine nationale des FAZSOI, dispositif complété du patrouilleur des affaires maritimes « Osiris » pour la surveillance des activités de pêche, qui patrouillent régulièrement dans le canal du Mozambique et dans les mers Australes pour assurer le respect des droits souverains français dans la zone économique exclusive des 11 îles françaises du sud de l’océan Indien.

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Le 9 Avril 2014

L'Insee chiffre la pêche réunionnaise


À la fin 2011, la flottille de pêche réunionnaise se compose de 222 navires, soit 3,5 % du total de la flotte de pêche française.

Source : Insee

À La Réunion, la pêche s'exerce à proximité des côtes en sorties de moins de 24 heures (petite pêche) ou plus au large en sorties pouvant aller jusqu'à 20 jours pour la pêche palangrière (regroupant la pêche côtière et la pêche au large). La grande pêche industrielle s'exerce uniquement dans les zones économiques exclusives des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) lors de campagnes de plus de 20 jours.

La petite pêche représentait fin 2011 l'activité la plus importante en matière de flottille et d'emplois : 191 navires et 255 marins. Les prises de ce type de pêche sont destinées en quasi-totalité à l'approvisionnement du marché local. Le Département et la Direction départementale des affaires maritimes s'emploient à structurer la filière afin de maîtriser et d'accroître la production et la commercialisation.

Environ 10 % des embarcations pratiquent la pêche palangrière (pêche au large). Cette pêche se pratique dans une zone située entre 12 et 20 milles de La Réunion ou de Madagascar. Cette technique de pêche à la « longue ligne » consiste à capturer des poissons à partir de lignes pouvant mesurer plusieurs kilomètres et dotées de centaines d'hameçons accrochées à des bouées munies d'émetteurs. Un marin sur cinq inscrit à La Réunion pratique ce type de pêche.

Fin 2011, la grande pêche industrielle emploie 282 marins inscrits à La Réunion.

Les captures sont surtout des légines mais aussi des langoustes, des raies et des grenadiers.
L'activité de pêche pour chacune de ces espèces est soumise à un règlement qui détermine des quotas pour chaque année. L'objectif de ces quotas, établis par l'administration des Taaf et le muséum national d'histoire naturelle, est d'assurer la conservation à long terme et l'utilisation optimale des ressources dans la zone économique exclusive de Kerguelen et du Crozet. Le quota de pêche de légine a été fixé à 5 800 tonnes de prise pour la campagne 2011-2012 (source Taaf). Le quota de pêche pour la langouste reste stable à 400 tonnes.

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Le 8 avril 2014

Quatrième sommet UE-Afrique : feuille de route 2014-2017

La feuille de route 2014-2017 du quatrième sommet UE-Afrique établit les domaines prioritaires pour la coopération: les sciences, les technologies et l'innovation ; l'enseignement supérieur ; la migration, la mobilité et l’emploi ; le développement et la croissance durables et inclusifs et l’intégration continentale et, enfin, les questions globales et émergentes.

Source : CTA

En ce qui concerne les sciences, les technologies et l'innovation, les délégations africaines et européennes se sont engagées à renforcer leur coopération par la mise en place de communautés de chercheurs et à la création de programmes de recherche académique communs. De plus, un partenariat à long terme sera développé en matière de recherche et d'innovation, financé et géré en commun, en particulier dans les secteurs de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et de l’agriculture durable.

Pour améliorer l’éducation supérieur, les programmes Erasmus+, Marie Skłodowska-Curie Actions and Nyerere favoriseront la mobilité des étudiants, académiques et chercheurs d’Europe et d’Afrique. L'Initiative pilote "Tuning Africa" pour l'harmonisation de l'enseignement supérieur en Afrique sera étendue.

Le Sommet de Bruxelles a également adopté une déclaration sur la migration et la mobilité et a accepté de mettre en œuvre un plan d’action pour la période 2014-2017. Conformément à cette déclaration, les synergies entre la migration et le développement seront favorisés.

mardi 1 avril 2014

Thon rouge. Le poisson d’Avril du National Geographic



Surpêché, le thon rouge risque gros

Le « thon des thons », qui peut atteindre 4 m et 500 kg, va t-il disparaître, débités en sushis ?

L’instant d’avant, rien ne troublait l’abîme bleu uni. Point chaud ondulant sous la voûte des vagues, le soleil irradiait comme à travers un vitrail. L’instant d’après, l’océan pullule de thons rouges géants, effilés comme des torpilles.

Les plus gros dépassent 4 m et 500 kg. Leurs flancs pâles scintillent dans les rayons lumineux réfractés par la mer, et leurs nageoires rigides, la longue anale incurvée et la seconde dorsale, étincellent tels des sabres.

Le battement saccadé et incessant des caudales godillant à toute vitesse propulse le banc à plus de 18 km/h, avec des pointes à plus de 45 km/h.

Et, tout aussi brusquement qu’ils ont surgi, les poissons s’éclipsent. L’océan redevient vide. Juste là où un thon a avalé un hareng, une petite galaxie d’écailles tournoie dans le sillage du prédateur vite disparu.

Les tourbillons ralentissent, se dissolvent ; les écailles brillent un instant, puis leur éclat faiblit et, bientôt, leur clignotement s’évanouit vers les profondeurs.

Le thon véritable – du genre Thunnus – paraît être un organisme turbopropulsé à l’aérodynamique parfaite. Il se distingue par sa taille, sa grande autonomie, sa nage puissante, son corps chaud, ses branchies importantes, la finesse de sa thermorégulation, sa prise d’oxygène rapide, sa haute concentration d’hémoglobine et l’ingénieuse physiologie de son cœur. Toutes caractéristiques à leur apogée chez le thon rouge.

Trois espèces de thon rouge se partagent les océans: celui de l’Atlantique, celui du Sud et le thon rouge du Pacifique. Sa relation avec l’humanité est des plus anciennes. Les pêcheurs japonais le chassent depuis plus de 5 000 ans, et les Haïdas du Pacifique Nord-Ouest depuis au moins aussi longtemps.

Des artistes de l’âge de pierre ont peint des thons rouges de l’Atlantique sur les parois de grottes de Sicile. En Méditerranée encore, à l’âge du fer, les pêcheurs phéniciens, carthaginois, grecs, romains et marocains observaient de leurs promontoires l’arrivée des thons rouges dans les zones de frai.

« Le thon rouge a contribué à l’établissement de la civilisation occidentale, m’assure Barbara Block, éminente spécialiste de ce poisson à l’université de Stanford. On capturait des thons géants au filet partout en Méditerranée. La migration annuelle du thon rouge passe par le détroit de Gibraltar, et tout le monde savait quand il arrivait. Pas moins de trente mots le désignaient dans le Bosphore. Les filets portaient des noms différents selon les pays. Une prise offrait de l’argent liquide. On faisait commerce du thon rouge. Des pièces de monnaie grecques et celtiques sont à l’effigie des thons géants. »

Suite du dossier "Thon Rouge" dans National Geographic du 1 avril 2014

lundi 31 mars 2014

Changer d'échelles pour mieux regarder et...

En affichant « Mortalités ostréicoles 2014 l’année des solutions, chiche ? », je pensais qu’il serait relativement simple de faire passer l’idée que de mieux cultiver les jardins aquatiques pourrait être prise au sérieux. Des témoignages disponibles sur le web confirment que bien des ostréiculteurs se considèrent effectivement comme autant de « jardiniers qui entretiennent leur écosystème»! 

Jean-François Le Bitoux

« Changer d’échelles pour mieux regarder et surtout voir autre chose, sous un autre angle »

Billet 8

Le livre de référence de Christine Kiener – The oyster question 2009 – attribue dès la première phrase les échecs de la politique ostréicole depuis 130 ans dans la baie du Chesapeake (Maryland-USA) à une « guerre culturelle » entre les trois partis concernés: les professionnels (watermen), la Recherche et l’Administration politique. On doit se demander comment se manifeste cette guerre culturelle sans attendre que de nouvelles cultures touristique (disposer d’un environnement d’une santé irréprochable) et écologique (entretenir des productions durables !) réclament d’autres droits tout aussi légitimes. Il semble que chaque parti regarde et vit les mêmes scènes de points de vue trop différents, juché sur des échelles de valeurs propres à sa communauté. On pourrait s’attendre à ce que les « responsables» prennent un peu de hauteur afin de mieux apprécier les paramètres qui participent aux phénomènes vécus, dans la mesure où ils sont pressentis comme de meilleurs garants de l’intérêt général. Mais il semble très difficile à tous de changer d’échelles, de lunettes ou de jumelles, pour partager, discuter, croiser et confirmer les indications rapportées par les uns et les autres : la langue française ne serait-elle pas suffisante pour faire cette enquête ?

En affichant « Mortalités ostréicoles 2014 l’année des solutions, chiche ? », je pensais qu’il serait relativement simple de faire passer l’idée que de mieux cultiver les jardins aquatiques pourrait être prise au sérieux. Des témoignages disponibles sur le web confirment que bien des ostréiculteurs se considèrent effectivement comme autant de « jardiniers qui entretiennent leur écosystème»!