samedi 20 décembre 2014

La France continue de tourner le dos aux professionnels de la mer

La France continue de tourner le dos aux pêcheurs, conchyliculteurs et aquaculteurs...

Illustration : les pêcheurs charentais manifestent dans le Vieux Port de La Rochelle, le 2 décembre 2014

Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) vient de donner son avis sur l’agriculture familiale... A quelques jours des fêtes de fin d’année, cet avis ne peut que nous laisser sur notre faim ! Aucune considération envers les pêcheurs, les conchyliculteurs et les aquaculteurs, tous ces producteurs de fruits de mer, huître, coquille saint-jacques, langoustine, homard, lotte, turbot,... qui orneront les tables de Noël et du Nouvel An.

L’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2014 « Année internationale de l’agriculture familiale » afin de mettre à l’honneur ces centaines de millions de familles qui consacrent leur vie tout entière à nourrir la population : agriculteurs, éleveurs, forestiers, pêcheurs et aquaculteurs. Dans ce contexte, le premier ministre Manuel Valls a demandé en juillet au CESE « d’identifier, au regard des atouts des agricultures familiales et des obstacles qu’elles rencontrent, les principaux outils sur lesquels les politiques publiques peuvent s'appuyer pour les accompagner... »

Pilotées par la FAO, organisation onusienne pour l’alimentation et l’agriculture, les manifestations autour de l’agriculture familiale englobaient toutes les activités de productions alimentaires y compris les activités halieutiques (pêche et aquaculture). Qu’est-ce que l’agriculture familiale ? selon la FAO : « L’agriculture familiale englobe toutes les activités agricoles reposant sur la famille, en relation avec de nombreux aspects du développement rural. L’agriculture familiale permet d’organiser la production agricole, forestière, halieutique, pastorale ou aquacole qui, sous la gestion d’une famille, repose essentiellement sur de la main-d’œuvre familiale, aussi bien les hommes que les femmes.... » (1)


Cliquer Ici pour visualiser la vidéo de Philippe Revelli sur l'accaparement des Océans

A l’issue de la présentation du projet d’avis, la France Agricole relate :

Commerce international : Sortir l’agriculture des accords de libre-échange (CESE)

« Au sein de notre commission, il y a unanimité sur le fait que les accords de libre-échange sont une calamité pour l'agriculture », a assuré mardi Martine Laplante, rapporteure d'un projet d'avis sur l'agriculture familiale et membre de la section de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Présentées le 9 décembre 2014, « les préconisations de ce projet d'avis s'adressent surtout aux pays en voie de développement », a expliqué la présidente des Amis de la terre Limousin.

Le CESE, saisi par le gouvernement sur cette question de l'agriculture familiale dans le monde, se positionne pour « une gouvernance mondiale autour de l'agriculture » et souhaite que la France prenne position en faveur d'une déclaration des droits des paysans au Conseil des droits de l'homme.

Directives internationales sur la pêche artisanale ?

Le CESE  souhaite que la France prenne position en faveur d'une déclaration des droits des paysans au Conseil des droits de l'homme. Soit.

Mais qu’en est-il de la position de la France vis-à-vis des directives de la FAO sur la pêche artisanale qui ont été adoptées en juin dernier à Rome : « Directives d'application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté » (2) ont pour but de soutenir les millions de petits pêcheurs, en particulier dans les pays en développement, en défendant leurs droits humains et en sauvegardant l'exploitation durable des ressources ichtyques dont ils dépendent pour vivre....

Ces directives s’inscrivent totalement dans l’année internationale de l’agriculture familiale comme le rapportent ces articles de la FAO :


Droit à produire et privatisation des océans

Par ailleurs, une menace nouvelle pointe sur les pêcheurs. Le libre accès à la ressource remis en cause avec la privatisation des océans.

L’accès à la ressource est indispensable à toute activité halieutique. Il doit être sécurisé, stable et pérenne de manière à ce que le pêcheur puisse avoir une vision à moyen et/ou long terme de son activité. Pour cela, l’avis du CESE « recommande de favoriser l’accès au foncier en limitant la concentration des exploitations et en mettant l’accent sur les droits d’usage. Il appelle également à rendre contraignantes les Directives volontaires de la FAO pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts, qui encouragent fortement le respect des droits d’usage.... » (3)

Néanmoins, Yan Giron nous rappelle lors d’une conférence (4) que les océans font l’objet d'un mouvement global d'accaparement dans lequel les trusts caritatifs prennent une place prépondérante au même titre que les multinationales industrielles...

Vers une privatisation des océans ?



Maison de la Mer à Lorient

Dans une première partie, Yan Giron présente ce que sont les trusts caritatifs, comment ils fonctionnent, comment ils génèrent leurs dons dans un contexte à la fois de spéculation boursière et de défiscalisation. Pour cela l’exemple de PEW est présenté.

Dans une seconde partie, les mécanismes de la privatisation des océans sont présentés, notamment en lien avec la mobilisation des pouvoirs privés que représentent ces trusts caritatifs, au travers de leurs actions de conservation stricte.

Cette privatisation des océans s’appuie sur 3 mécanismes :
  • La privatisation des droits à produire et ses conséquences sur la création de grandes multinationales des produits de la mer et les financiarisations associées
  • La corporatisation des grandes ONG internationales
  • L’accaparement des espaces maritimes et des ressources (l’accaparement spatial étant vu comme un usage unique de l’espace maritime, avec comme corollaire l’éviction des communautés de pêcheurs de leurs moyens d’existence).

En conclusion, les mécanismes futurs de privatisation par les trusts caritatifs sont évoqués.
 
A un moment où la Politique Commune de la Pêche (PCP) met à mal l'avenir des pêcheurs artisans (ou petits métiers) en Europe... A un moment où les océans sont l'enjeu de toutes les convoitises : accaparement des mers dans le cadre de la croissance bleue... L’avis du CESE sur l’agriculture familiale était l'occasion d'afficher les directives internationales sur la pêche artisanale adoptées par 143 Etats membres de la FAO, et de montrer que la France défend une pêche, une conchyliculture et une aquaculture de type familial....

Un oubli ? ou alors aucun membre du CESE pour porter la voix des professionnels de la mer sachant que dans la Section de l’agriculture, de la pêche et de l’alimentation il n'y a pas de représentant de la pêche et de l'aquaculture !!!

Philippe Favrelière (modifié le 21 décembre 2014)

(1) FAO : Qu'est-ce que l'agriculture familiale ?
(2) "Directives d'application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l'éradication de la pauvreté" A télécharger Ici
(3) "Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts, dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale" A télécharger Ici
(4) Theatrum Belli : « Les trusts caritatifs, acteurs de la privatisation des océans » Le lundi 9 décembre 2014 a eu lieu une conférence sur la privatisation des océans à Lorient, organisée par la Maison de la Mer. Blue Lobby Eu représenté par Yan Giron, est intervenu pour présenter le rôle joué par les trusts caritatifs privés, notamment américains, dans cette privatisation.

Autres articles :

Pour plus d'informations

vendredi 19 décembre 2014

Actualité de la pêche en Europe et France - Décembre 2014



Mois de Décembre 2014

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Le 19 Décembre 2014

Plus de transparence pour qui ?

L’étiquetage des poissons n’est pas toujours réglementaire


Elles doivent indiquer l’origine et l’espèce. Mais elles se font rares, notamment sur les étals des marchés. Une enquête de l’association de consommateurs CLCV effectuée dans une vingtaine de départements montre que la zone de pêche n’est indiquée que sur 8% des étiquettes, le mode de pêche dans 5% des cas seulement. Pourtant, les consommateurs y sont sensibles.


Après enquête à l’étalage « Etiquetage du poisson : les commerçants sont loin du compte », l’association de consommateurs CLCV s’étonne que le nouvel étiquetage imposé par l’Europe n’est toujours pas appliqué dans les poissonneries...

Plus de transparence sur le poisson frais...

Sans nier le retard à l'allumage dans l'étiquetage des produits de la mer sur les étals, on peut tout de même s'interroger sur le décalage introduit par les nouvelles normes entre le poisson frais et le poisson transformé (conserve, préparation,...). L'association CLCV pourrait plutôt se poser la question pourquoi l’effort en matière de transparence - affichage des engins de pêche et indication plus précise des lieux de pêche -  revient essentiellement aux acteurs de la filière fraiche notamment aux pêcheurs et aux mareyeurs installés dans les ports de l’hexagone, alors que les industriels - importateurs et transformateurs - seront en grande partie épargnés par cette réglementation (voir plus bas, l'étiquette d'une conserve de poisson).

En Espagne, les éleveurs de moule s’insurgent contre ces nouvelles règles européennes qui vont permettre à certains transformateurs de travailler incognito des moules du Chili... Lire dans FIS : New labelling and biotoxin analysis worry mussel industry

Toujours le flou sur le poisson transformé !

En effet, pêcheurs et aquaculteurs européens peuvent s’inquiéter dans ce marché du poisson de plus en plus ouvert sur l'international.


Source : Le marché européen du poisson – Edition 2014


Etiquette du poisson frais




Etiquette de poisson en conserve




Pour plus de renseignements, cliquer Ici pour télécharger le document de la commission européenne (en anglais !) "A pocket guide to the EU’s new fish and aquaculture consumer labels"

Avec cette nouvelle réglementation communautaire, on peut déplorer le décalage introduit entre la filière fraîche et la filière "transformation", de nature à créer des distorsions de concurrence en faveur des produits de la mer d’importation...


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Le 18 Décembre 2014

Pêche intensive : le grand écart de Ségolène Royal


En politique, il faut parfois maîtriser l’art de la contradiction. Dernier exemple en date : deux prises de positions de Ségolène Royal sur le thème de la pêche. En octobre dernier, la ministre de l’Ecologie et du Développement durable se faisait prendre en photo lors d’une remise de prix en compagnie de scientifiques spécialisés dans l’étude des océans. En marge de l’événement, elle s’engageait clairement sur Twitter : “il faut arrêter le chalutage en eau profonde, c’est clair”.

Un mois plus tard, Ségolène Royal posait pour un nouveau cliché. Mais cette fois, la ministre est accompagnée de membres de Blue Fish, une ONG pas vraiment connue pour sa lutte contre la pêche en eaux profondes. Et pour cause, l’Oeil du 20h a rencontré son patron, Olivier Le Nézet, qui se trouve être le représentant des pêcheurs bretons.

Chalutage profond : la France défend la position du Parlement européen

Interrogée à l’Assemblée nationale le 16 décembre, Ségolène Royal a clarifié la position du gouvernement sur le chalutage profond. La ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, était interpellée par Jean-Louis Roumegas, député écologiste de l’Hérault : « Comptez-vous défendre l’interdiction du chalutage profond au conseil européen ? » Source : Le Marin

Assemblée Nationale

Pêche en eaux profondes

Mardi 16 décembre 2014 Jean-Louis Roumégas posait une question à Mme Ségolène Royale sur la position de la France au sujet du chalutage profond.


Chalutage profond par Roumegas

TRANSCRIPTION :

M. Jean-Louis Roumegas :

« Ma question s’adresse à Mme la ministre de l’écologie. La France persiste, et hier encore au sein du Conseil des ministres européens de la pêche, à défendre le maintien de quotas de pêche excédant la capacité de renouvellement, contre les recommandations des scientifiques, contre les propositions de la Commission européenne, contre l’esprit de la Politique commune de la pêche, contre l’intérêt des pêcheurs, dont l’activité est avant tout menacée par l’épuisement des stocks. La même logique de court terme prévaut en matière de chalutage profond, considéré par les scientifiques comme la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire. En contradiction avec ses engagements internationaux, la France s’oppose pourtant à son interdiction.

Il faut rappeler l’absurdité économique et écologique qu’est la pêche en eaux profondes. Les dix chalutiers qui la pratiquent en France peuvent raser la surface de Paris en deux jours, alors qu’ils n’occupent directement que 0,5 % des marins pêcheurs ! Cette absurdité économique et écologique n’échappe pas aux Français, qui sont, selon un sondage, 73 % à souhaiter que la France soutienne la proposition européenne d’interdiction du chalutage profond, reprise par la proposition de loi de notre collègue Laurence Abeille. Vous avez déclaré le 20 octobre dernier, madame la ministre : « il faut arrêter le chalutage profond, c’est clair ».

Quelle est aujourd’hui la position de la France sur ce sujet ? Comptez-vous défendre l’interdiction du chalutage profond au Conseil européen, en accord avec la volonté citoyenne et l’aspiration d’une France que François Hollande décrit comme la « nation de l’excellence environnementale » ? »

mardi 16 décembre 2014

Maltraitance animale. Les petits poissons doivent être mis à mort sans tarder

En Suisse, on ne rigole pas avec la maltraitance animale... Dans ce pays où siège l’Organisation internationale du travail (OIT)....

Les pêcheurs à la ligne suisses sont désormais tenus de mettre à mort immédiatement les petits poissons, en les assommant ou en combinant «rupture de nuque» et coup sur la tête. Les autorités fédérales confirment aussi qu'il est interdit de pêcher des poissons dans l'intention de les remettre à l'eau.

L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) et l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), en tant qu'autorités de surveillance, ont élaboré des directives pour les autorités cantonales. Le but est de clarifier la situation juridique, écrivent-elles ce lundi 15 décembre dans un communiqué.

Selon celles-ci, les pêcheurs à la ligne doivent mettre à mort immédiatement leurs prises destinées à la consommation. La méthode usuelle, pour les poissons de plus de 22cm, consiste à étourdir l'animal le plus rapidement possible en lui assénant un coup sur la tête ou en lui brisant la nuque, puis à le mettre à mort au plus vite en le saignant par incision des branchies ou en l'éviscérant.

La saignée des petits poissons de moins de 22cm est par contre jugée difficile à mettre en pratique. Les pêcheurs peuvent donc s'en passer. Pour ces poissons, il faut éviter de recourir à la seule méthode «rupture de la nuque» sans donner un coup supplémentaire sur la tête: mal effectuée, elle risque de paralyser l'animal sans le tuer, écrivent l'OFEV et l'OSAV.

Le document de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) nous explique le geste précis de mise à mort du poisson.... Sinon, il indique clairement que la pratique "No kill" est interdite en Suisse à quelques exceptions près... Cliquer Ici pour accéder au document : Aide à l’exécution : Pêche à la ligne - Interprétation des dispositions légales relatives à l’étourdissement et à la mise à mort des poissons de petite taille et à la remise à l’eau des poissons capturés - Décembre 2014

Contrainte interdite

Il est par ailleurs interdit de pêcher des poissons à la ligne avec l'intention de les remettre à l'eau, car il ne faut pas exercer une contrainte sur un animal sans raison valable, indiquent les offices. Et de préciser qu'en Suisse, il n'existe aucun lieu de pêche avec remise à l'eau obligatoire des poissons capturés (secteurs «no kill» ou «catch and release»).

Les poissons appartenant à une espèce protégée ou pêchés durant la période de protection doivent par contre être remis à l'eau après avoir été capturés. Ceci doit se faire immédiatement et en évitant les manipulations comme le fait de les mesurer, les peser ou les photographier, qui sont susceptibles de stresser le poisson, expliquent encore l'OFEV et l'OSAV.

Récemment, la Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain (CENH) est arrivée à la conclusion qu'on ne peut pas exclure que certaines espèces de poissons soient dotées de sensibilité.

De l'avis de tous les membres de la CENH, utiliser les poissons avec attention et respect s'impose même en l'absence de certitude absolue au sujet de leur sensibilité à la douleur. Les méthodes d'étourdissement et de mise à mort comme les conditions de détention et de pêche doivent donc être adaptées sur la base de ces nouveaux critères, avait alors indiqué la commission... D'après : La Tribune de Genève

Des pêcheurs du Sud, esclaves de l’océan

Une compagnie coréenne douteuse

Taïwan et la Thaïlande : travail forcé sur des bateaux de pêche

L’Ecosse, L’Espagne sont aussi concernés par le travail forcé

Illustration : Lutte contre la traite des êtres humains : Bienvenue sur le site Web anti-traite du  Conseil de l'Europe

Une compagnie coréenne douteuse

Lundi 1er décembre un chalutier usine coréen, l’Oryang 501, en pêche dans les eaux russes du détroit de Behring a fait naufrage ; seuls huit marins ont pu être sauvés. La composition de l’équipage était multinationale : « Soixante personnes se trouvaient à bord : un inspecteur russe, onze Sud-Coréens, treize Philippins et trente-cinq Indonésiens. Le mauvais temps serait à l’origine du naufrage.»  Rien ne permet d’affirmer que ces marins étaient des esclaves des mers, mais ce n’est pas la première fois qu’un bateau coréen, particulièrement de cette compagnie Sajo Group, est mis en cause. Les familles des marins disparus constatent d’ailleurs que le chalutier usine continuait à travailler dans des conditions difficiles, sans repos.  Un autre bateau de la même compagnie, l’Oyang 70, a coulé dans les eaux de Nouvelle-Zélande, en 2010, provoquant 6 disparitions. En 2011, c’est l’Oyang 75, avec un équipage de 32 Indonésiens, qui a été mis en cause pour usage de travail forcé, non-paiement de salaires et abus sexuels. Un réalisateur a récemment tourné un documentaire sur ce sujet. « Depuis 1994, les équipages indonésiens ont travaillé dans les chalutiers-usines coréens dans les eaux néo-zélandaises : une main-d'œuvre bon marché prenant le quota de poissons des sociétés néo-zélandaises. Tous les jours, ces Indonésiens ont souffert de violents abus, verbaux, physiques ou sexuels, contraires aux droits de l’homme. Ils sont également forcés de travailler 20 heures par jour et n’ont que 3 heures de sommeil. En juin 2011, 32 membres de l’équipage indonésien de l’Oyang 75 ont quitté le navire. Après seulement 5 mois à bord du navire, ils n’auraient plus à endurer les durs traitements infligés par les officiers coréens.

Ces hommes craignaient en permanence que leurs femmes et leurs familles soient menacées par des agents en Indonésie. Ils ont emprunté jusqu’à 2 000 $ pour pouvoir signer avec une agence de recrutement pour obtenir un emploi pour ensuite signer des contrats chers pour deux ans. De même, ils devaient mettre en gage des choses telles que leur terre familiale comme garantie de leur travail. Ils ont fait face à la faillite en Indonésie, tout ça pour un pauvre salaire de 200 $ par mois.

Cet acte a encouragé d’autres équipages indonésiens dans les chalutiers-usines à s’exprimer sur les abus cruels qu’ils ont vécu chaque jour, en Nouvelle-Zélande, mais aussi dans l’Océan Indien, la Mer du Japon, la Mer de Béring et l’Océan Sud-Atlantique. Le film de Guye Henderson montre une choquante réalité : les équipages indonésiens n’ont aucune protection officielle et aucun droit contre un tel traitement inhumain, que ce soit en Nouvelle-Zélande ou dans d’autres zones de pêche. Leur sort d’esclaves modernes est une honte pour les droits de l’homme internationaux

Taïwan et la Thaïlande : travail forcé sur des bateaux de pêche

lundi 15 décembre 2014

News de la pêche dans le monde (6) : Afrique, Asie, Amérique et Océanie

Le 22 Décembre 2014

Très large mobilisation des marins pêcheurs dans la ville de Laâyoune (Sud du Maroc)

Dans le port de Laâyoune se sont rassemblés à 19h30 du samedi 20 décembre 2014 des centaines de marins pêcheurs à l’appel du syndicat national des Marins Pêcheurs de la Pêche Côtière et Hauturière au Maroc (SNMPPH) pour réclamer leurs revendications pour lesquelles ils se battent depuis 2 ans et restées sans suite à ce jour :

1- la liberté syndicale ;

2- leurs cahiers de revendications au niveau régional et national déposés au niveau du gouvernement et au niveau local mais restées sans réponse à ce jour.

Source : Cadtm - 22 décembre par Le Syndicat National des Marins Pêcheurs de la Pêche Côtière et Hauturière au Maroc (SNMPPH)

Les revendications au niveau local sont :

1- le respect des horaires de travail

2- arrêt des sorties en cas de mauvais temps et intempéries, à l’origine des nombreux accidents et décès des marins pêcheurs en cas de mauvais temps

3- revendication d’un tableau dans le port indiquant la météo, les intempéries, etc. pour prévenir les marins en cas de tempête

4- contrôle de la pesée et déclaration dans la transparence de la quantité de poisson mis sur le marché pour limiter le marché noir

5- réglementation et solution au problème des quais à l’origine des accidents de bateaux qui ne trouvent pas où décharger.

Mais dès le début du rassemblement, deux membres du bureau du Syndicat National des Marins Pêcheurs de la Pêche Côtière et Hauturière au Maroc Aberghaz Mohamed et Azafad Rachid, ainsi que deux autres marins, Imihi et Ali Bou Baker, ont été violement arrêtés par les forces de police.

Aussitôt une manifestation de milliers de marins s’est organisée dans le port de Laâyoune pour exiger leurs libérations et appuyer les revendications.

Sous la pression des marins pêcheurs et face à leur détermination, à 21h30 Aberghaz Mohamed et ses camarades ont été relâches, acclamés par de milliers de marins dans le port de Laâyoune.

Notre devoir est d’élargir la solidarité pour appuyer la détermination et l’unité des marins pêcheurs qui luttent pour leurs revendications et contre la répression de leur mobilisation.

Pour Rappel : mobilisation des marins pêcheurs d’une grande ampleur le 11 novembre 2014 dans le port de Tan-Tan (Sud du Maroc)

Le mardi 11 novembre 2014, des centaines de marins se sont rassemblés dès 16 h dans le port de Tan-Tan suite aux tentatives de la délégation maritime de faire appliquer et d’imposer les nouveaux règlements du plan HALIEUTIS (Plan lancé par l’Etat marocain en 2009 pour dynamiser l’investissement du grand capital local et étranger dans le secteur halieutique au détriment des dizaines de milliers de marins pêcheurs).

C’est alors que les forces de répression sont intervenus et ont arrêté Aberghaz Mohamed et Mustafa Agouram membres du bureau du syndicat national des Marins Pêcheurs de la Pêche Côtière et Hauturière au Maroc (SNMPPH). Une large manifestation de solidarité s’est organisée dans le port de Tan-Tan :

Après une heure trente de protestation et face à la combativité et de la détermination de leurs camarades marins pêcheurs, les deux militants ont été relâches.

Solidarité large avec les luttes des marins pêcheurs.

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A voir : Reportage photographique sur la pêche côtière en Chine


Cliquer Ici pour découvrir le travail des pêcheurs côtiers en Chine

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Le 15 décembre 2014

Anchois du Pérou. La plus grande pêcherie au monde aux abois !

Illustration extraite de l'article d'Andina : Fishing, agriculture and livestock most threatened by climate change in Peru

Au Pérou, la disparition des anchois déroute les scientifiques

Un vent d’inquiétude souffle sur les milliers de bateaux de pêche qui peuplent le littoral péruvien.

Source : Le Monde 

Premier producteur de farine de poisson au monde, le Pérou n’a pas encore autorisé de seconde saison de pêche d’anchois, matière première pour cette farine destinée à l’aquaculture et à l’aviculture. « Il n’y a pas assez d’anchois dans les eaux péruviennes en ce moment », a reconnu le ministre de la production, Piero Ghezzi, en novembre. La biomasse des anchois, généralement évaluée à 10 millions de tonnes, a chuté à 1,45 million, selon l’Institut de la mer du Pérou (Imarpe), qui recommande, dans son dernier rapport publié vendredi 5 décembre, que le gouvernement interdise la pêche à l’anchois « jusqu’à ce que la reconstitution des stocks soit prouvée ». Un coup dur pour le secteur, qui emploie 121 000 personnes et constitue la principale activité d’une bonne partie du littoral.

Au-delà de la surpêche et de la pêche illégale, la disparition de ces poissons est surtout due, selon l’Imarpe, à « la hausse de l’activité des ondes de Kelvin qui propagent de la chaleur depuis le Pacifique équatorial jusqu’aux côtes sud-américaines ». « Ces ondes altèrent la disponibilité des nutriments pour le phytoplancton qui a une plus faible productivité et ne nourrit plus les poissons », explique le biologiste Dimitri Gutierrez de l’Imarpe.

Des scientifiques prévoient un effondrement des captures d'anchois du Pérou au cours du XXIe siècle

Graphique extrait de l'étude présentée lors du Cop 20 Lima : "The Economics of Climate Change in Peru," 

Acidification des océans

En général, le réchauffement des eaux, qui fait fuir les anchois amateurs d’eau froide, est associé au phénomène climatique El Niño, qui touche régulièrement le Pérou. Mais c... Suite : Le Monde 

Les chiffres de la pêche péruvienne

 Graphique extrait de l'étude présentée lors du Cop 20 Lima : "The Economics of Climate Change in Peru,"

Quelques chiffres selon Le Monde
* 6 % de la part mondiale de captures de poissons

* Le Pérou était le quatrième plus gros pays pêcheur en 2012.

* 30 % de production mondiale de farine de poisson

* Ce secteur a rapporté au Pérou 1,4 milliard d’euros en 2012 à l’exportation. La tonne de farine de poisson a atteint 1 900 euros en novembre, conséquence du manque d’anchois dans l’océan.

* 121 000 emplois directs issus de la pêche

mardi 9 décembre 2014

Etiquetage du poisson. Les engins de pêche s’affichent en poissonnerie

A partir du 13 décembre 2014, les engins de pêche s’affichent sur l'étiquette du poisson vendu dans les poissonneries...

Cliquer Ici pour en savoir plus sur la nouvelle étiquette de poisson...

Y aurait-il des engins de pêche plus vertueux que d’autres ? Au Canada, baleines et marsouins seraient les victimes des pêcheries aux casiers de homard et de crabe des neiges, selon le dernier rapport de l'Onge NRDC : Net Loss: The Killing of Marine Mammals in Foreign Fisheries

A partir du 13 décembre 2014, le poissonnier sera dans l’obligation d’afficher la catégorie d’engin de pêche utilisé pour la capture des poissons, coquillages, crustacés et autres céphalopodes... La réforme de l’organisation commune des marchés des produits de la pêche et de l’aquaculture (OCM) retient 5 grandes catégories d’engin de capture : sennes, chaluts, filets, lignes, dragues et casiers.

Au moment où le poisson d’élevage prend de plus en plus de place sur les étals, mettre en concurrence les poissons sauvages selon l’engin de capture pourrait avoir des conséquences sur l’ensemble du secteur de la pêche fraiche, l'affaiblir face à un secteur aquacole industriel de plus en plus concentré...

D’autre part, les grands perdants de cette nouvelle classification sont les petits métiers. Depuis des années, la petite pêche mène une politique de différenciation à l’étalage comme les ligneurs de la pointe de Bretagne ou le merlu de ligne en Aquitaine. Avec la nouvelle réglementation, tous les poissons de ligne sont classés dans la même catégorie qu’ils soient issus de la pêche artisanale ou de la pêche industrielle...

Décryptage

Dans le cadre de la réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP), cette nouvelle politique d’affichage met en compétition les pêcheries non pas en fonction de l’entreprise (artisanale/industrielle) mais en fonction de l’engin de capture utilisé par les pêcheurs. Y aurait-il des engins de pêche plus vertueux que d’autres ?

Le matériel utilisé par les pêcheurs est regroupé en 7 catégories d’engin de capture : sennes, chaluts, filets maillants et filets similaires, filets tournants et filets soulevés, lignes et hameçons, dragues et casiers (et pièges). Face à la très grande diversité des engins de pêche, la Commission européenne nous donne une grille de lecture pour faciliter cette répartition...

Prenons l’exemple de la pêche à la crevette à cheval, pêcherie ancestrale au même titre que la senne de plage placée tout en haut du tableau "Information sur les engins de pêche".

Dans quelle catégorie d'engin de pêche, classeriez-vous cette pêche à la crevette à cheval ? La Commission indique la pêche en boeuf mais pas celle à cheval !

Belgique : à Oostduinkerque, on pêche la crevette à cheval !

C'est une tradition, à Oostduinkerque, sur la Côte belge, c'est avec un cheval de trait que l'on pratique la pêche à la crevette.

Source : France3 Nord-Pas-de-Calais  par Hélène Tonneillier (14 janvier 2014)


La pêche à la crevette à cheval


Un reportage de Myriam Schelcher et Antoine Morvan

Depuis le XVIème siècle, on pêche la crevette avec un cheval de trait des côtes anglaises au littoral des Pays-Bas. A l'époque, fermiers, livreurs de charbon...avaient leur monture et s'en servaient pour récupérer les crustacés, nommés ici "caviar de la mer du Nord".

Mais avec l'industrialisation, les machines ont progressivement pris la place des équidés, sauf à Oostduinkerque. Là-bas, Dominique perpétue la tradition. A marée basse, le cheval traîne une lourde chaîne, qui fait sauter, sur son passage, les crevettes enfouies à quelques centimètres sous le sable. Une manière de pêcher, devenue rare, aujourd'hui classée au patrimoine immatériel de l'humanité, par l'UNESCO.

Y aurait-il des engins de pêche plus vertueux que d’autres ?

Le décryptage d’Alain Le Sann après lecture de l’ouvrage de Callum Roberts «  Océans » paru fin 2013...

Adieu filets, palangres, sennes, dragues et chaluts : Pêcheurs, sortez vos cannes à pêche.

Avec la publication en français du dernier ouvrage de Callum Roberts , il y a de quoi alimenter les diatribes des médias et de la presse contre les pêcheurs, si du moins ils ont le courage de lire un livre de 500 pages, un peu plus long et plus sérieusement argumenté qu’une petite BD.

Callum Roberts, un scientifique très influent.

Callum Roberts est un biologiste anglais, spécialiste de la conservation marine, particulièrement des coraux. C’est un scientifique rigoureux et influent qui est à l’origine, en 2010, de la création du premier réseau mondial de réserves intégrales en haute mer. Il a bénéficié comme beaucoup d’autres du programme Pew fellows et il est très lié aux ONG environnementalistes où il a une très grande influence. Il est l’ambassadeur officiel du WWF de Grande-Bretagne.

Dans «  Océans », il analyse longuement toutes les menaces qui pèsent sur les océans, maintenant et dans l’avenir. Il nous fait découvrir certaines menaces méconnues, mais sa critique principale s’adresse à la pêche qui représente pour lui la menace la plus ancienne et la plus grave. La pêche intervient comme un facteur aggravant des autres perturbations. Sont analysées, les menaces classiques bien connues : le réchauffement, l’acidification, la hausse du niveau des mers, les pollutions liées au pétrole et aux produits chimiques. De manière plus originale, il évoque des perturbations moins connues comme le développement de virus qui mettent en péril des espèces, les pollutions sonores qui perturbent sévèrement les mammifères marins, la multiplication des espèces invasives qui s’installent loin de leur écosystème d’origine. L’argumentation est basée sur les travaux scientifiques, mais on peut regretter que la traduction soit parfois erronée, ainsi on est étonné de découvrir des marais salants en Ecosse alors qu’il s’agit de marais maritimes naturels, ou encore la confusion entre les crevettes et les langoustines.

Une charge virulente contre la pêche

vendredi 5 décembre 2014

Revue de presse 2014 (10) : Aquaculture, conchyliculture, pisciculture, algoculture,...


Revue de presse de Décembre 2014

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Le 18 Décembre 2014

Plusieurs Etats réclament l'interdiction des micro-plastiques pour sauver les moules

Les Pays-Bas, l'Autriche, la Belgique et la Suède militent pour l'interdiction des micro-plastiques utilisés dans les détergents et les cosmétiques, afin de protéger les milieux marins - et les fruits de mer.

Source : Euractiv

L'élimination des micro-plastiques de produits tels que les détergents et les cosmétiques « est extrêmement urgent », exhortent plusieurs pays européens dans une déclaration commune.

Cette déclaration, également soutenue par le Luxembourg, a été envoyée aux 28 ministres de l'environnement, qui se réunissent à Bruxelles le mercredi 17 décembre.

Les micro-plastiques sont des morceaux de polyester et d'acrylique plus petits que des têtes d'épingle. Les scientifiques qui ont étudié leur présence dans les aliments mettent en garde contre leurs conséquences sur la santé humaine quand ils contaminent la chaîne alimentaire.

Ils sont en général ajoutés intentionnellement dans des produits comme les crèmes exfoliantes ou les gels douches, et finissent dans les systèmes de gestion de l'eau, lesquels « ne sont pas équipés pour filtrer ces particules », soulignent les quatre États.

La Haye est particulièrement inquiète, puisque les fruits de mer, et donc les moules produites aux Pays-Bas, pourraient être contaminés par les micro-plastiques.


Les Pays-Bas, l'Autriche, la Belgique et la Suède admettent que la source de la contamination n'a pas encore été déterminée avec certitude par les scientifiques, mais estiment que l'on en sait suffisamment à ce stade pour agir.

Certains fabricants de cosmétiques ont déjà promis de ne plus utiliser de micro-plastiques dans leurs produits exfoliants. En décembre 2012, la multinationale néerlandaise Unilever a ainsi annoncé qu'il n'y aurait plus de micro-plastiques dans ses produits de soins d'ici 2015.

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Insolite. De la coquille d'huître dans l'imprimante !

Une entreprise familiale installée à Cléguer travaille avec un labo de recherche de l'UBS. Il expérimente un fil pour imprimante conçu à base de poudre de coquilles d'huîtres fabriquée à Cléguer.

Source : Ouest France par Sophie Maréchal

Elle ne paie pas de mine. La petite entreprise familiale a pourtant de la ressource. Installée à Cléguer, l'usine de Kervellerin produit de la poudre de coquilles d'huîtres. Celle-ci entre dans la composition de cosmétiques, d'aliments pour animaux, de peinture pour les routes et tout récemment dans une imprimante.

Martine Le Lu, gérante de l'usine de Kervellerin, travaille avec le LimatB, laboratoire d'ingénierie des matériaux de Bretagne depuis 2011. Il expérimente un nouveau fil pour imprimante 3D conçu justement à partir de la poudre de coquilles d'huîtres (procédé Ostrécal) fabriquée à Cléguer. Pour imprimer plus écolo.

Pharmacienne de formation, Martine Le Lu voit d'un bon oeil cette collaboration qui tend vers une économie circulaire limitant fortement la consommation et le gaspillage de matières premières.

4 000 tonnes de coquilles par an

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Ostréiculture, l'activité économique emblématique de la région Poitou-Charentes


Cliquer Ici pour accéder au sondage de Sud Ouest, Nouvelle République et Centre Presse

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Le 16 Décembre 2014

L'huître du Médoc bientôt sur vos tables de fêtes


Reportage de Jean-François Géa et Thierry Julien.

Depuis le mois de septembre, huit ostréiculteurs ont eu l'autorisation préfectorale de reprendre l'activité historique dans les marais salants du Médoc. Pour l'instant, ils se procurent les naissains dans le Bassin d'Arcachon et affinent, ensuite, ces huîtres dans les eaux de la Gironde.

Source : France 3 Aquitaine par CB

Dans le Médoc, c'est un retour sur un passé historique. Déjà au 19ème et 20ème siècle, de nombreuses familles vivaient de l'ostréiculture et on dispose de données historique remontant à l'époque romaine en bordure d'estuaire.

Bertrand Jung, qui expérimente son huître depuis de nombreux mois à St Vivien du Médoc, est plutôt satisfait du rendu : "on est sur une huître en quantité de chair très importante" affirme t-il. Il espère produire 15 tonnes par an, en plus des gambas et des coques.

Ensuite, à la façon d'un bon vin, nul doute que le "terroir" des eaux de Gironde, lui confèrera une saveur particulière qui la distinguera de ses petites soeurs "gigas" du Bassin d'Arcachon...

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Baie de Tamaris : la vente de huîtres et moules à nouveau autorisée



Un reportage de Nathalie Ramirez et Patrick Kurt : La vente de coquillages a repris dans la baie de Tamaris

A la Seyne-sur-Mer, les producteurs de coquillages ont retrouvé le sourire. Après deux mois d'interdiction pour cause de pollution, la vente des huîtres et moules de la baie de Tamaris vient de reprendre. Une bonne nouvelle à quelques jours des fêtes de fin d'année.

Source : France 3 Paca Par Matthias Julliand

L'interdiction sanitaire de prélever des coquillages dans la baie de Tamaris a donc fini par être levé.... après deux mois d'attente ! La pollution qui avait été à l'origine de cette mesure a entre temps disparu au profit d'eaux de bonne qualité.

Ces jours-ci, c'est donc avec un certain soulagement que Martial Hourdequin, producteur de moules et d'huîtres, a repris le chemin de son parc à coquillages.

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Haute-Corse. Les coquillages de l'étang de Diana autorisés à la consommation

Bastia, 15 déc 2014 (AFP) - L'interdition pour raison sanitaire de ramasser et de commercialiser les coquillages, huîtres et moules notamment, de l'étang de Diana, au sud de Bastia, a été levée lundi a-t-on appris auprès de la préfecture.

Cette mesure avait été imposée le 4 décembre par un arrêté préfectoral en raison des « modifications engendrées sur la qualité des eaux » par les fortes pluies du début décembre. La préfecture de Haute-Corse a précisé que les analyses effectuées depuis dix jours ont permis de lever « tout soupçon » sur la qualité des eaux et des coquillages.

Cette interdiction est intervenue à la période des plus fortes ventes des coquillages de l'étang de Diana, réputés depuis l'antiquité romaine. Les services de l'Etat, en liaison avec l'Institut français de recherche et d'exploitation de la mer (Ifremer) et les professionnels du secteur, s'étaient engagés à lever l'interdiction « dans les meilleurs délais ». Source : Terre Net / afp

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Marennes-Oléron. La lutte contre le vol des huîtres



Une équipe de France 3 a suivi des gendarmes de Charente-Maritime qui luttent contre le vol d'huîtres.

Source : France 3

Des gendarmes qui se déplacent en canoé-kayak, ce n'est pas banal . C'est pourtant l'embarcation idéale pour surveiller au plus près les poches d'huitres du bassin de Marennes d'Oléron. Hervé Barrau est ostréiculteur. Pour lui, cette surveillance est une bonne chose. "N'importe qui peut venir, accoster et repartir avec des huîtres", explique-t-il à France 3.

Flagrant délit

La plupart des vols sont commis par des ostréiculteurs professionnels.  La caméra du journal de France 3 a pu suivre les gendarmes intercepter en flagrant délit de vol, un marin. "Je sais que je suis en infraction. Je fais cela parce que je suis dans la merde jusqu'au cou", justifie-t-il. Les huîtres sont des êtres vivants. La loi ordonne qu'elles soient remises à l'eau. Cette année, 12 tonnes d'huîtres ont été volées contre 69 tonnes en 2011.

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Golfe du Morbihan. Ils sont les « anges gardiens » des parcs à huîtres


Les huîtres seront nombreuses sur les tables en cette fin d’année. De quoi attiser les convoitises. Afin de les protéger, la gendarmerie investit le golfe du Morbihan et ne lésine pas sur les moyens pour traquer les voleurs.

Source : Ouest France

Un produit rare, cher, et donc convoité. Les huîtres du Golfe du Morbihan sont en ce moment sous très haute surveillance !

Depuis plusieurs semaines, la gendarmerie, épaulée par la brigade de surveillance du littoral du Morbihan et la brigade nautique de Quiberon, sillonne les parcs à huîtres du Golfe du Morbihan. Objectif : dissuader d’éventuels voleurs. « Nous arrivons dans une période très risquée pour les ostréiculteurs où les vols peuvent être importants », confie le capitaine Thierry Badier, commandant de la communauté de brigades de gendarmerie de Vannes-Grand-Champ.Lundi soir. Sur terre, de la pointe de Larmor-Baden, en passant par Baden et jusqu’à Arradon, aucun véhicule ne peut échapper aux contrôles des gendarmes. En mer, entre l’île aux Moines, l’île d’Arz et Boedïc, un zodiac de 300 CV, du comité local des pêches avec à son bord trois gendarmes de la brigade nautique de Quiberon, file dans la nuit sombre.

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Ostréiculture. Un vigile électronique pour les parcs

Sur l'eau, cet équipement truffé de technologies surveille tout. Il donne l'alerte par téléphone ou mail en cas de vol.

Jacques-Henri Heulot, patron de la société Netabord, de Locmiquélic (Morbihan), a installé sur la concession de France-Turbot, à Trédarzec, sur le Jaudy, un système expérimental autonome sur une plate-forme flottante en aluminium équipée de caméras thermiques.

Source : Ouest France

« C'est un dispositif de surveillance contre les vols dans les parcs ostréicoles et aquacoles », précise l'ingénieur. Les données sont transmises grâce à un pont radio qui dispose de sa propre alimentation à base de panneaux solaires.

Contre les vols de naissains

Ce vigile électronique et informatique permet d'accéder à distance, aussi bien à des images sur l'écran d'un ordinateur, de jour comme de nuit, qu'à des paramètres d'oxygénation de l'eau, de salinité, de température, et à un système météo statique.

Quatre projecteurs de 215 watts fonctionnent sur batteries et éclairent la zone à protéger, sur déclenchement automatique en cas d'intrusion. « Le système déclenche une alarme à distance, par téléphone ou par mail. » Jacques-Henri Heulot reste humble : « On n'a rien inventé. On a assemblé des techniques. »

La plate-forme et son équipement pèsent 400 kg. « Une étude de marché confirme un potentiel sur les fermes aquacoles de tout l'arc sud-européen », poursuit Jacques-Henri Heulot qui a déjà équipé en WiFi et caméras les ports de Tréguier, Paimpol, Perros-Guirec, Roscoff, Ploumanac'h...

La société France-Turbot, du groupe Adrien, a été victime de nombreux vols de naissains d'huîtres dans le Jaudy au cours des dernières années. D'où l'installation de ce prototype de gardien flottant...

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Pôle mer. Trois projets d'aquaculture prometteurs en Bretagne

Le Pôle mer Bretagne a présenté vendredi trois projets aquacoles innovants avec des crevettes à  Roscoff, du saumon à Treffiagat et des aérnicoles à Fouesnant.

Source : Ouest France

Crevettes à Roscoff

Le projet SC2E est d'élever des crevettes tropicales en Bretagne dans le respect de l'environnement. L'objectif est de substituer aux importations massives des crevettes élevées localement par un nouveau système de production éco-efficient. Implantation pilote : Roscoff. Le projet est porté par l'entreprise Martrop avec la station biologique de Roscoff.

Saumon à Treffiagat

Le projet Éco-Saumon vise à créer une filière intégrée de production et de transformation de saumon produit à terre, dans une ferme pilote de production à Treffiagat. Cette filière éco-efficiente se traduira par une production des aliments, du saumon et du traitement des rejets. Le projet stimulera la diffusion de technologies innovantes, fournissant des produits finis plus sûrs pour le consommateur. Le projet est porté par Marinvest avec l'Inra et Ifremer.

Arénicole à Fouesnant

Marbiotech est une filière de production de vers marins pour des applications en santé humaine. Le projet vise à développer l'élevage de vers marins, les arénicoles (Arenicola marina) et valoriser les hémoglobines extra-cellulaires qui en seront extraites pour des applications médicales de transporteur d'oxygène universel. Le projet est porté par Hemarina et l'Agrocampus Ouest, situé de Beg-meil, à qui reviendra le soin d'élever les arénicoles reproducteurs avant transfert vers l'entreprise.

Seul pôle de compétitivité du Finistère, basé à Brest, le Pôle mer Bretagne-Atlantique a pour but de promouvoir des projets scientifiques ayant un potentiel d'industrialisation. Ces projets sont alors labellisés, ce qui déclenche les financements, tant publics que privés.

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Bassin de Thau : lancer les “huîtres d’Ingril”, l’ambitieux projet de Célia

Le défi que s’est lancé Célia n’est pas mince. Mais Ingril aurait bien des avantages.

Source : Midi Libre

Il faudra d'abord obtenir le classement de l'étang en "B" afin que les huîtres puissent y être élevées.

Armée de son Bac pro cultures marines et d'un goût prononcé pour son métier, Célia est une chef d'entreprise heureuse. "On est bien ici ! confie-t-elle dans un sourire, proche de la nature..." Célia a pris la suite de papa, ancien mareyeur parti à la retraite, pour mettre en place une activité totalement novatrice. Et si son kiosque de vente de coquillages est ouvert depuis 2008, ce n'est que depuis ce dernier mois de novembre que la totalité de son projet a vu le jour. Aujourd'hui, son activité consiste à “faire” du naissain d'huîtres.

Des huîtres de la taille d'un grain de riz

"J'achète des “bêtes” (sic), lorsqu'elles sont de la taille d'un gros grain de riz, explique-t-elle. Je les fais pousser, en caisse flottante, avant de les vendre aux ostréiculteurs." Simple à expliquer, mais moins facile à faire. Car pendant les quelque 3 à 4 mois de pousse, les manœuvres sont nombreuses et les allers-retours du mas au parc fréquents. Parce qu'il est impératif de calibrer les coquillages, grâce à des caisses au tamis de plus en plus gros, d'abord ; ensuite de les rincer et enfin de les classer par taille.

Problème : la demande en naissains n'est pas toujours la même : "D'abord parce que le marché est moins important en été qu'en fin d'année par exemple, ajoute Célia. Mais aussi parce que les ostréiculteurs craignent l'appétit des daurades. Mes commandes varient donc de 150 000 à 1 million de bêtes."

Un effet de marée intéressant...

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Terra Ostrea




Terra Ostrea lève le voile sur le métier de David Hervé et son équipe. Ostréiculteur installé à Saint-Just de Luzac, chaque jour, avec son équipe de professionnels, il développe et accompagne la production et l'élevage d'huîtres dans ses bassins. Elles se retrouveront, d'ici quelques mois, dans les cuisines des plus beaux restaurants, magnifiées par les plus grands chefs du monde entier.

Mais avant cela, un long parcours les attend...

Dans ce premier Chapitre de Terra Ostrea, nous suivrons le travail de Ludo et Laurent au cours d'une journée typique de « marée » dans le bassin de Marennes Oléron. Laissez-vous bercer par cette musique captivante qui ponctue les gestes du quotidien ostréicole...
Un film de Allan Abadie & Fabrice gass
Une production Outdoo Factory
Musique : Lonely Desert

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Le 15 Décembre 2014

La Norvège déclare son saumon bon à consommer sans modération après analyse

Le saumon d'élevage norvégien, cible de critiques récurrentes pour ses effets supposés sur la santé, peut être consommé presque sans modération y compris par les femmes enceintes, conclut un rapport d'experts publié lundi.

Source : AFP - 15 Décembre 2014

En bonne place sur les menus pendant les fêtes de fin d'année qui approchent, le saumon fait débat, notamment en France depuis qu'un reportage télévisé l'a présenté en 2013 comme "la nourriture la plus toxique au monde".

"Les avantages liés à la consommation de poisson l'emportent nettement sur le risque insignifiant que représentent les niveaux actuels de polluants et autres substances étrangères", a déclaré Janneche Utne Skaare, du Comité scientifique pour la sécurité alimentaire (VKM) mandaté par le gouvernement norvégien pour examiner la question.

Illustration : Copie d'écran de la page Google actualités (recherche : saumon) suite à l'article de l'AFP

"Vu le niveau actuel des produits les plus toxiques que sont les PCB, les dioxines et le mercure, ni les gros mangeurs ni les autres n'ingèrent des quantités nocives en mangeant du poisson gras ou maigre", a dit cette biologiste et toxicologue, citée par la chaîne NRK.

Sur la base d'une précédente étude du VKM, les autorités norvégiennes de la santé recommandaient jusqu'alors aux jeunes femmes et femmes enceintes de limiter à deux repas hebdomadaires leur consommation de poissons gras (saumon, truite, maquereau, hareng) pour ne pas exposer leur progéniture à des risques sanitaires.

Cette précaution est désormais levée. La nouvelle étude du VKM "montre au contraire combien il est important que ce groupe mange du poisson car il est prouvé que la consommation de poisson par la mère contribue positivement au développement du système nerveux du foetus et des bébés allaités", a indiqué Knut-Inge Klepp, un haut responsable de la Direction de la santé publique.

Selon le nouveau rapport, le saumon d'élevage contient aujourd'hui 70% de dioxines et PCB en moins que lors des dernières mesures, rendues publiques en 2006, et sa teneur en mercure a été divisée par deux grâce à un changement d'alimentation.

Les huiles végétales ont largement remplacé les farines et huiles de petits poissons, lesquelles ne représentent plus que 29% de la nourriture du poisson d'élevage contre 90% en 1990, selon l'Institut de recherche Nofima.

Les calculs du VKM montrent que l'on peut consommer plus d'un kilo de saumon d'élevage (...) par semaine sans risquer d'absorber des quantités nocives de polluants", a fait valoir la Direction de la santé publique, qui continue de recommander deux ou trois repas hebdomadaires à base de poisson, soit entre 300 et 450 grammes, dont la moitié en poissons gras.

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Huître triploïde, une nouvelle variété !!!

Dans un document sur les huîtres pour les fêtes de fin d'année, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) présente les huitres triploïdes, comme une nouvelle variété!!!

L’huître triploïde, une nouvelle variété

L’huître triploïde possède trois lots de chromosomes alors que l’huître est naturellement biploïde (deux lots de chromosomes). Cette particularité est issue du croisement entre une huître tétraploïde (ayant subi un choc thermique agissant sur la fécondation) et une huître biploïde. Ces huîtres à l’état de larves sont exclusivement produites en écloserie. Stérile et donc sans laitance, l’huître triploïde présente l’avantage de grossir plus vite et sa texture est constante toute l’année. Saisie par la DGCCRF, l’Anses a confirmé l'innocuité de cette huître pour le consommateur et l’absence de risques pour l’environnement. Source : DGCCRF


Avez-vous eu connaissance de la saisine de la DGCCRF auprès de l'Anses ? et de la réponse de l'Anses sur l'innocuité de l'huître triploïde pour le consommateur et l'absence de risques pour l'environnement ?

La réponse est dans cet avis de l'Afssa signé par Martin Hirsch en novembre 2001