jeudi 29 janvier 2015

Pêches continentales : 13 à 30 millions de tonnes de poisson d'eau douce !

«Les pêches continentales constituent une source de nutrition et d'emplois précieuse mais souvent négligée dans le monde», a rappelé M. Árni M. Mathiesen, Sous-Directeur général de la FAO responsable du Département des pêches et de l'aquaculture lors de la conférence mondiale "Global Conference on Inland Fisheries". «Mais jusqu'à présent, l'effort international visant à intégrer efficacement la pêche continentale dans l'agenda mondial du développement n'a pas tenu ses promesses.» En Europe, la pêche continentale (y compris la pisciculture en eau douce) est la grande oubliée de la réforme de la Politique Commune de la Pêche...

A Bogota (Colombie), le marché de gros aux poissons d'eau douce était beaucoup plus important que celui des produits de la mer, dans les années 1990...

La surface de la Lune est mieux connue que les grands fonds marins, ces fosses océaniques présentées comme la dernière frontière de l’exploration de notre Planète. Mais connait-on mieux les eaux continentales, fleuves, lacs et rivières, qui nous sont pourtant plus proches ?

Quand la FAO annonce des productions halieutiques continentales comprises dans une plage de 13 à 30 millions de tonnes pour une année, nous sommes en droit de nous poser des questions sur les statistiques en matière de pêches continentales dans le monde et plus généralement en ce qui concerne les captures totales (mer + continent). Les productions continentales sont agrégées aux pêcheries maritimes pour nous donner ce chiffre qui revient dans toutes les études : 90 millions de tonnes de captures mondiales.

« La pêche professionnelle en eau douce est le secteur oublié du monde de la pêche » nous rapporte le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) dans une étude sur la situation de la pêche continentale dans le monde « Blue Harvest – Inland fisheries as an ecosystem service ». Pourtant, les captures dans les lacs, fleuves et rivières atteindraient entre 20 et 30 millions de tonnes chaque année ce qui n’est pas rien comparé aux 90 millions de tonnes de la pêche mondiale.

Plus de 2 millions de tonnes dans le bassin inférieur du Mékong, plus d’un million de tonnes dans le lac Victoria ou sur l'ensemble du bassin du fleuve Niger,…


L'importance vitale de la pêche continentale pour l'alimentation et les revenus des habitants des pays en développement est fortement mise en évidence dans ce nouveau rapport du PNUE. Globalement les rivières et les lacs offrent 13 millions de tonnes de poisson par an, peut-être même 30 millions si l'on tient compte des captures non déclarées. Cette activité génère 60 millions d'emplois à temps plein et partiel dans le secteur pêche, mais aussi dans d'autres secteur qui en dépendent tel que le traitement. La moitié de ces emplois sont occupés par des femmes.

Environ 70% des pêches sont en Asie, 25% en Afrique, et environ 4% en Amérique latine. Il s'agit en grande partie de produits consommés à l'échelle nationale, ce qui souligne l'importance vitale de ce type de pêche pour les populations et l'économie des pays en voie de développement. Cette étude, compilée par le Pnue et le World Fish Center, souligne également l'importance des pêches continentales dans l'alimentation et, l'apport de protéines, surtout chez les enfants. « En plus des protéines, le rôle des pêches continentales dans l'apport de micronutriments, notamment la vitamine A, le calcium, le fer et le zinc, est vital » dit le rapport Blue Harvest : Inland Fisheries as an Ecosystem…. 

Philippe Favrelière (actualisation de l'article publié le 4 novembre 2010 à partir du communiqué du Pnue : Nagoya 2010 : Il est temps de se concentrer sur les domaines "oubliés" de la pêche) (3770)


Autres articles :

Pour aller plus loin....

Photographie de Philippe Favrelière : Poissons du fleuve Magdalena dans le marché aux poissons d'eau douce de Bogota (Colombie)

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Le 29 Janvier 2015


Lacs et rivières sont essentiels pour les moyens d’existence de millions de personnes


Copie d'écran du portail de la conférence internationale Global Conference on Inland Fisheries

Une conférence mondiale "Global Conference on Inland Fisheries" appelle à la reconnaissance et à une meilleure gestion des pêches continentales

Les pêches continentales - le réseau de lacs, rivières et cours d'eau qui alimentent en eau douce et en poissons des millions de personnes à travers le monde  - méritent d'être mieux gérées afin de préserver leur contribution à une bonne nutrition et à l'économie, notamment dans les pays en développement.

mercredi 28 janvier 2015

Actualité de la pêche en France et en Europe : Janvier 2015



Mois de Janvier 2015

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Le 30 Janvier 2015

L'incroyable résurrection du chantier naval CMN à Cherbourg


Le chantier naval CMN basé à Cherbourg a réalisé un chiffre d'affaire de l'ordre de 100 millions d'euros en 2014... Il présentera au salon Euromaritime le Longliner 42, un nouveau modèle de palangrier de 42 mètres.

Source : La Tribune par Michel Cabirol

Avec deux beaux contrats à l'export, CMN a remis le cap vers le grand large. Le chantier naval de Cherbourg, qui a renouvelé sa gamme de produits, pourrait être l'une des belles surprises de l'année 2015 à l'exportation. Entretien avec son Pdg, Pierre Balmer.

Tel le phénix qui renaît de ses cendres, CMN est, une fois de plus, revenu de nulle part... Peu de personnes, y compris en interne, ne croyait début 2013 aux chances de Constructions Mécaniques de Normandie de rester à flot. Pourtant le chantier naval basé à Cherbourg, une des filiales du groupe Privinvest Shipbuilding Group présidé par le propriétaire franco-libanais Iskandar Safa, est aujourd'hui toujours bien là. Et plutôt en bonne forme. CMN, qui emploie actuellement 320 personnes, a réalisé un chiffre d'affaires en 2014 "de l'ordre de 100 millions d'euros", confie à La Tribune le Pdg de CMN, Pierre Balmer. Contre environ 30 millions d'euros en 2013.

Une résurrection qui doit beaucoup à l'obtention d'un très beau contrat export évalué à 200 millions d'euros... au Mozambique, en septembre 2013. Un pays improbable pour l'industrie d'armement française mais pas impossible pour CMN et son discret propriétaire. Le président du Mozambique, Armando Guebuza, qui est venu à Cherbourg en septembre 2013 avec François Hollande, a offert à son pays 24 bateaux de pêche (dont 21 palangriers), trois intercepteurs de 32 mètres de type HSI pouvant atteindre la vitesse de 45 nœuds, et enfin, trois patrouilleurs trimarans de 42 mètres de la classe Ocean Eagle.


80% des bateaux de pêche ont été livrés

Grâce au Mozambique, "l'année 2014 a été très chargée sur le plan industriel", souligne Pierre Balmer, qui montre les photos de la première pêche (dorades, thons rouges, espadons...) réalisée début décembre par les bateaux de pêche livrés à Maputo. "Nous avons travaillé 1.000 tonnes d'acier en six mois", précise-t-il. Fin décembre, 80 % des bateaux de pêche ont été livrés au Mozambique. Sur les 24 commandés par le pays est-africain, 8 ont été construits à Cherbourg et 16 ont été sous-traités en Roumanie.

Dans les immenses nefs du chantier, qui abritaient avant la Seconde Guerre mondiale une chaîne d'assemblage d'avions de combat de l'industriel et fondateur en 1956 de CNM Félix Amiot, des ouvriers travaillaient encore fin décembre sur un bateau de pêche, un intercepteur HSI et deux patrouilleurs trimarans à destination du Mozambique, dont un va être mis à l'eau le 15 janvier pour plusieurs semaines d'essais. Ce sera le premier bâtiment livré à un Etat depuis octobre 2011, année de livraison de la corvette lance-missiles Baynunah achetée par les Emirats Arabes Unis et réalisée à Cherbourg dans le cadre d'une commande de 6 corvettes. Les cinq suivantes ont été fabriquées par le chantier Abu Dhabi Shipbuilding (ADSB), conformément au contrat signé. La commande mozambicaine doit être totalement livrée dans le courant de cette année, précise Pierre Balmer.

Un véritable tour de force car la plupart des ouvriers de CMN étaient encore au chômage technique à la fin du premier semestre 2013. "Nous avons redémarré le chantier à la fin de l'été 2013 et remis les ateliers au travail courant octobre, explique Pierre Balmer. Le chantier a montré qu'il était prêt et capable de relever ce challenge industriel". Par exemple, CMN a requalifié 28 salariés pour travailler dans une nouvelle nef de préfabrication sur l'aluminium, le matériau de base des nouveaux intercepteurs HSI.

De l'activité jusqu'en 2016

Déception dans les énergies marines renouvelables (EMR)

Un futur relais de croissance?

Quelles sont les raisons de la renaissance de CMN ?

Des bâtiments qui collent à la contrainte budgétaire des États

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Le 29 Janvier 2015

Pêche. Du matériel qui a la cote !


Source : Le Télégramme par Jacques Chanteau

Régulièrement, le P-DG innove et investit dans de nouveaux matériels. Plutôt discrète, l'entreprise landivisienne AMO équipe bon nombre de coquilliers et de chantiers ostréicoles. Sa clientèle va de Noirmoutier à Boulogne, et même jusqu'en Croatie, au Mexique...

Nichés dans la zone du Fromeur, route de Sizun, à Landivisiau, les Ateliers mécaniques de l'Ouest (AMO) se hissent en tête des fournisseurs de filets et de dragues à coquilles Saint-Jacques. Idem pour les crochets ostréicoles. À la barre de cette société : Philippe Quéré, qui emploie six métalliers soudeurs. À partir des bobines d'acier livrées dans l'entreprise, les employés fabriquent des dragues et des filets, destinés à la pêche à la coquille Saint-Jacques. D'un poids variant de 48 kg à 67 kg, 3.000 à 4.000 filets sortent annuellement des ateliers. Le personnel conçoit également des crochets (plusieurs milliers par an) pour maintenir les poches d'huîtres sur les tables ostréicoles. Des crochets réputés pour leur résistance à l'eau de mer.

Illustration : Drague à coquille avec ressorts et dents interchangeables (Ateliers mécaniques de l'Ouest (AMO))

La drague anglaise

Jusqu'à présent, la société landivisienne produisait des dragues bretonnes (1,80 cm/2 m). Les pêcheurs de coquilles Saint-Jacques pouvaient en dresser deux par bateaux. Mais, actuellement, l'entreprise change de cap et produit des dragues anglaises (500 € l'unité), équipées d'amortisseurs. « Plus petites (80 cm de large), elles offrent un meilleur rendement et sont plus sûres, car le risque d'accroche est bien moins élevé », explique Philippe Quéré. Les pêcheurs peuvent en installer quatre à seize sur leurs bateaux.

Cinq cents bateaux

Les indépendants et le réseau des coopératives maritimes de France constituent la clientèle d'AMO. Au total, le P-DG estime qu'environ 500 bateaux sont équipés de filets et de dragues confectionnés sur la zone du Fromeur. À noter que 5 à 10 % du chiffre d'affaires (800.000 €) d'AMO proviennent de l'export. L'entreprise nord-finistérienne vend ainsi des crochets en Irlande, au Portugal, en Croatie, au Mexique...

« Un choix de vie »

Déchets nucléaires, Ifremer...

« Rester prudent »

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Le 28 Janvier 2015

Manche : Les pêcheurs en colère, leurs zones de pêche se réduisent



Reportage de Stéphanie Potay et Claude Leloche avec l'intervention de Daniel Lefèvre, président du Comité Régional des Pêches

Source : France 3 Basse-Normandie Par Sabine Daniel

Trois nouvelles zones d'installation d'éoliennes Off Shore viennent d'être identifiées pour un appel d'offre dans la Baie de Seine et la Manche. Les pêcheurs bas normands s'insurgent leurs zones de pêche sont encore réduites d'autant.

La colère gronde chez les pêcheurs bas-normands qui voient leurs zones d'exploitation se réduire au fil des projets industriels, environnementaux et récemment ...éoliens.

Les câbles sous-marins qui relieront le Cotentin aux Iles Anglo-normandes et au Sud de l'Angleterre. Bref, autant de dossiers irritants sur lesquels les responsables professionnels bataillent ferme.

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Le 27 Janvier 2015

Pourquoi ne pas développer une offre de sushis à base de poissons issus de la pêche fraîche locale...

Sushi story, le corner d’Auchan Côte d’Opale
              


Depuis octobre dernier, la société Traiteur côté mer ouvre une nouvelle page de son histoire. Créée sur le port de Boulogne-sur-Mer par Alain et Guillaume Ducamp, responsables d’Océan Délices, pour développer une gamme sushi LS, l’entreprise a ouvert un corner chez Auchan Côte-d’Opale.

Source : pdm-seafoodmag par Benoit Lobez

Cinquante références de sushis frais « fabriqués du jour » y seront proposées au gré des saisons. Les clients d’Auchan pourront s’offrir à l’unité ou en plateau des makis au saumon, thon, crabe ou avocat, des nigiri sushis au saumon, flétan, poulpe, haddock et surimi ainsi que des spring rolls poulet, saumon ou végétarien. Les prix varient de 0,70 € l’unité pour un maki, à 1,40 € le nigiri sushi. Comme pour convaincre les plus réticents à déguster du poisson cru, Sushi Story leur propose des sushis sucrés. Mais toujours de l’ultra-frais et une date limite de consommation qui ne dépasse pas 48 heures.

Pour autant, les sushis ne sont pas fabriqués sur place, dans le magasin d’Auchan. Ce dernier sera approvisionné par Traiteur côté mer tous les jours. De 1h à 10h du matin, la vingtaine de salariés de l’entreprise fait émerger les bouchées gourmandes des ateliers de Capécure. Avant les fêtes de fin d’année, la production a atteint les 60 000 sushis par jour.

Pour étendre sa zone de chalandise, l’entreprise souhaite développer une gamme surgelée. Et pour s’imposer à l’étranger, pourquoi ne pas développer une offre de sushis à base de poissons boulonnais, « de maquereaux ou de dorades issus de la pêche locale », indique Alain Ducamp. Pour l’heure, le saumon vient de Norvège, le thon de Corée ou d’Inde, la crevette de Thaïlande.

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Un remake de Arte !

Surpêche - la fin du poisson à foison



Arte - mardi 27 janvier à 20h50 (62 min)

Rediffusion mercredi 28.01 à 8h55

Rediffusion lundi 09.02 à 8h55

La croissance exponentielle de la pêche comporte de terribles conséquences pour les écosystèmes comme pour les populations. De la mer à l’assiette, cette enquête dévoile la face sombre de cette industrie et met en évidence la chaîne de responsabilités économiques et politiques à l'origine de ce désastre.

Depuis des dizaines d’années, une armada de bateaux sillonne sans interruption les mers du globe. La pêche toujours plus intensive des poissons nuit à la biodiversité. Selon les spécialistes, cette surpêche se pratique sur 90 % de la Méditerranée, tandis que 40 % des espèces de poissons du nord-est de l’Atlantique sont menacées. Les systèmes de quotas ou les subventions accordées par l’Union européenne (UE) contribuent à cette situation, comme le concède Maria Damanaki. Cette commissaire aux Affaires maritimes et à la Pêche a récemment mis sur pied une réforme contre cette surexploitation des ressources. Mais les mesures de l’UE  suffiront-elles, quand une grande partie du poisson consommé en Europe vient d’Asie ou d’Afrique ? Les ONG dénoncent les conditions déplorables qui règnent dans l’aquaculture des pays en voie de développement. Sur la côte ouest de l’Afrique, la pêche illégale fait rage, privant les petits exploitants de leurs moyens de subsistance, tandis que de nombreuses entreprises imposent à leurs employés des conditions de quasi-esclavage. De la mer à l’assiette, cette enquête dévoile la face sombre de cette industrie et met en évidence la chaîne de responsabilités économiques et politiques à l'origine de ce désastre.
 
Pour plus d'informations : Thema sur Arte

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Production maximale équilibrée dans la gestion des pêches



Audition publique

Commission de la pêche du Parlement européen

Lundi 23 février 2015

Bruxelles - 15h à 18h30

Télécharger Ici le programme

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Le 26 Janvier 2015

Les Prud’hommes pêcheurs de Méditerranée veulent se fédérer


Lors de la Journée Mondiale des pêcheurs artisans (1) célébrée le 28 novembre dernier à Sanary (2), les Prud’hommes présents, issus d’une quinzaine de Prud’homies (3), se sont réunis autour d’un projet de fédération des prud’homies. Après un débat de 2h, il a été décidé que cette union serait actée lors d’une assemblée générale qui se déroulerait à la rentrée 2015 (4), une fois les élections prud’homales passées.

Source : L'Encre de Mer

Lors des débats, il est apparu que le point essentiel concernait la polyvalence des pêcheurs.

- Ce qui fonde la rentabilité des pêcheurs aux petits métiers, c’est leur polyvalence pour la pratique de techniques artisanales, sélectives. Cette polyvalence leur permet de valoriser une grande diversité d’apports sur les marchés locaux, et de préserver la richesse des zones littorales en alternant la pression exercée sur les espèces et les zones. Par la limitation des engins (longueur de filets et de palangres…) et la réglementation des usages, la gestion prud’homale incite les pêcheurs à la polyvalence et la renforce. Enfin, cette polyvalence permet aux pêcheurs de s’adapter, au jour le jour, aux variations de la ressource et de la demande, ainsi qu’à d’éventuelles avaries techniques (senne de plage, pêche à pied, récolte en plongée…).

- La Politique Commune des Pêches en réglementant par métier et par espèce réduit de plus en plus cette polyvalence. Des espèces parmi les principales comme le thon rouge, l’anguille font aujourd’hui l’objet de plans de gestion, tout comme les petits engins trainants (senne de plage, gangui). La Commission européenne envisage d’interdire tous les filets dérivants jusqu’au sardinal destiné à la capture de sardines ou d’anchois, et à l’escombrière destinée au maquereau. Cela représente près de la moitié du patrimoine en filets pour le seul cas où ces filets pourraient capturer un thon ! D’autres métiers donnent lieu à des licences (pêche à pied…). Ces mesures tendent à « spécialiser » les pêcheurs qui détiennent des autorisations au détriment de l’ensemble des communautés de pêcheurs, elles rigidifient le système dans un contexte qui ne s’y prête pas. Nous sommes loin de l’Atlantique où les pêcheurs peuvent vivre de leur activité avec 3 ou 4 licences annuelles concernant quelques espèces relativement abondantes. Il est fréquent en Méditerranée qu’un pêcheur exerce 5 métiers différents pour « sauver » sa journée. Ainsi, en se basant implicitement sur une gestion de grands métiers et de techniques intensives, la PCP «fragilise» la petite pêche méditerranéenne et entrave son avenir. Elle n’est tout simplement pas adaptée à cette forme d’exploitation très artisanale de la côte (le plus souvent rocheuse) de la Méditerranée.


mardi 27 janvier 2015

Revue de presse : Aquaculture, conchyliculture, pisciculture, algoculture,... Janvier 2015


Revue de presse de Janvier 2015

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Le 31 janvier 2015

Sortie de la revue Étangs


L’équipe d’Aquafilia est fière de vous annoncer le lancement de sa nouvelle revue, Étangs !

Étangs, c’est :
  • seize pages d’articles de fond et de fiches techniques dédiés à la gestion de votre étang, de son entretien à sa valorisation ;
  • des contenus rédigés par des professionnels de la filière.

Vous y trouverez 11 thématiques qui sauront vous intéresser : Écosystème, Espèce, Nuisible/Pathologie, Ouvrage, Gestion piscicole, Matériel/Produit, Législation, Diversification, Parcours de pêche, Marché et

Profitez  de l’occasion et envoyez-nous les vôtres ! Elles paraîtront avec le numéro 1 d’Étangs. Sortie prévue, mi-mars.

Pour plus d'informations : Aquafilia

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L'aquaculture, une "schizophrénie française"

http://www.cipa-pro.fr/web/index.php


La schizophrénie est un trouble mental sévère et chronique appartenant à la classe des troubles psychotiques. Ce trouble apparaît généralement au début de l'âge adulte et affecte environ 1% de la population. Comme les autres psychoses, la schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité et une anosognosie, c'est-à-dire que la personne qui en souffre n'a pas conscience de sa maladie (à tout le moins pendant les périodes aiguës). Cette particularité rend difficile l'acceptation du diagnostic par la personne schizophrène et son respect du traitement. (Source : Wikipedia)

L'aquaculture, une "schizophrénie française"

Mal vue, empêtrée dans la bureaucratie, et pourtant souvent high-tech, l'aquaculture reste confidentielle en France, alors que la deuxième puissance maritime mondiale importe la majorité de sa consommation de produits de la mer.

Source : Courrier Picard / AFP

"Il y a une vraie schizophrénie française: la consommation de poisson a augmenté de 50% en dix ans, mais nous ne sommes autosuffisants que pour 20%. Il n'y a pas les politiques pour qu'on puisse produire", tempête Jean-Sébastien Bruant. Ce pisciculteur de l'île d'Oléron en sait quelque chose: 40 millions d'alevins de daurades éclosent chaque année dans sa ferme. Ils seront exportés à 90% vers le bassin méditerranéen. Nés grâce à des technologies de pointe, ces poissons grossissent ensuite en Grèce, Turquie ou Espagne. Qui les revendent à la France une fois arrivés à maturité.

Qu'est-ce que la pisciculture ?



CIPA

Savez-vous ce qu'est la pisciculture ? C'est tout simplement l'élévage de poissons. Grâce à cette vidéo, découvrez de manière simple et ludique la filière piscicole en France, les étapes de l'élevage des poissons, le métier de pisciculteur mais aussi les différentes espèces de poissons que vous pouvez retrouver sur les étals de votre poissonnier ou en grande surface. Vous verrez quelle est la recette d'un poisson aux bienfaits nutritionnels et gustatifs assurés, il y en a pour tous les goûts ! Et si vous voulez en savoir plus sur la filière, optez pour l'aqua-tourisme !


D'où un déficit commercial énorme pour le secteur des produits aquatiques: 3,6 milliards d'euros en 2013. La France importe 80% de sa consommation de produits marins issus de l'élevage. Il pourrait difficilement en être autrement: aucun élevage de poissons marins n'a vu le jour en France depuis 15 ans, selon l'INRA. Ceux qui existent couvrent seulement 15 hectares du territoire métropolitain, dont cinq en mer. Les poissons d'eau douce ne sont pas mieux lotis. La production de truites a diminué de près de moitié en quinze ans, selon le Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture (CIPA).

Pourtant, l'aquaculture explose au niveau mondial. La production a doublé entre 2000 et 2012, atteignant 90 millions de tonnes. Pour la première fois en 2014, le poisson vendu sur le marché mondial est venu en majorité de l'aquaculture et non de la pêche, selon la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation). L'Asie, Chine en tête, produit 90% des produits marins d'élevage, contre 2% pour l'UE.

- Concurrence avec le tourisme -

Mais la concurrence du poisson chinois bon marché n'est pas la seule explication du retard de la France. La géographie de l'Hexagone ne facilite pas l'installation d'élevages de poissons marins, avec une côte Atlantique sujette aux tempêtes et des fonds peu profonds. En Bretagne et en Manche, les eaux sont trop froides l'hiver pour élever des bars et des daurades, explique Olivier Poline, responsable aquaculture de la plateforme d'innovation Nouvelles Vagues, à Boulogne-sur-Mer. La Méditerranée est plus propice mais "il y a des problèmes d'accès aux terrains, car on préfère privilégier le tourisme", ajoute-t-il. Ainsi la Corse n'élève que 1.500 tonnes de bars et daurades par an, alors qu'elle a le potentiel pour 10.000, regrette le spécialiste.

Découverte de la ferme aquacole du golfe d'Ajaccio



Pavillon France : Cap sur la pêche française (émission 38)

Surtout, les entreprises doivent faire face à moultes "réglementations sanitaires et environnementales, alors que ce sont souvent de petites exploitations avec une capacité d'investissement limitée", déplore Marine Levadoux du CIPA. "Pour créer un nouveau site en France, c'est l'aventure", résume Marc Lamothe, le président du même syndicat. Le gouvernement le reconnaît aussi : "la situation n'est pas normale et le dispositif auquel nous sommes parvenus est trop complexe", soulignait en novembre Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat à la pêche, devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

"La pisciculture fait les frais de sa petite taille. La réglementation est faite sans tenir compte des éleveurs", estime Marc Vandeputte, chercheur à l'INRA. Les investisseurs restent frileux. La pisciculture, à la merci de la moindre épidémie dans un élevage, est "une activité avec un retour sur investissement assez lent", souligne Thierry Missonnier, directeur du pôle de compétitivité Aquimer, à Boulogne-sur-Mer.

- Maternité aquatique -

Localement, des craintes de pollution par les rejets d'élevage sont souvent invoquées pour refuser de nouveaux sites. "On part d'une très petite production, donc le moindre accroissement est suspecté de causer des dommages irréversibles. C'est un peu exagéré", selon M. Vandeputte. Un avis partagé par le président de France Nature Environnement, Denez L'hostis, pour qui l'aquaculture "n'est pas à éliminer d'un revers de manche". Les élevages de poissons marins sont soumis à des études d'impact très poussées pour qu'il y ait assez de courant et de profondeur pour disperser leurs déjections. A l'heure actuelle, tous les sites existants respectent ces critères et n'ont "pas beaucoup de densité de poisson", assure M. Poline.

Manual de la acuicultura europea de peces del programa Fishfarm Europe



Sources : Acuicultura Marine et Plateforme européenne Fishfarm

Malgré ces difficultés, le point fort de la France reste la technologie.

La ferme marine du Douhet, sur l'île d'Oléron en est un exemple éclatant. Construite sur un ancien élevage ostréicole, l'entreprise est aujourd'hui l'une des plus grandes écloseries d'Europe. Cette maternité aquatique "fait naître les bébés poissons mais aussi leurs biberons", du zooplancton nourri par des algues cultivées dans des laboratoires aseptisés, surveillées comme le lait sur le feu par des employés ultra-spécialisés, explique Jean-Sébastien Bruant. Quinze ans de prévention sanitaire minutieuse ont fait chuter drastiquement le taux de mortalité des alevins, sans utiliser d'antibiotiques. Un enjeu financier important: les microscopiques daurades, très vulnérables aux germes, sont facturées à la pièce. Pour les protéger, l'eau de mer pompée pour faire fonctionner le site est pasteurisée, filtrée et soumise aux rayons ultra-violets. Le tout fonctionne en circuit fermé, sur la terre ferme, un système qui recueille de plus en plus de suffrages. "On recycle l'eau, que l'on peut refroidir ou réchauffer. On peut aussi récupérer les rejets et les boues pour les transformer en engrais pour l'agriculture", explique Olivier Poline.

Meralliance, le plus gros producteur de saumon fumé français, espère commencer à produire des saumons dans un élevage de ce type début 2017, près du port breton du Guilvinec. Près de Dunkerque, le plus gros élevage français de bars et daurades, Aquanord, fonctionne grâce à l'eau chaude rejetée par la centrale nucléaire de Gravelines. Les circuits d'eau, très surveillés, évitent la partie radioactive de l'installation.

- Haut de gamme -

L'avenir pourrait aussi prendre la forme de plateformes off-shore, à une centaine de kilomètres des côtes, qui élèveraient en symbiose poissons, algues et coquillages. Le secteur travaille aussi à améliorer la nourriture des élevages. Actuellement composée de farines à base de poissons sauvages, elle menace la survie des stocks en mer. "Nous travaillons sur de nouvelles matières premières: protéines et huiles à base d'algues ou farines d'insectes riches en protéines", explique Olivier Poline. L'INRA (Institut national de la recherche agronomique) essaie d'adapter la génétique des poissons à ces nouveaux aliments. "La recherche est performante mais c'est difficile de passer le cap au niveau économique", résume Thierry Missonnier, qui "compte bien mobiliser" les fonds alloués à la France par Bruxelles dans le cadre de la nouvelle Politique commune des pêches.

Un "plan stratégique" national est en préparation. Il table notamment sur la qualité des produits . "On ne pourra jamais avoir une production de masse et concurrencer les Chinois. Il faut aller vers le haut de gamme", préconise M. Missonnier.

Reste à convaincre les consommateurs que les poissons d'élevages sont aussi goûteux que leurs congénères sauvages. C'est la "différence entre un faisan et un poulet de Bresse", assure M. Bruant. A Oléron, il n'hésite pas à faire goûter ses daurades à des chefs.

Heureux comme un poisson dans l'eau



Source : Arte - Jeudi 29 janvier à 14h05 (42 min)

Surpêche, pollution des mers, conditions d'élevage scandaleuses : s'il semble inévitable d'interroger nos habitudes de consommation, faut-il renoncer à manger du poisson ?

Documentaire de Frank Diederichs (Allemagne 2013, 42 mn).

L’aquaculture : aubaine ou catastrophe écologique ?

Face à l’appauvrissement de la biodiversité marine, pourquoi ne pas simplement faire de l’élevage de poisson ? La plupart des saumons commercialisés en Allemagne proviennent de l’aquaculture. Or cette pratique présente de gros inconvénients : les éleveurs ont presque toujours recours aux médicaments et les eaux sont polluées par les déchets organiques (aliments et excréments des poissons). Malgré tout, certains experts sont persuadés que les fermes aquacoles seraient non seulement un moyen de protéger les océans, mais également de nourrir la population mondiale en constante augmentation.

Source : Arte - Théma "Surpêche"

Une source de protéines

Dans l’alimentation humaine, le poisson est d’ores et déjà la première source de protéines au monde, devant les viandes de volaille et de porc. Il permet déjà à près de 17 % des êtres humains de couvrir l’essentiel de leurs besoins en protéines : dans 10 à 15 ans, la demande aura plus que doublé. « Sans élevages de poissons, impossible de répondre aux besoins protéiniques d’une population en pleine croissance », affirme Ulfert Focken, expert en élevage et alimentation aquacoles au Thünen-Institut d’Ahrensburg en Allemagne. L’aquaculture est en effet bien plus avantageuse que l’élevage porcin ou bovin, car les poissons et autres organismes marins s’alimentent moins que les animaux terrestres.

Pour produire un kilo de viande de bœuf par exemple, il faut 15 fois plus de nourriture que pour produire un kilo de carpe. Les poissons consomment en effet moins d’énergie que les animaux terrestres, et ce pour deux raisons. D’une part, ce sont des animaux à sang froid : leur température interne suit à peu près celle de leur environnement. Ils n’ont donc pas besoin de la réguler comme les mammifères ou les oiseaux. D’autre part, se mouvoir en milieu aquatique leur demande peu d’efforts.

Un poisson sur deux provient de l’élevage

Une pratique de plus en plus critiquée par les écologistes

L’élevage intensif et ses conséquences

L'aquaculture durable, c'est possible

Remarque personnelle : Arte propose le modèle industriel labellisé !!!

Entre temps, certains pays ont déjà montré qu'une autre voie était possible. Ainsi, en Norvège, les méthodes de production de saumon d'élevage ont été optimisées. Notamment, des vaccins ont permis aux éleveurs de renoncer presque entièrement à l'utilisation d'antibiotiques. De plus, les poissons nourris grâce à d’autres méthodes rejettent moins d'excréments.

En mettant en pratique les bonnes idées, il est également possible de préserver les milieux aquatiques : « au lieu de laisser les nutriments des fermes aquacoles se mêler aux eaux non polluées, on peut les utiliser intelligemment », déclare Werner Kloas de l'Institut Leibniz dédié à l’écologie aquatique et de pêche côtière, chef du projet « Tomatenfisch » (littéralement, « poissons-tomates »). Ainsi que son nom le laisse deviner, le but de ce projet est de coupler l'élevage de poisson à la culture de légumes. Werner Kloas explique : « l'eau est utilisée deux fois. Une première fois dans les bassins d'élevage, puis une deuxième fois pour l'irrigation et la fertilisation des plants de légumes, comme les tomates ». Sur les parois des serres où poussent les tomates, l’eau se condense. Elle est récupérée et réutilisée dans les bassins à poissons. Le chef de projet ajoute : « en comparaison avec des écosystèmes semblables, le nôtre gaspille beaucoup moins d’eau ». Ainsi, 220 litres d’eau suffisent à produire 1 kg de poisson et 1,6 kg de tomates. Dans les écosystèmes traditionnels, il faut 600 à 1000 litres d’eau pour 1 kg de poisson et environ 1000 litres pour 1,6 kg de tomates. Les « poissons-tomates » ont déjà éveillé l’intérêt des industriels. D’après Werner Kloas, les premiers écosystèmes devraient être opérationnels d’ici un an.

Les choses bougent du côté des industriels, mais aussi du côté des consommateurs. « Les clients font beaucoup plus attention et achètent du poisson d’origine contrôlée », affirme Michael Ebeling. Garantissant un poisson élevé dans le respect de l’environnement, les labels « Bioland » et « Naturland » ont été créés il y a quelques années déjà pour guider les consommateurs en Allemagne. En outre, le label européen « Aquaculture Stewardship Council » (ASC) a été mis en place en 2012, certifiant une aquaculture durable. Les producteurs et distributeurs qui souhaitent acquérir ce label doivent non seulement respecter la protection des espèces, de l’environnement et de l’eau lors de l’élevage, mais également des normes sociales strictes.

Inka Reichert, le 6 septembre 2013

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Le 30 Janvier 2015

Les ostréiculteurs traditionnels au Sénat


Pour en savoir plus : Le Marin

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Synthèse PERLE. Programme d’Expérimentation et de recherche sur L’huître plate ostrea Edulis

IFREMER

CRC Bretagne Nord/ Agrocampus Ouest

Hussenot Mathieu, Pouvreau Stephane, Duchene Julie, Freulon Henry, Arzul Isabelle, Lapegue Sylvie

Résumé :
En complément du rapport final (Anonyme (2014). PERLE. Programme d'expérimentation et de recherche sur l'huître plate Ostrea edulis. Rapport final de l'ensemble du projet 2011-2014. http://archimer.ifremer.fr/doc/00248/35932/), ce document présente une synthèse des principaux résultats du programme PERLE et ouvre de multiples perspectives pour les années à venir.

Cliquer Ici pour télécharger "Synthèse PERLE - Programme d’Expérimentation et de recherche sur L’huître plate ostrea Edulis - Novembre 2014"

Conclusion et perspectives
Grace au programme PERLE, des avancées importantes dans l’étude de la faisabilité de restauration des bancs naturels d’huîtres plates ont été réalisées. Différentes pistes très claires sont désormais envisageables.

Les études sur l’écologie ont permis de préciser les substrats et les techniques favorisant ou non la reconstitution d’un banc.

L’étude des interactions entre l’huître plate et son environnement sont aujourd’hui mieux connues et des pistes sérieuses permettant de minimiser l’impact des parasites en rade de Brest ont été proposées (localisation des bancs et qualité des géniteurs, recrutement et dispersion des larves, qualité des substrats indispensables à la recolonisation…). En outre, l’analyse de longues séries historiques a mis en évidence l’effet des variations hydro climatiques propres jouant sur le succès de la reproduction et du captage. Il a aussi été montré que l’analyse du contexte hydro-climatique participe aussi à la définition des critères de choix pour des opérations de repeuplement. On notera que les stratégies de repeuplement seront différentes selon les sites visés. Alors que la bonamiose concerne tous les sites suivis, il semble que la marteiliose soit au coeur des stratégies à développer en rade de Brest (alors qu’en baie de Bourgneuf, il apparait prioritaire de relancer un cycle de recrutement annuel). Les efforts particuliers engagés sur la rade de Brest permettront de déterminer une méthodologie générale servant de base aux actions locales qui seront adaptées aux particularités de chaque site. Néanmoins, beaucoup d’étapes restent encore à franchir pour valider les conditions, les méthodes et le calendrier de restauration des bancs naturels.

Il n’a pas été possible d’identifier une population ou un croisement de population du grand Ouest pertinent pour la restauration des bancs. Cependant, les avancées en génétique peuvent permettre l’identification de populations locales dont l’isolement pourrait pousser à un certain degré de résistance aux parasites. L’acquisition de ce type de données doit être maintenue et renforcée.

Enfin certaines familles produites en écloserie ont montré un fort intérêt pour leurs bons taux de survie et leurs facilités de production sans clairement en identifier les raisons (pathologique, génétique, autre…). Ces bons résultats sont constatés quelque soit le site et/ou le mode d’élevage. La sélection de familles présentant des caractères de rusticité semble être une voie très intéressante et nous disposons désormais de quelques familles d’intérêt. La production de nombreuses familles devra se faire dans une unité adaptée avec un accompagnement dans la rédaction et le suivi d’un plan de sélection et ce en accord avec les principes de restauration d’espèces et d’habitats en milieu ouvert.

Comment citer ce document:

Hussenot Mathieu, Pouvreau Stephane, Duchene Julie, Freulon Henry, Arzul Isabelle, Lapegue Sylvie (2014). Synthèse PERLE. Programme d’Expérimentation et de recherche sur L’huître plate ostrea Edulis. http://archimer.ifremer.fr/doc/00249/36060/

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Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles

D’essence artificielle, l’écosystème « étang » a été créé pour la production piscicole. Des générations de pisciculteurs se sont succédées pour entretenir ces étangs, en Brenne, en Sologne, en Dombes et ailleurs. Actuellement, les pisciculteurs sont les premières victimes de la richesse biologique de ces zones humides : Pisciculture en étang d'eau douce : la carpe ou le cormoran ?

Quand ils seront disparus, qui entretiendra ces zones humides afin que la biodiversité ne disparaisse ensuite ?


L'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a publié une brochure de 62 pages présentant ses connaissances sur la biodiversité des étangs piscicoles, cumulées sur les 20 dernières années. Ces travaux s'inscrivent dans le cadre de ses missions de connaissance, de gestion de la faune sauvage et de ses habitats. En effet, pour l'ONCFS, les étangs ont un rôle stratégique en termes d'accueil de l'avifaune et de réservoirs de la biodiversité.

Le rapport "Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles : quelques principes de gestion issus des travaux de l’ONCFS" présente les résultats des études menées par l’ONCFS et ses partenaires.

Les étangs par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS)

En 2011, dans le cadre de son contrat d’objectifs, l’ONCFS a décidé de mettre en œuvre un pôle thématique interne sur les étangs. Son objectif est d’établir, par la recherche et l’expérimentation, des références techniques sur la gestion des étangs (génie écologique, gestion piscicole, etc.) qui ont ensuite vocation à être transférées auprès des gestionnaires et intégrés dans les politiques publiques.

La validation et la promotion des modes de gestion favorables à la biodiversité sont actuellement au cœur des projets du "Pôle étangs continentaux" dans plusieurs régions d’étangs piscicoles.


Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles

Les complexes d’étangs piscicoles constituent des réservoirs majeurs de biodiversité en Europe. D’essence artificielle, l’écosystème « étang » a été créé pour la production piscicole.

De nombreux travaux ont été menés depuis une vingtaine d’années par l’ONCFS et ses partenaires, visant à définir, en concertation avec les gestionnaires, des modèles permettant de maintenir l’équilibre entre les activités humaines (pisciculture, chasse, agriculture) et la préservation de cet écosystème.

La gestion d’un écosystème aussi complexe que celui de l’étang piscicole suscite de nombreuses questions pour l’usager ou le propriétaire conscient de l’importance de prendre en compte les exigences de la biodiversité dans ses pratiques. Par exemple :
  • Quelle surface minimale doit avoir une roselière pour optimiser l’accueil des oiseaux d’eau ?
  • Jusqu’à quel seuil le chargement piscicole est-il compatible avec la biodiversité ?
  • Quelle serait la fréquence optimale d’assec pour le bon fonctionnement écologique de l’étang ?

Plusieurs documents pédagogiques existants rassemblent les connaissances acquises à l’usage des gestionnaires des étangs. Toutefois, ces divers documents n’intègrent pas les résultats des recherches conduites par l’ONCFS et ses partenaires dans plusieurs régions d’étangs et laisse en suspens un certain nombre de questions que peuvent se poser les gestionnaires confrontés à l’évolution actuelle des pratiques.

Il était donc nécessaire de réaliser une compilation des résultats d’études de l’ONCFS, avec un triple objectif :
  • rassembler et synthétiser les connaissances scientifiques et l’expérience acquises par l’ONCFS sur son cœur de métier « faune sauvage-habitat »,
  • proposer les grandes lignes d’orientations de gestion qui en résultent,
  • contribuer a l’identification des pistes de recherche et d’expérimentation prioritaires pour les prochaines années.

L'ONCFS présente les grands habitats des étangs : végétation aquatique, sédiment, vasières et habitats périphériques (prairie et champs). Le gros du document repose sur l'évaluation des conditions nécessaires à la présence et à la préservation des habitats de la faune et la flore de ces zones humides. Il s'agit notamment de la gestion de la végétation aquatique, de la pratique de l'assec, d'une herbivorie limitée, de la qualité physico-chimique du sédiment et de la transparence de l'eau favorable aux herbiers aquatiques, de la qualité de l'eau du bassin versant ou encore de l'agriculture riveraine.

L'ONCFS identifie également trois acteurs de la gestion des étangs : le pisciculteur, le chasseur et l'agriculteur. L'étang est pour le premier un outil de production, pour le second un support pour la chasse et un lieu de reproduction du gibier, et pour le dernier un lieu de production dans le cas de la culture du fond de l'étang en assec ou un débouché du fumier. L'office promulgue pour chacun des conseils spécifiques. D'après Actu-Environnement : Etang piscicole : l'ONCFS diffuse ses recommandations en matière de biodiversité


Cliquer Ici ou pour télécharger "Connaissance des facteurs influençant la biodiversité des étangs piscicoles : quelques principes de gestion issus des travaux de l’ONCFS"

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Le 29 Janvier 2015

Écosystèmes estuariens, quels enjeux pour la biodiversité ?

Colloque francophone international

BioSphère Environnement

29, 30 et 31 janvier 2015

Royan et Saint-Georges-de-Didonne

Accès gratuit et ouvert à tous (Inscription avant le 15 janvier 2015)

Cliquer Ici pour télécharger le programme et fiche inscription

Transitions entre les eaux douces et les eaux marines, les estuaires abritent différents écosystèmes exploités par un grand nombre d’espèces durant tout ou partie de leur cycle de vie. Zones de reproduction ou de grossissement pour les poissons, escales migratoires ou zones d’hivernage pour les oiseaux, habitats privilégiés pour un grand nombre d’espèces végétales..., les estuaires sont des espaces déterminants pour la conservation de nombreuses espèces ou populations animales comme végétales et le maintien de services écosystémiques essentiels à l’humanité.

Le colloque « Écosystèmes estuariens, quels enjeux pour la biodiversité ? » a pour objectif de développer des échanges entre scientifiques et gestionnaires d’espaces, permettant de mesurer les enjeux relatifs aux espaces estuariens pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques rendus par ces espaces.

L’ensemble des porteurs de ce projet, très impliqués dans des logiques de sensibilisation du public indispensables à la construction de stratégies de conservation de la biodiversité, ont souhaité que le grand public puisse être pleinement associé à l’événement. Dans ce cadre, sont proposés à toutes et tous, en plus de la possibilité de participer librement au colloque : des expositions, des conférences et des sorties thématiques, un espace « forum » permettant des temps d’échanges avec les équipes scientifiques et des rencontres avec des structures offrant régulièrement des sorties, des visites, des conférences... sur le thème des estuaires.


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Histoire de cannibalisme

Lassé de son régime d'huîtres et de palourdes, il va manger son esclave noir...


Aux enchères à Bordeaux : les aventures rocambolesques de Pierre Viaud en 1765

Naufragé sur une île de Louisiane en 1765, il a fait le récit édifiant de sa survie, avec aventures et cannibalisme. Un exemplaire original est mis en vente ce samedi

Source : Sud Ouest

Pierre Viaud était le second du fameux capitaine Saincric. A bord de"L'Aimable Suzette", l'équipage appareille début 1765 du port de Bordeaux pour Saint-Domingue. La maison Schröder et Schyler, qui arme et arraisonne le navire, y fait commerce de vin, d'huile, de farine et de savon. Tombé malade, Pierre Viaud ne peut pas quitter l'île avec "L'Aimable Suzette" pour rentrer à Bordeaux". Il affrète un autre navire, "Le Tigre", avec l'idée de gagner la Louisiane. Mais le brigantine fait naufrage le 16 février 1765 après plusieurs jours de tempête, ne restent que le Bordelais, quelques matelots ainsi que l'officier Desclau, le capitaine La Couture, sa femme et son fils de 15 ans et l'esclave noir de Pierre Viaud. Ils échouent sur une île déserte. Avec poudre, fusils et quelques vivres, les rescapés vivent de chasse et de pêche, rencontrent quelques "sauvages". Les naufragés connaissent moultes aventures, réapprennent à faire du feu avec deux bouts de bois, se battent avec des ours et des caïmans, meurent les uns après les autres, naviguent d'île en île. Las, la pirogue qu'ils construisent s'enfoncent dans la mer, noyant Desclau et La Couture. Dont le fils meurt bientôt. Ne restent finalement que Mme La Couture et Pierre Viaud avec son esclave noir qu'il ne nomme même pas. Et qu'il va tuer et manger pour survivre, lassé de son régime d'huîtres et de palourdes. Jusqu'à ce que les deux derniers survivants soient récupérés par un navire anglais, en mai après 81 jours d'aventures.

Une édition  originale de ce récit édifiant paru en 1770 (et plusieurs fois réédité au cours des trente années suivantes) sera vendu aux enchères chez Gérard Cahuzet et Jean-Dit-Cazaux samedi 31 janvier à partir de 11h. Estimation : 300 à 400 euros. La vente est consacrée aux livres anciens, documents et affiches.

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Le 28 Janvier 2015

Le bocuse d'or en live avec la truite fario au menu poisson des 24 Grands Chefs


Cliquer Ici pour vivre le live

12h30























15h30




La Norvège et son chef Orjan Johannessen sont Bocuse d'Or


Les 24 membres du jury, présidé par le Français Thibaut Ruggieri, Bocuse d’Or 2013, ont été conquis par la «pintade fermière des Landes parfumée au cèpe et fenouil, oignons paille, citrouille Hokaïdo et salsifis gratiné» (ci-dessus), ainsi que par la «truite fario et crabe Kamtchatka croustillante» du norvégien Orjan Johannessen...

La Norvège a décroché le Bocuse d’Or, devant les Etats-Unis (Bocuse d’argent) et la Suède (Bocuse de Bronze) lors de la 15e édition de ce championnat du monde de gastronomie à Lyon.

Par groupes de 12, mardi et mercredi, 24 chefs internationaux se sont affrontés pendant 5h30 pour sublimer la pintade fermière des Landes Label Rouge ainsi que la truite fario.

Pour la cinquième fois la Norvège est Bocuse d'Or (1993, 1999, 2003 et 2009) avec son chef Orjan Johannessen. Chef du restaurant familial Bekkjarvik Gjestgiveri, Orjan Johannessen, 29 ans, a remporté ce précieux trophée après avoir déjà remporté le Bocuse d'Or Europe en 2012, devant l’Américain Philip Tessier, 35 ans, et le Suédois Tommy Myllimaki, 36 ans, au cours d’un show à grand spectacle, au dernier jour du salon de la gastronomie (Sirha).

Cité parmi les favoris, le Japon s’est vu remettre le «prix spécial poisson».

Gisèle Lombard et AFP .

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Le 17 Janvier 2015

La Truite Fario au menu du Bocuse d’or

La truite Fario de la pisciculture Charles Murgat a été choisie au menu de l'épreuve Poisson pour le Bocuse d'Or 2015, au moment du Sirha de Lyon, le salon international de la restauration et de l'hôtellerie.

Le Bocuse d'Or est le plus prestigieux concours culinaire mondial. Du mardi 27 au mercredi 28 janvier 2015, il met en lice 24 Grands Chefs sélectionnés dans autant de pays. Le concours est sponsorisé par Metro France.

Reine des rivières françaises bien oxygénées, la truite fario est livrée par la pisciculture Charles Murgat dans l’Isère, fournisseur officiel de l’épreuve. L’entreprise familiale élève ce salmonidé à chair blanche, livré en taille portion supérieure (autour de 300 g) pour l’occasion. Les Grands Chefs internationaux avaient déjà commandé des Fario Charles Murgat pour se faire la main.

Ce concours prestigieux est suivi par les TV du monde entier et ici en live. Les taux d'audience dans certains pays sont analogues à ceux des championnats de foot.

Les pisciculteurs de l'Adapra au Sirha de Lyon

Du 24 au 28 janvier, l'Adapra et les poissons de la région Rhône-Alpes sont  au Sirha  sur le stand Hall 2.1 J43, à Lyon Eurexpo

L'Association pour le Développement de l’Aquaculture et de la Pêche Professionnelle en Rhône-Alpes est une association loi 1901, créée en 1984. C’est l’organisation professionnelle régionale de la filière aquacole.

Elle réunit les producteurs de poissons d'étangs de la Dombes et du Forez, les salmoniculteurs, les pêcheurs professionnels des lacs alpins, ainsi que les négociants et les transformateurs de poissons de Rhône-Alpes. L’Adapra regroupe aussi les organismes d’enseignement en aquaculture et les représentants de la profession agricole. Des organismes de recherche (Inra, Ifremer, Isara, ...) et des instituts techniques (Itavi) sont également associés dans les programmes conduits par l'Adapra au travers de leurs actions de recherche.

Venez à la rencontre des professionnels qui font la pisciculture et la pêche en Rhône-Alpes : Charles Murgat, Ets Fenouillet, Apped, Liatout Aquaculture et Le Fumet des Dombes.

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Ostréiculture : le bassin d'Arcachon redevient le premier centre naisseur d'Europe



Le bassin d’Arcachon a connu cet été un captage important avec 22 000 naissains par tuile. La météo estivale y est pour beaucoup, mais pas seulement.

Source : Sud Ouest par David Patsouris 

Après de terribles années (de 2007 à 2011), le Bassin est redevenu l'exceptionnelle nurserie qu'il avait toujours été, le premier centre naisseur d'Europe, l'écrin idéal pour la reproduction de l'huître.

En effet, depuis l'été 2012, le captage du naissain (c'est-à-dire des petites huîtres), est redevenu abondant et il a même été extrêmement important cet été.

          22 000 naissains par tuile chaulée

Le rapport sur la reproduction de l'huître creuse dans le Bassin (1) publié comme chaque année par les chercheurs arcachonnais de l'Institut Français pour la recherche et l'Exploration de la Mer (Ifremer) le démontre. Le texte parle d'un « captage très élevé à la fin de la saison de reproduction (environ 22 000 naissains par tuile) ».

Pour bien comprendre, revenons quelques années en arrière et comparons. En moyenne, 63 naissains par tuile en 2007, 129 en 2009, 201 en 2011, 3 500 en 2012, et 6 236 en 2013. 2014 dépasse même le chiffre record de 2003 (20 920).

          Tout concourait à un bon captage

          Les huîtres ont-elles bien pondu ?

          L'eau est chaude, la larve survit

          La lentille d'eau venue de l'estuaire

Et expliquant ainsi cet exceptionnel captage 2014…

(1) Cliquer Ici pour télécharger le rapport Ifremer (Décembre 2014) « Reproduction de l'huître creuse dans le bassin d'Arcachon. Année 2014 », par Isabelle Auby, Danièle Maurer, Sarah Passoni, Claire Méteigner Loïc Rigouin, Myriam Perrière-Rumèbe, Marie-Pierre Tournaire.

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Heureux comme un poisson dans l'eau



Arte - mardi 27 janvier à 21h55 (42 min)
Rediffusion mercredi 28.01 à 10h00
Rediffusion lundi 09.02 à 10h00

Surpêche, pollution des mers, conditions d'élevage scandaleuses... : s'il semble inévitable d'interroger nos habitudes de consommation, faut-il renoncer à manger du poisson ?

Dossier

Existe-t-il encore des modes de pêche "durables" ? Pour la Food and Agriculture Organization, la plupart des espèces de poissons sauvages sont surexploitées, menacées d’extinction, ou pêchées selon des méthodes qui détruisent les écosystèmes et les fonds marins, comme le chalutage. Pour parer ces critiques, les producteurs misent de plus en plus sur l’aquaculture, qui fournit la moitié des poissons consommés dans le monde. Mais cette solution est-elle moins nocive ? Au Chili, l’un des premiers pays exportateurs de saumons d’élevage, ces derniers sont gavés d’antibiotiques, de colorants et… de farines de poissons sauvages, ce qui ne fait que contribuer à la surpêche, sans compter les déchets qui polluent la côte du Pacifique. Certains consommateurs se tournent vers le secteur bio, mais ses labels ne garantissent pas toujours une aquaculture respectueuse et transparente.

Pour plus d'informations : Arte

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Le 26 Janvier 2015

Comment développer l'aquaculture européenne, face au mastodonte chinois

Face à la Chine qui fournit 60% de la demande mondiale de produits issus de l'aquaculture, l'Europe a une carte à jouer: celle d'une aquaculture de qualité, moins intensive, et respectueuse de l'environnement.

Source : La Tribune Par Thierry Missonnier, Directeur du pôle Aquimer

À l'instar de leurs voisins européens, les français n'ont pas dérogé à la règle pour leur réveillon 2015, en faisant la part belle aux crevettes et au saumon fumé dans leurs assiettes. Cette tradition ne coule pourtant pas de source : ces deux espèces figurent en tête des poissons les plus importés par l'Union européenne, devant le thon et le cabillaud. Au total, plus d'un poisson ou crustacé sur deux consommé en Europe est importé, principalement en provenance de la Chine ou de la Norvège. Les Européens ne produisent pas suffisamment pour subvenir à leurs besoins. Mais comment produire plus lorsque l'Union européenne demande aux pêcheurs de pêcher mieux, mais moins, et réduit comme peau de chagrin les soutiens au secteur ?

L'Union européenne et la réponse aquacole

C'est la Commission européenne elle-même qui a fourni la réponse, en mettant depuis plusieurs années les bouchées doubles sur l'aquaculture [i.e. l'élevage d'espèces marines, d'eau douce ainsi que de diverses sortes d'algues par différentes méthodes]- annonçant dès 2009 sa volonté de «donner un nouvel élan à la stratégie pour le développement durable de l'aquaculture européenne». Figurant parmi les secteurs alimentaires qui connaissent la croissance la plus rapide dans le monde, l'aquaculture apparait en effet comme incontournable à ce stade puisque les chiffres montrent que la production sauvage ne suffira pas à elle seule à combler une demande en constante augmentation.

Une stratégie européenne la plus complète possible

Et dans le domaine, la stratégie européenne se veut la plus complète possible. En amont de la chaine de valeur, l'Union européenne soutient la recherche et le développement technologique, à travers ses instruments financiers, pour faire de l'aquaculture un secteur hautement performant, plus efficace, plus intégré, plus durable et donc moins énergivore ou consommateur en eau. En aval, c'est le FEAMP (Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche) qui vient directement apporter des aides financières aux aquaculteurs européens, comme l'encadre la nouvelle politique commune de la pêche, en vigueur depuis le 1er janvier 2014. Lors de son audition face aux députés européens, le nouveau Commissaire européen en charge de la pêche, Karmenu Vella, a affirmé sa volonté de continuer d'œuvrer à l'exploitation du plein potentiel de l'aquaculture. En parallèle, la Commission européenne s'efforce de desserrer l'étau administratif sur les entreprises du secteur. L'horizon de l'aquaculture européenne semble a priori bien dégagé.

Une carte à jouer pour l'Europe face à l'ogre chinois

Pourtant et malgré tous ces efforts, l'aquaculture européenne ne décolle toujours pas, subissant avec violence - ô surprise ! - la compétitivité chinoise. Aujourd'hui, la Chine produit à elle seule plus de 60% des volumes mondiaux, contre seulement 4% pour l'Union européenne... L'ogre a indéniablement un coup d'avance. La solution ? Promouvoir encore davantage l'excellence européenne. La production aquacole chinoise, pas systématiquement respectueuse de l'environnement et des conditions de travail, n'est pas un modèle durable. La production intensive nuit par ailleurs à la qualité des produits. L'Union européenne a donc une carte majeure à jouer. À la clé, ce sont plus des dizaines de milliers d'emplois dans toutes l'Europe. Aujourd'hui, le secteur compte déjà 85 000 emplois directs et implique plus de 14 000 entreprises au sein de l'UE, pour la plupart des PME.

Aquimer, un acteur incontournable de la production aquacole

Le pôle de compétitivité Aquimer, à Boulogne-sur mer et sa Plate-Forme d'Innovation Nouvelles Vagues travaillent à concrétiser cette excellence européenne. Renforcer la compétitivité de l'aquaculture européenne, tout en s'imposant des normes environnementales élevées, est un objectif du pôle. Et les projets du pôle traduisent directement cet objectif : le projet Vege-Aqua vise par exemple à remplacer des protéines animales par des protéines végétales dans l'alimentation des poissons, favorisant ainsi une aquaculture plus durable. Vega-Aqua est un exemple de projets parmi tant d'autres, menés avec des acteurs européens  (Seafish au Royaume-Uni, Danish Technological Institute au Danemark ou encore Flander's Maritime Cluster en Belgique pour ne citer qu'eux) comme internationaux (Québec, Japon, Maroc, Russie...). Et les nouveaux partenaires sont toujours les bienvenus !

Dans un monde où les protéines de qualité ne sont pas présentes en quantité nécessaire à l'état naturel pour satisfaire une demande exponentielle, l'aquaculture constitue une réponse majeure aux défis alimentaires et environnementaux du XXIe siècle. Le déblocage de fonds de l'Union européenne pour promouvoir la production aquacole va incontestablement dans la bonne direction. L'impulsion politique est là. Aux acteurs du secteur de concrétiser cette volonté.

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Mêmes causes, mêmes effets ?



Un arrêté préfectoral interdit depuis le 16 janvier la vente des huîtres provenant du lac marin. Depuis un an, rien n’aurait-il changé ?

Source : Sud Ouest par Christine Lamaison

Le 16 janvier, un arrêté interdisait notamment, la commercialisation des huîtres provenant du lac d'Hossegor. Encore ! Pourrait-on s'exclamer, comme s'il fallait se résoudre à pareille mesure chaque fois que se conjuguent un épisode de forts abats d'eau et un pic d'épidémie de gastro-entérite. Comme l'an passé, comme l'année d'avant. Mais alors, rien n'aurait bougé, malgré la plainte des ostréiculteurs ? Où en sont les études, les diagnostics promis par le Sivom, gestionnaire du lac, et les services de l'État ?
C'est le 12 janvier que les services sanitaires apprenaient que trois personnes s'étaient plaintes de vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, en lien probable avec la consommation d'huîtres d'Hossegor. Prélèvements d'échantillons du même lot, batteries de tests et d'analyses croisées pour en arriver à la conclusion de la présence de norovirus.

« On se fait insulter »

Jérôme Labéguerie, ostréiculteur sur le lac, ne se console pas du fait que cette contamination n'arrive pas cette année à la période cruciale des fêtes. « On se fait insulter, par téléphone, par mail, sur les réseaux sociaux. On nous traite d'empoisonneurs. On essaie d'expliquer aux gens que cela vient de l'eau, mais c'est dur. J'ai un collègue qui a investi à Arcachon… On a interpellé tout le monde. Mais cela semble stérile. Ce ne sont pas six ostréiculteurs qui vont faire changer les choses. Si, comme on le soupçonne, une des causes est le rejet des stations d'épuration en amont, on sait que cela prend du temps. On nous propose des solutions pour acheminer de l'eau, pour utiliser des forages, mais il faut nous aider pour arriver à une solution pérenne. Pour la santé des gens, pour la qualité de l'eau de ce lac. »

Le comité régional de la conchyliculture et la Sepanso avaient déposé plainte au pénal lors de la précédente crise. Me François Ruffié, leur avocat, a le dossier devant lui. « Nous avions convenu d'un traitement administratif de cette plainte mais, aucun résultat n'étant encore parvenu, il y a eu un soit transmis du parquet de Dax le 7 novembre pour confier une enquête à la gendarmerie. En tout cas, si rien ne bouge d'ici deux à trois mois, nous demanderons l'ouverture d'une information judiciaire avec constitution de partie civile. »

(...)

Études et travaux

(...)

Début février, Jean-Pierre Dufau va réunir professionnels, élus, services de l'État et associations environnementales pour évoquer le dossier du désensablement du lac, qui pourra participer aussi à sa meilleure oxygénation. Une initiative dont se réjouit Xavier Gaudio. « Je trouve que la démarche excellente, car tout le monde sera au même niveau d'information. » Une occasion sans doute d'élargir les débats au problème plus général de la pollution du lac.

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Le 24 Janvier 2015

Mégaferme de saumon bio en Irlande : catastrophe écolo en vue

Illustration extraite du Facebook de Gatheringirelandagainstsalmonfarms, opposant à un projet de ferme salmonicole de 15000 tonnes de saumon bio sur 450 ha dans la baie de Galway (Irlande)


En décembre 2014 a été rediffusé sur RFI un petit reportage sur l’élevage de saumon bio en Irlande, réalisé avec l’aide de l’Union européenne, présentant un certain nombre de lacunes que nous souhaitons combler ici.

Source : Rue89 par Diane Berbain

Saviez-vous, d’abord, que les comparaisons de la côte ouest de l’île d’émeraude avec celle de la Norvège sont nombreuses ? La façade atlantique de ces deux pays est très morcelée par des îles, l’écosystème est unique, les paysages actuels ont été façonnés au cours de la dernière ère glaciaire. On trouve même des fjords en Irlande, et on peut venir de loin pour pêcher le saumon et la truite. Galway, comme Bergen, capitale économique du saumon d’élevage sur la côte ouest norvégienne, est une capitale régionale culturelle très vivante, étudiante, aux portes d’espaces naturels d’exception.

Et aujourd’hui, les Vikings voient le potentiel d’enrichissement dans la baie de Galway, un site Natura 2000, avec l’approbation du gouvernement irlandais. 75% de la production d’élevage dans ce pays est sous le contrôle de la multinationale norvégienne Marine Harvest. Il y a de grandes chances pour que ce saumon vous soit vendu sous le « Label rouge » et la certification « Agriculture biologique ».

Le saumon bio, c’est du bluff