vendredi 25 juillet 2014

Aquablog part en vacances...

Aquablog repart en vacances...

Non pas avec Conservation International (CI) qui organise pour les enseignants US des séjours d’immersion dans la forêt du Costa Rica avec le soutien de Northrop Grumman 

Pendant 3 semaines, Aquablog se met à l’heure d’été...

Profitez-en pour découvrir le monde... La France est devenue mortifaire ; tout y crève, en Atlantique (1) et en Méditerranée (2) ; et tout le monde s'en fout : les écolos préfèrent les grands fonds que les eaux troubles de nos côtes (3).  La rentrée devrait être chaude même si la profession demande une pose environnementale (4). Après Pew et ses partenariats gagnant-gagnant (5), nos amis d’outre atlantique nous envoient maintenant Conservation International et toute son escorte de multinationales !

Aussi, deux destinations pour se forger des convictions

Les plages de rêve que Philippe Revelli a découvert aux Philippines. Après le passage du cyclone Haiyan, les autorités ont en effet mis les grands moyens : un décret délimitant une bande de terre interdite à la construction (no build zone) de 40 à 200 mètres dans les zones à risque a été promulgué au lendemain du passage du typhon Hayan, repoussant les communautés de pêcheurs à une bonne distance des futurs complexes touristiques programmés les pieds dans l’eau tropical...

L’immersion dans la forêt costaricaine que propose l’ONG Conservation international dans ce Hotspot de la biodiversité. Rien à craindre, ce séjour est « sponsorisé » par la société d’armement Northrop Grumman, partenaire privilégié de ce voyage...



Philippines

Trop belle (pour eux) la plage !

Des centaines de communautés de pêcheurs habitent le long des 39.289 kilomètres du littoral philippin et, après une journée en mer, tirent leurs « bankas » sur des plages de rêve. Trop belles (pour eux) ces plages ! Ne seraient-elles pas mieux « rentabilisées » par l’industrie touristiques ? Heureusement, un décret délimitant une bande de terre interdite à la construction (no build zone) de 40 à 200 mètres dans les zones à risque a été opportunément promulgué au lendemain du passage du typhon Hayan.

Source : Blog de Philippe Revelli

A une vingtaine de kilomètres au sud de Tacloban, dans la commune de Tanauan, le Barangay (quartier) Bislig abrite une communauté de pêcheurs artisanaux.

Ici, le typhon Hayan (baptisé Yolanda aux Philippines) a tout cassé : les maisons, les bateaux, les cocotiers (qui constituaient un revenu complémentaire essentiel). Après quoi les survivants ont retroussé leurs manches, tant bien que mal reconstruit des habitations, fabriqué de nouveaux bateaux avec les matériaux fourni par des ONG.

Aujourd’hui, la situation est loin d’être revenue à la normale – une normalité qui, dans leur cas, n’a jamais été faste –, mais les habitants de Bislig n’ont pas la moindre intention d’aller s’installer ailleurs. Même si des représentants de la municipalité les menacent d’expulsion car une bonne moitié des habitations de la communauté sont bâties à moins de 40 mètres de la mer, sur une zone récemment interdite à la construction (no build zone).

C’est au lendemain du passage d’Hayan, qu’une bande côtière de 40 à 200 mètres de profondeur a été déclarée non constructible dans les zones considérées comme à risque. Dans un pays balayé chaque année par une trentaine de typhons, la mesure peut sembler de simple bon sens, mais…

MAIS aux Philippines des centaines de communautés de pêcheurs artisanaux vivent sur cette frange littorale et, selon une estimation basse de la Commission nationale contre la pauvreté (National Anti-poverty Commission), la mise en œuvre des « no build zones » conduirait au déplacement de 252.688 familles.

MAIS ces familles...

Suite et reportage photos : Blog de Philippe Revelli


Les partenaires de Conservation International

 (copie d'écran de site Conservation International)

Conservation International (CI) est une organisation à but non lucratif qui cherche à protéger les points chauds de biodiversité (Hotspots), espaces sauvages à forte biodiversité ainsi que les régions maritimes importantes. Le groupe est aussi connu pour son partenariat avec des ONG et des peuples indigènes. Créée en 1987, son siège est à Washington et elle emploie plus de 900 personnes. Elle a une activité dans 40 pays, principalement dans les pays en développement d'Afrique, le Pacific Rim, et les forêts primaires d'Amérique centrale et du Sud.

Une ancienne salariée de Conservation International, Christine MacDonald, journaliste et auteur du livre Green. Inc. accuse Conservation International de favoriser l’« éco-blanchiment » en permettant à de nombreuses multinationales polluantes comme BP, Shell ou Northrop Grumman de faire partie des partenaires de CI moyennant finance et sans réelle contrepartie. Ces fonds servent notamment à payer les très hauts salaires de CI, son PDG, Peter Seligmann, a gagné plus de 470 000 dollars en 2010. Source : Wikipedia


Protest inc. 

Le complexe philanthro-capitaliste : quand les ONG deviennent des entreprises
    
Deux universitaires, Peter Dauvergne et Genevieve Lebaron viennent de publier un essai (1) qui fait écho à de nombreuses publications et articles critiquant sévèrement l’évolution des ONG environnementalistes, humanitaires et de développement vers le « Charity Business ». Un véritable complexe philanthro-capitaliste s’est progressivement constitué reliant think tanks, ONG, Fondations, multinationales. Une des clés de cette évolution, très marquée depuis les années 1990 se trouve sans doute dans le rapport de la CIA « Global trends 2030 : Alternatives Worlds », paru en décembre 2012.

Ce rapport évoque la montée en puissance des acteurs non étatiques et l’évolution de la démocratie : « Grâce aux technologies de communication, le pouvoir glissera très certainement vers des réseaux informes multifacettes constitués d’acteurs étatiques et non étatiques… Lorsque la puissance des acteurs non étatiques augmentera, acquérir de la légitimité constituera une étape importante et cruciale pour eux, en particulier pour ceux dont on estime qu’ils détiennent d’énormes pouvoirs… Les acteurs non étatiques devront prouver leur valeur auprès du public en démontrant les résultats positifs des actions qu’ils mènent grâce à leur puissance. Les intentions ne seront pas suffisantes » (2). Quelle meilleure manière pour les sociétés multinationales, si décriées, de légitimer leur puissance en s’appuyant sur leurs collaborations avec des ONG dont l’image est très positive. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de libéralisation depuis les années Thatcher-Reagan. L’État se voit progressivement dépossédé de ses moyens, abandonne ses responsabilités sociales, réduit ses fonctions de régulation. Il réduit la pression fiscale sur les plus riches qui peuvent ainsi accumuler des richesses considérables. Les auteurs de «Protest inc. » rappellent les propos de l’économiste Robert Reich en 2006 : « Je me rappelle un temps où le gouvernement collectait des milliards de dollars auprès de ces magnats comme chez les contribuables ordinaires et où nos systèmes démocratiques décidaient de l’utilisation de ces milliards… Je préférerais cette vieille méthode ». Aujourd’hui « le Charity business a remplacé les fonds publics pour fournir les ressources de l’action sociale et est devenu la réponse aux problèmes sociaux ». Bien sûr cette évolution concerne surtout le monde anglo-saxon mais du fait de la mondialisation, ces politiques tendent à se généraliser dans le monde entier. Aux États-Unis l’ensemble des dons s’élevait à 60 milliards $ en 1982, ils atteignent 315 milliards en 2012 !

Entreprises et ONG : de la collaboration à l’intimité

Les Ong à la recherche de financements sollicitent de plus en plus les multinationales, les fondations d’entreprises, les milliardaires. Il y a évidemment de grandes différences de pratiques de financement entre les diverses ONG, certaines comme Greenpeace ou Oxfam refusent les contributions des entreprises mais acceptent les dons des fondations issues de ces grandes entreprises ou de leurs dirigeants milliardaires. D’autres sont bien moins regardantes sur l’origine de leurs fonds. WWF a ainsi reçu 20 millions € de Coca-Cola et des fonds d’Ikea, de BP, etc. Africare est soutenue par Exxon. Le Sierra Cub aux Etats-Unis a bénéficié de 25 millions$ entre 2007 et 2010 de Chesapeake Energy, une des plus grandes entreprises engagée dans l’extraction de gaz par fracturation hydraulique. P. Dauvergne et G. Lebaron multiplient les exemples de financements importants des multinationales en faveur des ONG. Ce processus s’inscrit d’ailleurs dans le programme « Global Compact » soutenu par les Nations Unies pour favoriser les partenariats publics privés ; A l’origine de ce programme, on trouve un forum de dirigeants de grandes entreprises, l’International Business Leaders Forum3, créé en 1990. Y figurent BP, Nestlé, Exxon, Rio Tinto et Goldman Sachs. On sait comment cette banque a participé à l’organisation de la catastrophe financière. En 2012, elle a créé une fondation dont le capital initial est de 561 millions $. Elle intervient dans des programmes de soutien aux femmes dans des pays du Sud. Cela suffit-il pour qu’on lui pardonne sa rapacité ? Conservation International se distingue aussi par son partenariat avec Monsanto… Tous ces partenariats ont explosé depuis la crise de 2008, avec des ONG en recherche de financements et des entreprises en recherche de légitimité.

Actualité de la pêche en Europe et France 2014 (3e trimestre)


Revue de presse en France et Europe

Juillet/ Août / Septembre 2014

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À la une du « marin » du 25 juillet 2014 : Les pêcheurs pied au plancher sur l’obligation de débarquement 
Le marin consacre son sujet d’ouverture à l’interdiction des rejets à la pêche. La nouvelle politique commune de la pêche (PCP) obligera, dans les années à venir, à débarquer toutes les captures, en commençant par les pêcheries pélagiques. Cette obligation remet à l’ordre du jour des dispositifs de sélectivité qui minorent les captures d’espèces non ciblées ou d’individus trop petits. De nouvelles idées émergent aussi.

Également dans ce numéro du marin : la filière nautique face à un sérieux coup de froid ; un entretien avec Alain Cadec, président de la commission de la pêche au Parlement européen ; le dernier voyage du Costa Concordia sous surveillance corse ; le bon bilan semestriel des ferries sur le fret dans le détroit ; le projet Ocean Fresh Water et ses 500 emplois de marins français à la clef ; Perrigault avale le terminal Porte océane ; l’État condamné pour la mort d’un cheval liée aux algues vertes ; les conchyliculteurs charentais manifestent leur colère ; et un dossier sur La Réunion.

Cliquer Ici pour lire le marin ou aller dans le kiosk

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Europe : la malouine Isabelle Thomas désignée rapporteur du dossier pêche profonde

Information Ouest-France/Le marin,  la députée européenne Isabelle Thomas, vient d’être désignée rapporteur de l'épineux dossier de la pêche en eaux profondes.

Source : Ouest France

L'ancien rapporteur n'ayant pas été réélu, la députée européenne Isabelle Thomas a hérité du texte comprenant le compromis qu'elle avait contribué à construire. C'est donc elle qui représentera le Parlement européen lors du Trilogue (Commission européenne, ministres des pêches et Parlement). 

« Je défendrai bien sûr le compromis adopté par le Parlement européen le 10 décembre dernier. Ce compromis a été très difficile à obtenir, comme à chaque fois que les points de vue sont très opposés. Mais nous sommes parvenus à un résultat équilibré qui prend en compte à la fois les impératifs écologiques et les impératifs économiques et sociaux », indique Isabelle Thomas. Une nomination qui risque de faire des vagues chez les opposants au chalut de grands fonds.

Plus d'informations sur Ouest-France entreprises et Le Marin, du 25 juillet 2014.

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Qui veut la peau du chalut ?

Début juillet, 8 ONG signent une lettre ouverte demandant à la France de revoir ses positions sur le chalutage profond. Une attaque inacceptable pour Olivier Le Nézet, président du comité régional des pêches.

Source : pdm-seafoodmag

Dans cette lettre ouverte, signée notamment par WWF, Greenpeace ou encore Bloom, 8 ONG environnementales demandent à Ségolène Royal, ministre de l’écologie, du développement durable et de l'énergie d’intervenir pour l'interdiction du chalutage profond afin de « protéger la biodiversité marine des grandes profondeurs ». Un appel faisant suite aux données rendues publiques le 2 juillet par l'Ifremer, et réclamées par les ONG depuis 2009. D'après les ONG, ce document révéle que « le nombre de navires ayant une activité au chalutage de fond en eaux profondes est faible », et l'interdiction du chalutage au delà de 800 mètres ne concernerait qu'un seul navire français. « Aujourd’hui, Frédéric Cuvillier défend l’activité d’un seul bateau. Et encore, celui-ci ne pêche en profondeur qu’un tiers de son temps », commente Claire Nouvian, présidente de l'ONG Bloom. « Cette situation n'est plus tenable », termine François Chartier, de Greenpeace.

Une campagne difficile à accepter du côté des professionnels

jeudi 24 juillet 2014

Les Seychelles, une base lointaine de la pêche thonière européenne

Article publié en mai 2009... Toujours d'actualité au moment de la sortie de l'ouvrage : "L'or bleu des Seychelles" (lire plus bas)

Retournez une conserve de thon… Pays d’origine : Côte d’Ivoire, Seychelles, quelquefois, Sénégal, Thaïlande, parfois, Espagne, rarement, France. Du thon albacore capturé dans les eaux tropicales au large de l’Afrique, côté atlantique et côté indien, et mis en conserve dans les ports d’Abidjan, de Mahé, de Dakar,…

La semaine dernière, le passage du commissaire européen à la pêche, Joe Borg (1), dans l’archipel des Seychelles, est passé inaperçu pour la plupart des médias et tout particulièrement pour les e-média du développement durable, se délectant de la « pêche fantôme ». Pourtant, il y aurait beaucoup à dire sur cette visite à Mahé. Elle montre l’importance qu’attache Bruxelles à l’un des derniers bastions de la pêche lointaine européenne. L’Océan Indien constitue l'une des principales zones de pêche des armements européens, principalement espagnols et français, en dehors des eaux communautaires.

Le thon, une espèce stratégique

Le thon est un produit stratégique dont il est nécessaire de sécuriser l’approvisionnement. Il fait partie des trois produits de la mer les plus commercés dans le monde avec la crevette et le saumon. Il se classe parmi les 10 espèces halieutiques les plus consommées en France (Etal de la France : Poissons des 5 océans).



Bien loin le temps où la pêche thonière française était pratiquée au large des côtes européennes au gré des migrations des mattes de thon et où des ports vivaient principalement de cet infatigable voyageur des océans comme Saint-Jean-de-Luz, Yeu, Groix, Concarneau,…

Depuis, la pêche thonière française s’est déplacée dans les eaux tropicales au large des côtes africaines et s’est transformée radicalement. Les Thoniers Dundées, les Thoniers-Coquillers et autres bateaux traditionnels ont été remplacés par des thoniers-senneurs parmi les plus grands bateaux de pêche dans le monde. D’une activité artisanale et hauturière, la pêche thonière est devenue une activité industrielle regroupée autour de quelques armements européens, espagnols, français et italiens. (La même tendance a été constatée pour le thon rouge en Méditerranée, bien que très médiatisée cette espèce est marginale parmi les thonidés). Après l’atlantique avec comme bases, Dakar puis Abidjan, les thoniers-senneurs européens se sont déplacés sur un nouveau territoire de pêche, l’Océan Indien avec comme base avancée, Mahé aux Seychelles.

Mahé, une base lointaine à sécuriser

En tant que base avancée, débarquement des captures, mise en conserve du thon, renouvellement des équipages et approvisionnement en carburant et en nourriture, Mahé est un grand port thonier d'où s'organise une grande partie de la pêche thonière dans l'Océan Indien .

Depuis quelques mois, l’économie des Seychelles est à bout de souffle et la piraterie somalienne gène considérablement les activités halieutiques. C’est pourquoi la visite du commissaire européen était très attendue.

Passage du discours du Commissaire Joe Borg à Mahé, Seychelles, 18 Mai 2009 : « Ouvrir la voie vers une économie durable... L'Europe et les Seychelles sont également liées par des liens commerciaux étroits. L'UE est, en fait, le principal partenaire commercial des Seychelles. Une composante essentielle de l'économie des Seychelles est, bien entendu, le secteur de la pêche. Les Seychelles ont le port de pêche en termes de débarquements de thon, le plus important de l'Océan Indien. Par conséquent, le poids de la filière thonière est important tant pour l'économie du pays et que pour l'emploi. En 2006, ce secteur a représenté 23% du PIB des Seychelles et les produits de la pêche représentent plus de 63% des exportations totales. L’accord de partenariat de la pêche (APP) entre l’Union Européenne et les Seychelles est le plus important de la région. »

Seychelles : Exportation des cartons de conserve de thon par pays pour les années 2006 et 2007

Pour les Seychelles, le marché principal (et même exclusif en 2007) est l’Union Européenne. L’archipel exporte surtout des conserves de thon représentant 9% du marché européen en 2007. Il détient la cinquième place parmi les principaux exportateurs vers l'UE.
Source : Atuna


« Ouvrir la voie vers une économie durable » pour qui ?

Alors que des armements renforcent leur présence dans le thon, comme la société française SAPMER qui a investi dans la construction de trois thoniers-senneurs, il était important que le commissaire européen à la pêche vienne soutenir le gouvernement seychellois.

Mais se posent des questions en cette période de renégociation des Accords de Partenariat Economique (APE) entre l’Europe et les pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Veut-on réellement aider les pays ACP à développer l’exploitation de leurs propres ressources naturelles, notamment leurs ressources halieutiques, ou souhaite-t-on sécuriser les sociétés européennes dans l’exploitation des ressources naturelles africaines ?

mercredi 23 juillet 2014

News de la pêche dans le monde : Afrique, Asie, Amérique et Océanie


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

3e trimestre 2014 : Juillet / Août / Septembre 2014

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Le 25 Juillet 2014

Nouvelles approches pour l'évaluation de l'état du stock et du potentiel de production de la pêche dans le monde

Source : FAO - 25 Juillet 2014

Les captures de poisson représentent une ressource essentielle tant alimentaire qu’économique pour de nombreuses personnes dans le monde. Avec l’augmentation des populations côtières (+35% dans les 20 prochaines années), la demande de poisson va continuer à augmenter et avec elle la nécessité d'une gestion durable des ressources aquatiques.

L'état du stock est un paramètre clé pour l'évaluation de la durabilité des ressources halieutiques et le développement de plans de gestion adéquats. Alors que gestionnaires et décideurs ont besoin d'informations sur l'état des stocks de chaque espèce de poisson pour développer des stratégies de gestion efficaces, la connaissance de l'état du stock et du potentiel de production de la pêche reste un défi majeur. Beaucoup de stocks ne sont pas évalués, souvent en raison du manque de données et d'un manque de ressources nécessaires au travail d'évaluation.

Les Département des pêches et de l'aquaculture de la FAO vient de publier une étude, « Développement de nouvelles approches pour l'évaluation de l'état du stock et du potentiel de production de la pêche dans le monde » (Developing new approaches to global stock status assessment and fishery production potential of the seas). Cette étude représente une étape importante pour analyser les performances des méthodes qui peuvent être utilisées pour estimer l'état du stock. Le document met l'accent sur deux méthodes pour estimer l'état de la pêche : l'une fondée sur le statut unique stock, et l'autre basée sur la production de l'écosystème. Les résultats ne sont pas destinés à fournir des conseils directs pour motiver les mesures de gestion des pêcheries, mais pour donner une indication de la santé des stocks de poissons et de leur potentiel de production.

Cliquer Ici pour télécharger "Developing new approaches to global stock status assessment and fishery production potential of the seas" (Développement de nouvelles approches pour l'évaluation de l'état du stock et du potentiel de production de la pêche dans le monde)

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Le 24 Juillet 2014

Conférence grand public sur l’Or Bleu des Seychelles

L’Ambassade de France aux Seychelles et l'Autorité de la pêche des Seychelles (SFA) ont organisé une conférence grand public sur l’Or Bleu vendredi 20 juin 2014 à Victoria, la capitale. Environ 70 personnes étaient présentes, dont le Ministre des Affaires Etrangères, M. Jean-Paul Adam, l’Ambassadeur des Seychelles pour la région Océan Indien, M. Calixte D’Offay, et l’Ambassadeur de France aux Seychelles, Mme Geneviève Iancu. Mme Iancu a salué le talent et l’expérience des trois co-auteurs qu’elle a qualifiés de témoins vivants du développement de la pêche au thon aux Seychelles.

Source : CTA

Le Seychellois Philippe Michaud et les Français Francis Marsac et Alain Fonteneau ont trouvé utile de retracer dans un livre, l’histoire de la pêche au thon aux Seychelles.L’ouvrage qu’ils ont intitulé ‘L’Or Bleu des Seychelles’, part des années 70 avec les premiers plans du gouvernement d’alors de l’exploitation du thon aux Seychelles. Il raconte ensuite les différentes étapes de cette activité importante pour l’économie du pays, allant des recherches, passant par la négociation avec les armateurs Européens et Japonais, l’arrivée des premiers thoniers, un début de pêche difficile, le développement des infrastructures, et les différentes évolutions dont la piraterie, jusqu'une activité importante et profitable aujourd’hui.

jeudi 17 juillet 2014

Revue de presse 2014 (6) : Aquaculture, conchyliculture, pisciculture, algoculture,...


Mortalité des huîtres 2014

Ifremer. La campagne RESCO 2014 est lancée

Les différents lots sentinelles ont été déployés sur l'ensemble des sites-ateliers pour la nouvelle campagne RESCO 2014.
Source : Ifremer - Observatoire conchylicole

Bulletin n°1 du 19 mai 2014 : Ifremer - Resco
Bulletin n°2 du 28 mai 2014 : Ifremer - Resco

Ostrea.org et ses forums

Mortalités des huîtres : Constatations et Achat/vente de naissain

13 mai. C'est parti sur les coupelles à Fouras...
14 mai. Premières mortalités sur triplo dans le Golfe
15 mai. Mortalité en Rade de Brest sur naissain naturel


Le 25 Juillet 2014

L'aquatourisme

http://www.aqua-tourisme.fr/les-piscicultures-proches/

Bienvenue à la pisciculture !

Pêche à la truite - Visite de pisciculture - Vente directe

Cliquer Ici pour trouver une pisciculture

L'aquatourisme, c'est quoi ?

Week-end à deux, vacances en famille, séjour entre amis... aujourd'hui les occasions sont nombreuses pour partir à la redécouverte de notre environnement ; et c'est de cette tendance de recherche d'authenticité, de local, de proximité, et de cet engouement pour notre patrimoine qu'est né l'aquatourisme. Avec près de 600 sites de production piscicole, répartis dans toutes les régions, les pisciculteurs ont à coeur de partager leur savoir-faire et de faire découvrir leur exploitation.

Avec l'aquatourisme, les professionnels dont les sites sont propices à l'accueil du public vous proposent un parcours à travers la France pour découvrir le métier, se rencontrer, mais aussi se détendre et profiter du grand air avec la pêche de loisir. Journées portes ouvertes, parcours de pêche à la truite, vente directe ou tout simplement visite de pisciculture, notre carte de l'aquatourisme vous permet d'aller à la rencontre des pisciculteurs de votre région !

Pour en savoir plus : Aquatourisme

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Le 24 Juillet 2014

Mont Saint-Michel. La saison des moules de bouchot démarre



Les moules AOP de la baie du Mont Saint-Michel sont sur les étals. Elles doivent respecter un cahier des charges strict.

Source : Ouest France par Stéphanie Bazylak

Chaque année, c'est la même chose. Après 16 à 18 mois passés à grandir dans les eaux riches de la baie du Mont Saint-Michel, les moules de bouchots ont atteint leur maturité et attendent d'être dégustées. Mais pour être labélisées Appellation d'origine protégée (AOP), elles doivent respecter un cahier des charges strict.

Le label AOP assure en effet au consommateur la provenance de la moule, une chair « généreuse, ample et appétissante », l'identité du mytiliculteur et, enfin, des contrôles rigoureux et fréquents pour vérifier le goût, la texture et la présentation de la moule. Le label assure également le respect de la saison, de juillet à février.
Plusieurs mois

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5 conseils pour préparer les moules de bouchot du Mont Saint-Michel

La star des mollusques démarre sa saison. La récolte a commencé et les consommateurs peuvent déjà la déguster. Pour ce cru 2014, les mytiliculteurs évoquent une moule de bouchot charnue et très colorée. Reste à connaître les astuces pour les préparer. Voici tous les conseils avec le Comité AOP "Moules de bouchot de la baie du Mont Saint-Michel".

Source : La Montagne

1/ Attention à la coquille

Il est conseillé d'acheter les moules fraîches dont les coquilles ne sont pas abîmées ou ne baillent. Celles-ci doivent être humides et fermées.

2/ 500g par personne

Les recommandations portent à 500g la portion par personne. Cela équivaut à 175g de chair.

3/ A conserver au frais

Après achat, les moules de bouchot se conservent dans le bac à légumes du réfrigérateur. Il est impératif de les manger dans les deux jours, pour profiter de toute leur saveur.

4/ Gratter les coquilles

Avant de les mettre dans une marmite, ou une gamelle, il convient de gratter les coquilles pour enlever les coquillages. Mais, sachez que compte tenu de l'élevage sur bouchots, les mollusques ne contiennent que très rarement du sable ou des petits crabes dans leurs coquilles.

5/ Laissez-vous aller à l'inspiration culinaire

Au roquefort, à la crème, marinières... Les moules de bouchot se prêtent à de nombreuses recettes, plus ou moins élaborées. Même les pires cuisiniers peuvent réussir à la préparer. Le Comité AOP leur conseille par exemple de les cuire sanS eau, avec un peu de sel, après les avoir grattées et lavées. Il suffit d'attendre qu'elles soient ouvertes pour les déguster

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La Plaine-sur-Mer / Loire-Atlantique

L'entreprise Baudet : mytiliculteurs depuis trois générations

Hugo Baudet et sa compagne Marion ont repris l'affaire familiale en 2011Hugo Baudet et sa compagne Marion ont repris l'affaire familiale en 2011

Source : Le Courrier du Pays de Retz

L’atout culinaire de La Plaine sur Mer, c’est sa moule de bouchot. Ce petit mollusque qui fait le bonheur des pêcheurs à pied est aussi un vecteur économique majeur pour la commune. Une entreprise tient les rênes en ce domaine. Et cela dure depuis 60 ans. Créée en 1954 à Port-Giraud par le conchyliculteur Jean Donarier, elle est reprise en 1966 par Pierre Baudet. Son fils Patrick lui succède en 1978. La société compte une quinzaine de salariés, auxquels s’ajoute une dizaine de saisonniers.

Devenue à l’étroit dans ses murs, et souhaitant poursuivre son développement, Patrick et Marie Baudet décident de déplacer l’entreprise dans la zone d’activité du Marais, entre la Prée et la Tara où elle trouve place en 2007. Les locaux, plus vastes et fonctionnels, aux normes sanitaires européennes, se dotent d’un système de douchettes alors unique en France, servant à purifier les coquillages avant leur mise en vente. Aujourd’hui des bassins de purification encore plus performants remplacent ce système.

Une entreprise qui se visite !

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Pays-Bas, Zélande : le premier jour de la récolte des moules, un événement à Yerseke

Reportage en Zélande, région du sud des Pays-Bas qui produit la moule de la Braderie de Lille. Début septembre 800 tonnes seront englouties par les quelque 2 millions de visiteurs. Mercredi 16 juillet, événement à Yerseke avec le premier jour de récolte. 

Récolte des moules en vue de la braderie de Lille



Source : France 3 Nord Pas-de-Calais

Ce sont les stars de la braderie - les moules - consommées sans modération... Savez-vous qu'elles proviennent majoritairement des Pays-Bas ? La récolte vient tout juste de débuter là-bas. Direction la petite ville d'Yerseke, sur l'Escaut oriental où se sont rendus Marie-Noëlle Grimaldi et Dominique Dumont. Voici leur reportage ci-dessus.

Si le mosselman trône à l'entrée du port, c'est que depuis 150 ans, à Yerseke, toute l'économie tourne autour de la mytiliculture. Cette petite ville de 6500 habitants est le plus gros producteur de moules du pays, 70 navires récoltent le coquillage.

Alors après trois mois de pause dans la production, le premier jour de récolte est un véritable événement.

mercredi 25 juin 2014

Yan Giron analyse la campagne de WWF Australie sur la protection des requins

Yan Giron nous explique que cette affiche de la dernière campagne de WWF Australie sur la protection des requins, dépasse le cadre de cette campagne... C'est une affiche de propagande ! 

En apparence on comprend que l'objectif est de montrer que c'est la consommation de soupes de requins asiatiques qui tire le commerce et la pratique de la découpe d'ailerons de requins. Mais cette illustration adresse en fait un autre sujet de part son slogan "STOP ONE. STOP THEM ALL". Où bien entendu on parle des consommateurs chinois, mais surtout des Chinois tout court. Le renouveau du péril jaune.

Ce slogan parle en fait plus aux opinions publiques australiennes dans un contexte de tensions sur la mer de Chine du Sud, dans celui d'un sommet 2014 Shangri-La sur la sécurité dans la sous-région qui a été très tendu entre les USA et la Chine, dans un contexte de consolidation du pivot américain Asie Pacifique qui s'appuie sur les deux axes détroit de Malacca et Australie/Guam, et enfin dans un contexte australien d'attaques requins et d'affrontement entre les ONGe ultra anti pêche requins et un gouvernement qui essaye de gérer le risque requins.

Regardons de plus près les messages graphiques associés à cette affiche. Les Européens qui sont  familiarisés avec l'Asie du Sud Est reconnaîtront des pêcheurs issus de l'Asie du Sud, du Sud-Est et de la bordure Pacifique (peau plus foncée), c'est-à-dire Philippins, Indonésiens, Malais, esclaves de la domination historique chinoise, pauvres, et tueurs à gages que l'on recrute pour une bouchée de pain, vecteur d'insécurité dans les mégapoles de l'Asie du Sud Est et les lieux touristiques fréquentés par les nantis de la sous-région. Avec du sang jusqu'aux coudes et victimes de leurs conditions, voire esclaves embarqués.

lundi 23 juin 2014

Europe Bleue : Les petits métiers de la pêche entrent en résistance...

Pêche : Petits métiers en résistance...

Au moment de la réforme de la politique commune de la pêche (PCP), Commission européenne et Ong environnementales affichaient leur soutien à la pêche artisanale... Cet affichage aux côtés des petits métiers de la pêche, un leurre ?

A Rome, 143 Etats membres réunis pour la 31ème Session du Comité des Pêches de la FAO (COFI 31), ont adopté le premier instrument international pour la pêche artisanale. Cet instrument prend la forme des Directives d’application volontaire visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale dans le contexte de la sécurité alimentaire et de l’éradication de la pauvreté (Directives sur la pêche artisanale). Le Président du Comité a dédié les Directives à Chandrika Sharma, en reconnaissance de son travail inlassable, de son leadership et de sa contribution immense au développement de l’instrument. Chandrika Sharma, la Secrétaire Exécutive du Collectif International d’Appui à la Pêche Artisanale (ICSF - CIAPA), a disparu à bord du vol Malaysia Airlines MH370 le 8 mars 2014. (Source : René-Pierre Chever - CDPM 29)

Partout, en Europe, des pêcheurs artisans entrent en résistance contre la politique communautaire qui ne prend pas en compte leur spécificité... Particularité et diversité de petits métiers pourtant multiséculaires... Petits métiers reconnus mondialement le 10 juin 2014 à Rome : Journée historique pour la pêche artisanale mondiale. Et mis à l’honneur en cette année 2014 décrétée par l’Onu, Année internationale de l’agriculture et de la pêche familiales...

En méditerranée, les prud’homies de pêche souhaitent sortir de la PCP qui asphyxie leurs activités...

Pêcheurs empêchés de pêcher

http://www.france3.fr/emissions/avenue-de-l-europe/diffusions/14-06-2014_245911
 Copie d'écran du reportage : Pêcheurs empêchés de pêcher (16 minutes)

Sur France 3, l'émission "Avenue de l'Europe" vous emmène aux pays des thons et des saumons sauvages. Jean Yves Serrand et Loïc Lemoigne sont partis au bon moment en Irlande dans l'île d'Arranmore et en Sardaigne dans l'île de San Pietro : à l'époque où les saumons quittent la mer et remontent dans les rivières puis à celle où les thons se font piéger par les pêcheurs lors du Girotono....

Dans les deux pays, les gouvernements ont fait des choix condamnant la pêche traditionnelle. En Irlande, une minorité de pêcheurs continuent à se battre contre l'interdiction de la pêche en mer du saumon. Ils gagnent des points mais très très lentement. Ces petits pêcheurs demandent à l'Union européenne le droit de continuer à exercer leur activité, au titre de la protection des peuples indigènes. En Sardaigne, les pêcheurs de thon ont réussi à créer un évènement touristique autour de leur pêche : Caloforte est le dernier port à pratiquer la mattanza, la pêche traditionnelle au thon rouge. Dorénavant, elle n'a plus lieu qu'une fois par an lors du Girotonno, un concours international de cuisine du thon rouge. Pour en savoir plus et visualiser le reportage (16') : Pêcheurs empêchés de pêcher

Les doléances des prud'homies méditerranéennes


Le 5 juin 2014, une délégation de prud'hommes des régions PACA, du Languedoc-Roussillon et de Corse, est reçue à Paris au Ministère de la pêche par la Directrice des pêches maritimes et de l’aquaculture (DPMA), le Sous-directeur de la DPMA, le Directeur Interrégional de la Méditerranée et le Directeur Mer et Littoral (DML) des Alpes-Maritimes

Compte-rendu de cette rencontre par Bertrand Cazalet :

La réunion a été organisée à l’initiative de M. Denis GENOVESE, prud’homme major d’Antibes. Le sujet central de cette réunion portait sur l’affaiblissement progressif des prud’homies, leur perte de légitimité, de compétences et de capacités de gestion face à la multiplication des règles et contraintes européennes le plus souvent inadaptées aux caractéristiques de ces communautés de pêcheurs. Les personnes présentes ont donc tout d’abord souhaité témoigner de leur profond malaise, doublé d’une colère grandissante devant la dégradation de leurs conditions de vie et de travail. Ces sentiments s’expriment tant individuellement, en tant que prud’hommes responsables de la gestion et de l’avenir de leurs territoires, que collectivement au nom de l’ensemble des pêcheurs représentés.

Les pêcheurs professionnels n’arrivent plus à intégrer et accepter des décisions imposées par le haut, souvent peu ou pas négociées et qui s’avèrent in fine mal adaptées, difficilement applicables, voire contreproductives et de plus en plus couteuses. Ces règles contribuent à faire disparaitre progressivement leur profession plutôt qu’à les accompagner vers un développement durable et reconnu de leur activité. Dans de nombreux départements méditerranéens, on constate des arrêts prématurés, définitifs ou partiels des activités (plans de sortie de flotte), ainsi qu’un découragement des plus jeunes face aux difficultés d’installation et de viabilité à long terme du métier. Le sentiment de n’être absolument pas pris en compte par les instances européennes s’exprime à travers de nombreux exemples évoqués lors des discussions : permis à point, multiplication des régimes d’autorisations et des contraintes professionnelles (pesées débarquements, sécurité, géolocalisation, etc.), contingents d’autorisations et de quotas (thon rouge, poutine, gangui, senne de plage, etc.). L’UE ne considère absolument pas la situation, les caractéristiques, les contraintes et les besoins des pêcheurs méditerranéens.

samedi 21 juin 2014

Poissons : histoires de pêcheurs, de cuisiniers et autres.

Un beau pavé dans la mer des idées reçues

Au plaisir des yeux et des sens

Poissons : histoires de pêcheurs, de cuisiniers et autres.

Elisabeth Tempier

Editions Libre et Solidaire, Paris, 2014, 280 p.

Un beau pavé dans la mer des idées reçues

Ils sont magnifiques, les flamants roses, et on se réjouit de l’augmentation de leur nombre, c’est bon pour le touriste. Pourtant « les flamants roses sont une catastrophe, car ils sont un indicateur de déséquilibre du lieu ». « Plus il y a de flamants roses, plus le milieu est pauvre ». C’est compliqué, la biodiversité… Le livre d’Elizabeth Tempier fourmille de perles de ce genre qui bousculent à chaque page les idées reçues. Ce sont parfois des analyses de scientifiques mais le plus souvent des remarques de pêcheurs qui, au jour le jour, voient la mer et ses ressources se modifier. Elisabeth Tempier sait écouter les pêcheurs, elle aime particulièrement ses proches amis, les pêcheurs du Var, qu’elle voit de sa fenêtre partir en mer, quand le temps le permet. Elle est aussi secrétaire de la Prudhomie de Sanary, où elle est en permanence aux côtés des pêcheurs pour les accompagner et parfois les suivre en mer. Elle retranscrit la langue savoureuse des pêcheurs et peut ainsi rendre compte de leur immense savoir, de leur connaissance très fine du comportement des poissons, de l’évolution des ressources et du milieu. On mesure aussi la précision et la complexité de leurs techniques de pêche. Si l’essentiel des témoignages sont liés à l’expérience méditerranéenne des prudhomies, l’auteure a également su tirer parti de ses multiples contacts et voyages, en particulier en Bretagne. Il faut lire l’histoire du bar et du lançon, racontée par Robert Bouguéon, l’ancien président du Comité des pêches du Guilvinec, puis du Finistère, pour comprendre comment deux jeunes pêcheurs ont bouleversé les habitudes des bars et mis en péril leur pêche à la ligne.

Une remise en cause radicale des modes de gestion dominants

De son petit port de Sanary, animé par le va-et-vient d’une dizaine de bateaux, Elisabeth Tempier a posé les bases d’une remise en cause radicale des approches dominantes de la gestion des pêches, celle des scientifiques, comme celle des ONG environnementalistes. Les Scientifiques privilégient la gestion basée sur les quotas. Si elle est adaptée à des pêcheries monospécifiques, elle ne l’est guère pour toutes les pêcheries multispécifiques, dominantes en Atlantique, comme en Méditerranée. Sur le modèle des prudhomies, qu’elle a contribué à faire connaître et à valoriser, elle constate qu’une approche territoriale des pêches est plus adaptée à la diversité des écosystèmes mais aussi aux systèmes complexes qui tissent des liens entre les ressources, les milieux, les marchés, les organisations sociales et territoriales. L’uniformité des modes de gestion prônée par l’Europe est une catastrophe qui se traduit par des iniquités, des contraintes inouïes et souvent des mesures imbéciles. La dernière en date est l’interdiction totale des derniers filets dérivants qui condamne à la disparition des pêcheries séculaires. Tout récemment, des représentants de prudhomies viennent d’ailleurs de demander de sortir totalement du système de gestion européen pendant quelques années, pour tester la validité de leur gestion collective. Un mouvement de révolte contre les iniquités et les absurdités de la gestion autoritaire qui devrait faire école.


jeudi 19 juin 2014

Revue de presse 2014 (5) : Aquaculture, conchyliculture, pisciculture, algoculture,...


Mortalité des huîtres 2014

Ifremer. La campagne RESCO 2014 est lancée

Les différents lots sentinelles ont été déployés sur l'ensemble des sites-ateliers pour la nouvelle campagne RESCO 2014.
Source : Ifremer - Observatoire conchylicole

Bulletin n°1 du 19 mai 2014 : Ifremer - Resco
Bulletin n°2 du 28 mai 2014 : Ifremer - Resco

Ostrea.org et ses forums

Mortalités des huîtres : Constatations et Achat/vente de naissain

13 mai. C'est parti sur les coupelles à Fouras...
14 mai. Premières mortalités sur triplo dans le Golfe
15 mai. Mortalité en Rade de Brest sur naissain naturel


Cliquer Ici pour la suite de la revue de presse aquacole : juillet 2014

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Actualités aquacoles de Juin 2014

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Le 30 Juin 2014

Exposition "Gestes des pertuis"

Exposition "Gestes des pertuis" - crédit Yves Ronzier - Graphisme : Atelier Malax - Communauté de communes de l’île d’Oléron

Du 14 juin 2014 au 11 janvier 2015

Le Musée de l’île d’Oléron

Photographies du patrimoine et des activités maritimes du Pays Marennes Oléron par Yves Ronzier, photographe de mer.

Façonnant le territoire dans lequel elles s’inscrivent, lui conférant une spécificité et un caractère unique, les activités professionnelles locales de l’ostréiculture, la mytiliculture, la pêche en mer, la pêche à pied ou l’aquaculture sont aujourd’hui confrontées à une méconnaissance des pratiques de travail qui ont évolué et à un déficit d’image...

Fort de ce constat, une démarche collective de valorisation du patrimoine et des activités maritimes a été engagée sur le Pays Marennes Oléron à la demande des organisations professionnelles locales de la pêche et des cultures marines, afin de créer et valoriser une base de données photographiques, audiovisuelles et de témoignages...

L’exposition, mettant en exergue la réalité qu’offrent ces métiers de la mer, est une des déclinaisons de ce projet collectif. Le parti pris est de donner toute son importance à l’humain (gestes, organisation, outils de travail, savoir-faire…) en ciblant la réinvention permanente du travail par l’homme dans son environnement.

vendredi 13 juin 2014

News de la pêche dans le monde : Afrique, Asie, Amérique et Océanie


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

2e trimestre 2014 : Avril / Mai / Juin 2014

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Cliquer Ici pour la suite de la revue de presse : Juillet / Août / Septembre 2014

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Le 2 juillet 2014

La croissance bleue – Exploiter le potentiel des mers et des océans


Il est temps de changer radicalement notre gestion des océans

02 Jul 2014 - Aujourd’hui, le secteur des pêches héberge une industrie multimilliardaire d’une importance cruciale, comme source de nourriture, d’emplois, d’échanges commerciaux, de bien-être économique et de loisirs. Source : FAO

Qu’est-ce que la croissance bleue?

Le  concept d’"économie bleue",  apparu à la Conférence Rio+20 de 2012, privilégie la conservation et la gestion durable, en partant du principe que des écosystèmes marins sains sont plus productifs et représentent le seul moyen de garantir la durabilité des économies basées sur la mer.

Afin de soutenir le passage à cette nouvelle approche, la FAO a mis en place une Initiative Croissance bleue, par laquelle elle aidera les pays à élaborer et à mettre en œuvre une économie bleue et des agendas de croissance.

Pourquoi la croissance bleue?

La croissance bleue cherche à tirer un plus grand parti du potentiel des océans, des mers et des côtes pour :
  • éliminer les subventions des pêches qui sont néfastes et contribuent à la surpêche, et les remplacer par des mesures incitatives visant à améliorer la conservation, à assurer la durabilité des pêches et à mettre fin à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée;
  • développer les secteurs à fort potentiel d’emplois durables tels que l’aquaculture, le tourisme et la biotechnologie marine;
  • assurer des mesures personnalisées propres à favoriser la coopération entre les pays;
  • faciliter l'élaboration de politiques, l'investissement et l'innovation au profit de la sécurité alimentaire, de la réduction de la pauvreté et de la gestion durable des ressources aquatiques.

Comment sera-t-elle mise en œuvre ?
  1. Aquaculture – Elevage responsable de poissons, coquillages et plantes marines.
  2. Biotechnologie bleue – Exploration de la biodiversité marine qui pourrait nous  permettre de développer de nouvelles enzymes pharmaceutiques ou industrielles capables de résister à des conditions extrêmes et très prisées sur le plan économique. 
  3. Tourisme côtier et maritime –  Elaboration et mise en œuvre de plans d’aménagement de l’espace maritime et de stratégies de gestion côtière.
  4. Ressources minérales – Offre d’incitations économiques pour explorer les ressources minérales des fonds marins.
  5. Energie bleue – Exploitation des énergies renouvelables offshore de nouvelle génération pour leur potentiel, en termes de création d’emplois et de sécurité énergétique.

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Plaidoyer pour l'économie bleue, par Pascal Lamy



La haute mer doit être déclarée zone protégée pour pouvoir se régénérer : c'est l'appel que lance l'ancien patron de l'OMC avec la Global Ocean Commission, qui vient de rendre son rapport.

Source : Le Point - par Pascal Lamy

Des millions de vacanciers dans l'hémisphère Nord se préparent à profiter de la mer lors de leur repos estival. Sans réaliser qu'ils seront au bord d'un univers en danger.

mercredi 11 juin 2014

Commission Océan Mondial. Haute Mer : Terrorisme et Surpêche sans frontières

Article publié le 13 févier 2013... Depuis... La Commission Océan Mondial propose d'interdire la pêche en haute mer (au delà des 200 milles marins). Ciblée... La pêcherie de thon tropical !

Haute Mer. Terrorisme et Surpêche sans frontières

Quand François Hollande part en guerre dans le Sahara malien... C’est pour arrêter la progression du terrorisme. « Les terroristes doivent savoir que la France sera toujours là lorsqu’il s’agit non pas de ses intérêts fondamentaux mais des droits d’une population, celle du Mali, qui veut vivre libre et dans la démocratie. » (1)

Quand d'anciens membres de gouvernement comme l'ex-ministre des Affaires étrangères britannique David Miliband, créent la commission internationale sur les océans le 12 février 2013.... C’est pour travailler sur une réforme du droit de la mer et lutter contre la surpêche en haute mer...

Pourquoi lier ces deux évènements me direz-vous ?

samedi 7 juin 2014

Mortalités des moules : Nouvelles pathologies « inconnues »?

Les mortalités mytilicoles sont-elles de nouvelles pathologies « inconnues »?

Pas vraiment mais elles représentent un risque différent !

Jean-François Le Bitoux, Vétérinaire en aquaculture

Billet n°11

Manifestation des éleveurs de moules de la baie de l'Aiguillon en avril 2014 (photo Ouest France)

Cliquer Ici pour accéder à la revue de presse sur la mortalité des moules dans la baie de l'Aiguillon / Pertuis breton

Ce 3 juin 2014, on dispose encore de peu d’éléments « officiels » pour analyser les mortalités mytilicoles récentes. Le journaliste Philippe Baroux a rencontré récemment les partis concernés et ce qu’il nous apporte « C’est du lourd » : tout y est ou presque ! (Journal le Sud-Ouest du 05/04/2014 et 13/04/2014). Ces informations – relayées par l’auteur de ce blog, sinon je passais à côté - sont suffisantes pour faire une hypothèse de travail en accord avec mon expérience du terrain. Cette hypothèse de travail ne nait pas de cette unique source d'informations mais prend forme parce que j’ai vécu des mortalités similaires et que j’ai pu les étudier de manière approfondie à différentes échelles. De ces conclusions, des techniques d’intervention peuvent découler en temps utile selon la demande, mais ce sera une autre histoire.

Face à ce nouveau coup du sort qui affecte la Profession, j’ai été stupéfié de la position de la Recherche. Sa réponse à ces nouvelles catastrophes écologique, économique et sociale est un appel désespéré à l’Administration (Cultures Marines n°276) ! « La crise nécessite un outil administratif d’urgence ». Après plus d’un siècle de mortalités conchylicoles le long des côtes françaises, on peut penser que si l’Administration avait une solution, elle l’aurait déjà mise en œuvre ! C’est sans doute une illustration d’une note de l’anthropologue économiste Paul Jorion : dans les domaines des petits métiers de la mer « l’Etat a laissé s’installer une situation dont, en fait, il tire profit » (Les pêcheurs d’Houat p. 156).

Au cours du mois de mars 2014, les mytiliculteurs de la Baie de l'Aiguillon / Pertuis breton ont perdu près de 10 000 tonnes de moules en élevage sur filières ou bouchots des côtes vendéennes et charentaises... 10.000 tonnes de moules, soit 20 millions d'euros de pertes, 70 entreprises impactées et 300 emplois directs... 10.000 tonnes de moules, c'est 1/6 de la production mytilicole de la France...

Quelques mots pour souligner l’inutilité d’aller chercher des excuses du côté du réchauffement de la planète ou de l’acidification des océans. Ces paramètres auront un impact océanique à terme mais ce ne sont pas des paramètres locaux majeurs. Il existe déjà des impacts qu’on ne peut nier : l’huître s’est installée dans des pays nordiques en quelques années où elle est considérée comme une espèce invasive. En France, elle progresse aussi hors des sites de cultures. C’est un paradoxe intéressant ; si les pathogènes se promenaient en mer de manière agressive, ne devraient- ils pas aussi affecter ces populations ? Peut-être faut-il creuser cette hypothèse et chercher des liens avec des mortalités conchylicoles sauvages ? Pour autant au niveau local ce réchauffement peut devenir un avantage à gérer.

Les dernières nouvelles d’AquaBlog et du journal Sud-Ouest annoncent : Après l'herpès de l'huître, le Vibrio de la moule... (29 Mai 2014 ). L’apparition d’une « nouvelle bactérie tueuse » risque de détourner l’attention. La vie des aquaculteurs de crevettes de Nouvelle-Calédonie fut perturbée pendant plus de 20 ans par une vibriose d’été, puis une vibriose d’hiver. Tout le monde a perdu son temps à chercher à contrer cette bactérie alors qu’il fallait apprendre à vivre avec elle. Ils avaient tout pour créer une industrie moderne et performante et j’ignore s’ils ont su adapter leur zootechnie. Des collègues américains viennent de « repartir en guerre » contre un autre Vibrio dans les élevages de crevettes asiatiques. Encore une perte de temps pour les éleveurs. Ce Vibrio et tous les autres font partie de symptômes créés par les conditions changeantes. Ils contribuent forcément aux mortalités induites mais ils n’en sont pas la cause originelle. Transporté avec des animaux malades, un tel Vibrio opportuniste peut devenir le paramètre déclenchant de mortalités dans un écosystème affaibli mais il ne fait que révéler des faiblesses locales encore inconnues. Certains ostréiculteurs qui circulent d’un bassin à un autre le constatent à leurs dépens et parfois aux dépens de tous ! En mytiliculture, en ostréiculture comme en crevetticulture, en écosystème aquatique, le risque pathologique nait d’abord et avant tout de conditions environnementales dégradées et des stress subis par les animaux. Tout progrès zootechnique implique de compenser cette usure naturelle !

mardi 3 juin 2014

Les méthodes de travail de la Recherche

Impossible de faire court, il y a trop de fondamentaux en question. Une des difficultés majeures de la méthode cartésienne est de découper la réalité en pièces de puzzle puis d’oublier les liens qui construisent et font fonctionner le puzzle. Cette méthode se révèle insuffisante quand le puzzle évolue vers un fonctionnement pathologique et qu’il faut le remettre en état physiologique : il faut en respecter toutes les pièces et les reformater pour qu’elles fonctionnent normalement à nouveau.

Jean-François Le Bitoux

Billet n°10 - le 3 juin 2014

D’abord un point de la situation

Nous nous étions lancés un défi : Résoudre en 2014 les mortalités ostréicoles, Chiche ? Mais nous comptions sur une aide, sur l’aide de lecteurs pour y parvenir. Pourquoi si peu de retour, de besoin ou de volonté de discussion, si peu de témoignages et si peu de questions ? Cette rubrique serait-elle un coup d’épée dans l’eau, alors que la profession vient de prendre une nouvelle claque ? Au moment où je rédige ce billet, les mortalités mytilicoles du printemps restent officiellement inexpliquées mais un « Vibrio splendidus » pourrait être mis en cause. Autant de nouvelles questions dérangeantes pour tous les « scientifiques » de la terre, celui qui dit l’être, le Chercheur, celui qui utilise une cohérence quotidienne plus expérimentale, le Professionnel, et ceux qui cherchent d’autres cohérences dans leurs cultures de référence, le Politique et l’Administrateur. Ces derniers ne cherchent pas à résoudre les pathologies en cours ; ils aimeraient que les différents codes juridiques qui structurent et régulent la société française depuis deux ou trois siècles, s’imposent aux lois de la physicochimie jeunes de quelques milliards d’années et toujours identiques. Ils font donc des expérimentations à l’échelle nationale sans même chercher à résoudre ces difficultés à l’échelle locale – ce qui semble scientifiquement raisonnables. Une expression utilisée lors du débat sur les marées vertes reste d’actualité : « On attendait un médecin, on a vu arriver la gendarmerie » !

Comment est-il possible de rester si ignorant après plus d’un siècle de « travaux scientifiques » en France et dans le monde ? Et si c’était réellement un aveuglement partagé ? Existe-t-il une « guerre culturelle » entre les trois partis concernés ? - comme le conclut Christine Keiner (The oyster question, 2009) après enquête sur les échecs de politique ostréicole en baie du Chesapeake, haut lieu historique de l’ostréiculture aux USA. Compte-tenu de mes quarante ans de succès et d’échec en aquaculture marine de crevettes, en France et ailleurs, je souscris à cette hypothèse de travail. C’est une manière de dire que les solutions bien qu’écologiques et économiques, ne seront pas mises en œuvre si le débat n’est pas technique mais culturel. Mais j’espère me tromper ! A moins que la situation ne se dégrade plus encore et que ce bel équilibre soit menacé ? Par exemple que des proliférations d’algues rouges, bleues vertes, etc. asphyxient un peu plus notre quotidien comme le font les pics de pollutions de l’air ? Car ces symptômes expriment aussi des pathologies émergentes d’origine environnementale similaires à celles qui ont traversé toutes les productions agricoles. Les solutions y seront donc similaires et elles sont basées sur une amélioration quantifiable les conditions sanitaires localement.

La Science au secours du « Progrès » : une question devenue provocatrice ?