vendredi 29 mai 2015

Thon rouge : une pêcherie qui brasse des millions... répartis inéquitablement !



Avec un quota de 2971,71 tonnes attribué à la France, la pêcherie de thon rouge dégagera un chiffre d’affaires de plus de 30 millions d’euros en 2015. Un chiffre comparable aux plus importantes pêcheries françaises ! Un chiffre conséquent surtout pour la flottille industrielle qui se taille la part du lion : 17 thoniers-senneurs se partagent la plus grosse part du « gâteau » et ce en quelques jours entre le 26 mai et le 24 juin 2015 (1). Alors que les artisans pêcheurs - canneurs - palangriers et ligneurs - doivent se contenter de quelques tonnes réparties quasiment sur toute l’année...

A vos calculettes !

Téléchargez Ici  le document avec la répartition des quotas par bateau dans : Arrêté du 7 mars 2015 modifiant l’arrêté du 28 janvier 2015 établissant les modalités de répartition du quota de thon rouge (Thunnus thynnus) accordé à la France pour la zone océan Atlantique à l’est de la longitude 45° Ouest et Méditerranée pour l’année 2015.

Et calculez le chiffre d'affaire par thonier-senneur sur la base de 10 euros le kilo 

Quand on parle du thon, les journalistes perdent la tête !

par Clément Calmettes

L'ouverture de la pêche au thon rouge en Méditerranée pour les senneurs est l'occasion, pour certains journalistes, de faire découvrir une activité souvent ignorée. Ils donnent malheureusement l'impression que les lecteurs ne sont pas les seuls ignorants.

Le quota de pêche de thon rouge en hausse de 2.500 tonnes pour 2015



La campagne du thon rouge qui débute en Méditerranée, pour une période d'un mois, s'annonce sous de bons auspices. Le plan de reconstitution de cette espèce, mis en place par l'Union européenne en 2006 pour limiter une pêche intensive, porte ses fruits. Le quota passe de 13.500 à 16.000 tonnes.

Source : France 3 Languedoc-Roussillon  Par Fabrice Dubault

Dans le Monde (2), Martine Valo profite du thon rouge, non pas pour insister sur le sauvetage quasiment miraculeux de cette espèce : stock supérieur à celui des années 2000, quotas en hausse, etc. Elle n'évoque pas non plus la difficulté des petits métiers dont la technique de pêche (la thonaille) a été interdite, les obligeant à se porter (avec réussite) vers les palangres et les lignes. Pas un mot non plus sur le combat que mènent ces petits pêcheurs pour un partage plus équitable de la ressource. Non, pour éviter de signaler que les choses peuvent s'améliorer en termes d'environnement et de gestion des pêches, pour éviter de parler de pêche responsable, on préfère changer immédiatement de sujet et semer la confusion en décrivant la pêche sur DCP dans les océans Indien et Pacifique. On reprend alors le discours des industriels français du thon tropical, en le mélangeant avec celui de Greenpeace (totalement compatible, dans ce cas). On y décrit les Dispositifs de Concentration du Poisson comme un engin de pêche, alors qu'il s'agit de radeaux autour desquels on peut pêcher avec différentes techniques. Aucun DCP en Méditerranée pourtant, mais des thoniers senneurs (plus petits que dans ceux des armements bretons ou réunionnais) qui respectent désormais globalement les quotas, embarquent des inspecteurs des pêches... et continuent, pour la plupart, la fraude sociale, les comptes et les paies arrangées, les inégalités flagrantes.

Dans le Figaro (3), c'est Eric de la Chesnais qui aborde la question du thon rouge méditerranéen. Si les questions de gestion de la ressource semblent lui avoir été bien expliquées, on s'étonne du chiffre d'affaire par bateau : 100 000 euros par an, écrit-il. On lui avait (finement) laissé faire le calcul lui-même. 100 000 euros correspond assez généralement à une entreprise de 1 à 3 salariés. La dizaine de marin à bord d'un thonier senneur et son armateur se partagent en réalité (de manière très inégale) le revenu des 150 tonnes pêchées et vendues autour de 10€/kg... Je vous laisse à mon tour faire le calcul...

jeudi 28 mai 2015

TTIP (ou Tafta) : Recommandations du Parlement européen sur l’accord commercial avec les USA



Mois de Mai 2015

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Le 28 Mai 2015

TTIP : Recommandations du Parlement européen sur l’accord commercial avec les USA


Ce jeudi 28 mai 2015, les eurodéputés de la commission du commerce international (INTA) ont voté le projet de rapport contenant les recommandations du Parlement européen sur les négociations commerciales avec les USA : Recommandations à la Commission européenne sur les négociations relatives au partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP)

Le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (Transatlantic Trade and Investissements Partnership), c'est le nom de l'accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Union européenne en discussion depuis 2013.... Il vise à constituer un marché commun de plus de 820 millions de consommateurs de part et d'autre de l'Atlantique. Les négociations, juridiquement complexes et politiquement sensibles, prennent du temps et risquent de s'éterniser. Malgré tout, Barack Obama qui a reçu les pleins pouvoirs du Sénat pour aboutir rapidement sur l'accord transatlantique ainsi que sur l'accord transpacifique, espère conclure d'ici la fin de son mandat (fin 2016)... 

« Les terminer avant la fin du mandat Obama est de moins en moins réaliste », indique l'Allemand Bernd Lange (social-démocrate) président de la commission du commerce extérieur et rapporteur pour le Parlement depuis novembre 2014...

Ces derniers mois, toutes les commissions parlementaires (Agriculture et développement rural, Transports et tourisme, Emploi et affaires sociales, Marché intérieur et protection des consommateurs, Environnement, santé publique et sécurité alimentaire, + 9 autres commissions) ont donné leur avis sur cet accord commercial de libre échange entre les deux plus importants blocs économiques au monde...

Toutes les commissions parlementaires à l’exception de la commission PECH ? Alors que le secteur de la pêche sera considérablement impacté par la levée des barrières douanières sur les produits de la pêche et de l’aquaculture, notamment les pétoncles, le homard, le colin d’Alaska, le cabillaud, le saumon d’Alaska,... Non seulement puisqu'avec l'accord transpacifique, l'Amérique du Nord deviendra un grand hub au centre du marché mondial des produits de la mer...

Cliquez Ici pour accéder à la fiche de procédure législative (avec le projet de rapport, les avis des commissions, les amendements,...)



TTIP et Secteur de la pêche : Question des eurodéputés italiens sans réponse ?

Parliamentary questions
31 March 2015

Question for written answer to the Commission

Remo Sernagiotto (PPE) , Salvatore Cicu (PPE) , Salvatore Domenico Pogliese (PPE)

Subject:  TTIP-fishing sector           

The European Commission has recently been in negotiations with the United States to agree a trade and investment partnership (TTIP), one of whose main aims is to eliminate, or at least to reduce, trade barriers in order to create a joint free trade area. In Italy, fishing and the processing and distribution of fish and mussel farming products constitute an important economic supply chain that employs thousands of workers. Fish canning and freezing processes, in particular, attain very high standards of excellence that are appreciated worldwide.

Within the framework of these negotiations, can the Commission specify:
  1. The extent to which the European fishing sector might benefit from the trade and investment partnership (TTIP)? 
  2. Which fish products in particular might be most positively impacted by this agreement?

Source : Parlement européen


Tout sur les accords commerciaux



03'10" 08/04/2015

L'UE est habituée à négocier des accords commerciaux, mais qui s'occupe précisément de la négociation, qui décide et à quoi servent les accords ?


TTIP: élargir l'accès au marché américain, réformer la protection des investisseurs et maintenir les normes européennes

Source : Communiqué du Parlement européen (28 mai 2015)

Les députés de la commission du commerce international appellent à plus d'ouverture du marché américain, une reforme de la protection de l'investissement et le maintien des normes de l'UE dans les négociations en cours sur le TTIP

Un accord commercial entre l'UE et les États-Unis devrait élargir l'accès au marché américain mais sans saper les normes de l'UE ou le droit de réglementer dans l'intérêt du public, ont affirmé les députés de la commission du commerce international dans leur projet de recommandations voté ce jeudi. Les outils visant à résoudre les litiges entre investisseurs et États devraient être réformés et améliorés, ont-ils ajouté.

Les recommandations aux négociateurs de la Commission européenne sur le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP), approuvées en commission du commerce international par 28 voix pour, 13 voix contre et aucune abstention, doivent encore être adoptées par le Parlement dans son ensemble.

Un accord ambitieux mais équilibré

Le PIB de l’UE "dépend fortement du commerce et des exportations". Par conséquent, un accord "bien conçu" avec les États-Unis pourrait accroître la contribution du secteur au PIB de l’UE de 15-20% d’ici 2020. Les entreprises européennes, en particulier les PME et les micro-entreprises, bénéficieraient donc d’un marché de 850 millions de consommateurs, affirme le texte.

Parallèlement, en raison d’études contradictoires, il est difficile d’évaluer les bienfaits réels du TTIP pour l’économie de l’UE, font remarquer les députés. Par conséquent, ils soulignent que les négociations doivent être transparentes, afin de parvenir à un accord "ambitieux" mais "équilibré", avec des bénéficies partagés entre États membres, pour arriver à un "environnement économique efficace et propice à la concurrence" et pour empêcher les barrières commerciales non tarifaires. Un niveau de protection élevé des consommateurs européens, de leurs données, de la santé et de la sécurité doit être garanti. De même, il faut empêcher le dumping social, fiscal et environnemental, précisent les députés.

Accord commercial UE-USA : une bénédiction pour la croissance ou une aubaine pour les multinationales ?



05'42" 17/07/2014

Débat au sein de la Commission du Commerce international entre l'écologiste français Yannick Jadot et le rapporteur, l'allemand Bernd Lange.... Si Yannick Jadot (verts/ALE) et Bernd Lange (S&D) veulent tous deux protéger les normes européennes, ils ne sont pas d'accord sur les priorités et les lignes rouges concernant un accord commercial UE-USA.

Réforme sur la protection des investisseurs

Selon les parlementaires, le TTIP doit mettre fin au traitement inégal des investisseurs européens aux États-Unis, en établissant un nouveau système équitable pour les investisseurs afin de "chercher et obtenir réparation".

Ce nouveau système devrait être basé sur le récent "document de réflexion" concernant le système réformé de protection des investisseurs, présenté le 6 mai par la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, devant la commission du commerce international. Il devrait aussi se baser sur les négociations en cours entre les ministres européens du commerce. Le système devrait inclure une "solution permanente" avec des juges indépendants et désignés publiquement, des auditions publiques et un "mécanisme de recours", tout en respectant la juridiction des tribunaux de l'UE et de ses États membres. A moyen terme, un tribunal d’investissement public pourrait être utilisé pour régler les litiges des investisseurs, ajoutent les députés.

Ils précisent aussi que le droit de réglementer dans l’intérêt public doit être protégé et les plaintes non fondées empêchées.


Agriculture: "liste exhaustive" de produits sensibles

Tout en essayant d’éliminer l’ensemble des droits de douane, les deux partenaires devraient cependant négocier une "liste exhaustive" des "produits agricoles et industriels sensibles" qui pourraient soit être exemptés de la libéralisation des échanges, soit être soumis à des périodes de transition plus longues, affirment les députés.

Ils demandent aux négociateurs de l’UE de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour insérer une "clause de sauvegarde" réservant le droit de fermer des marchés pour des produits spécifiques dans le cas où une augmentation des importations viendrait à menacer ou à causer de sérieux dommages à la production alimentaire nationale.

Par ailleurs, ils appellent la Commission européenne à encourager les États-Unis à lever l’interdiction sur les importations de bœuf de l’UE soit levée et à inclure un niveau de protection élevé pour le système d’indication géographique de l’UE.

Normes sur la santé publique

Les négociateurs doivent essayer d’éliminer les procédures excessives de contrôle des importations pour des motifs de santé alimentaire et phytosanitaire, et il devrait y avoir une "reconnaissance mutuelle des normes équivalentes", affirment les députés. Parallèlement, les normes de l’UE devraient être garanties dans des domaines où celles des États-Unis sont "très différentes", par exemple concernant l’autorisation des produits chimiques, le clonage ou les perturbateurs endocriniens. Le "principe de précaution" de l’UE doit être respecté, ajoutent les parlementaires.


Un accès élargi aux ressources énergétiques des États-Unis

Le TTIP devrait abolir "toute restriction ou contrainte existante sur les exportations de combustibles, notamment de GNL et de pétrole brut" entre l’UE et les États-Unis. L’objectif est que l’accord renforce la sécurité énergétique de l’UE et réduise le prix de l’énergie, expliquent les députés. L’accord sur le TTIP devrait inclure un chapitre spécifique sur l’énergie, qui devrait également aider à maintenir les normes environnementales et les objectifs de lutte contre le changement climatique de l’UE, ajoutent-ils.

Pas de négociation sur la protection des données

Les dispositions européennes sur le droit à la vie privée ne doivent pas être menacées par l’intégration dans l’UE du commerce électronique et des marchés de services financiers des États-Unis, disent les députés. Un accord sur le TTIP devrait exempter explicitement de toute concession l’ensemble des dispositions européennes existantes et futures sur la protection des données à caractère personnel. Les dispositions relatives à la circulation des données personnelles pourraient être négociées avec les États-Unis seulement si les mêmes règles de protection des données sont appliquées "des deux côtés de l'Atlantique", ajoutent-ils.


Ouverture des marchés américains des transports et des contrats publics

Les négociations sur le TTIP devraient supprimer les restrictions actuelles des États-Unis sur la propriété étrangère de services de transport maritime et aérien et de compagnies aériennes, comme le "Jones Act" ou le "Air Cabotage law", qui "entravent considérablement l’accès pour les entreprises européennes“. Les députés appellent aussi à élargir l’accès de l’UE aux marchés américains des télécommunications.

Selon les parlementaires, la grande disparité dans l'ouverture des marchés publics des deux parties devait être corrigée et le TTIP devrait atteindre une "ouverture importante" du secteur des marchés publics des États-Unis à tous les niveaux de gouvernement, de sorte que les entreprises de l'UE, et en particulier les PME, puissent obtenir des marchés publics américains dans les domaines des services de construction, du génie civil, des transports et de l'énergie.

Les députés demandent aussi aux négociateurs européens de garder à l'esprit les intérêts de l'UE à pénétrer le marché des "services hautement spécialisés", tels que l'ingénierie et d'autres services professionnels, financiers ou de transport.

Exclure les services publics

Les députés réaffirment également leur volonté d'exclure les services publics du champ d'application du TTIP (y compris, mais sans s'y limiter, l'eau, la santé, les services sociaux, les systèmes de sécurité sociale et l'éducation).

En janvier 2015, l'industrie du poisson a remis son rapport au Commissaire européen

Lors d'une réunion avec M. Vella, commissaire à l'Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche, les représentants de l’industrie européenne du poisson AIPCE-CEP ont révélé leur dernière étude sur le poisson « Finfish Study 2014 »... Une occasion de rappeler au commissaire que les acteurs de l'industrie halio-alimentaire et du commerce international des produits de pêche et de l'aquaculture sont favorables à ces accords de libre-échange...

Garder un œil sur les droits du travail

Les députés demandent aux négociateurs de l'UE d'insister pour que les États-Unis ratifient, appliquent et fassent respecter les huit conventions fondamentales de l'Organisation internationale du Travail (ils n'en ont jusqu'ici ratifié que deux) et demandent un suivi attentif de la mise en œuvre des dispositions relatives au travail par les entreprises américaines, en impliquant les partenaires sociaux et les représentants de la société civile.

Plus de transparence pour les députés et le public

Les députés demandent une transparence accrue des pourparlers du TTIP, en rendant plus de textes disponibles au public et en obtenant la permission des États-Unis pour diffuser davantage de documents. "Tout refus de communiquer une proposition de négociation" devrait être justifié, avertissent les députés qui demandent également d'être tous autorisés à accéder aux "textes consolidés" (les chapitres qui consolident les positions de l'UE et des États-Unis).

Un rôle de modèle

Un accord entre les deux plus grands blocs économiques mondiaux, qui "partagent et défendent" déjà des principes et valeurs similaires, a le potentiel d’établir des normes mondiales et d’éviter que des pays "ayant d'autres normes et d'autres valeurs" ne doivent assumer ce rôle, affirment les députés.

Prochaines étapes

Le texte adopté aujourd'hui en commission du commerce international doit désormais être approuvé par le Parlement dans son ensemble, lors d'un vote en séance plénière le 10 juin (à confirmer).

Un accord sur le TTIP, une fois établi par les négociateurs de l'UE et des États-Unis, aura besoin du soutien du Parlement européen et du Conseil de l'UE pour entrer en vigueur.
REF. : 20150528IPR60432

Pour en savoir plus
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Le 27 mai 2015

Coquille Saint-Jacques : Bilan de la campagne 2014-2015


FranceAgriMer - Conseil spécialisé Pêche et aquaculture du 27 mai 2015

La saison de pêche 2014-2015 de la coquille Saint-Jacques s’est achevée le 15 mai. Les volumes débarqués déclarés en halles à marée ont reculé de 21 % en moyenne au niveau national. La relative pénurie a permis une meilleure valorisation des produits que lors de la dernière campagne, particulièrement dans les halles à marée de Manche Est, où le prix moyen a progressé de 39 % (3,78 €/kg).

Sur la campagne, la valeur des ventes déclarées en halles à marée s’est néanmoins dégradée de 14 % en Manche Est, la hausse du cours n’ayant pas permis de compenser la baisse des volumes vendus (les ventes hors halles à marée ne sont pas prises en compte). En revanche, en Manche Ouest, la hausse du prix moyen (+ 10 %, 2,47 €/kg) a rattrapé la baisse des volumes vendus (- 2 %) et le chiffre d’affaires de la première vente en halles à marée a progressé de 8 %.

Sources : 
Présentation du marché des produits aquatiques - 27 mai 2015
Diaporama de conjoncture présenté au Conseil Spécialisé Mer du 27 mai 2015. Conjoncture internationale. France : données des halles à marée, commerce extérieur, consommation.

Situation du marché des produits aquatiques - 27 mai 2015
Note de conjoncture remise au Conseil Spécialisé Pêche et Aquaculture du 27 mai 2015. Conjoncture internationale - Pêche française - Commerce extérieur - Consommation

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Le 26 mai 2015

26 mai 2015 : Ouverture de la campagne thon rouge des senneurs en Méditerranée


Pour l'ouverture de la saison, les thoniers-senneurs français sont regroupés au Sud des Baléares. La saison dernière (2014), les thoniers avaient atteint leur quota de pêche en 24h dans cette zone..., Suivre la campagne de thon rouge sur Marine Traffic

Lire Aquablog : Thon rouge : Le retour !

Les stocks de thon rouge sont quatre fois plus importants qu'il y a quinze ans

Source : Le Figaro Par Eric de La Chesnais Publié le 26/05/2015 à 06:00

Les thoniers senneurs peaufinent leurs derniers préparatifs avant d'être dans les zones de pêche de Méditerranée, Baléares et Malte, pour l'ouverture de la saison. (DR)

Après plusieurs années en forte baisse, les stocks se sont reconstitués. De bon augure pour la saison qui démarre ce mardi, pour un mois.

La campagne du thon rouge qui débute ce mardi en Méditerranée, pour une période d'un mois, s'annonce sous de meilleurs auspices. Le plan de reconstitution de cette espèce mis en place par l'Union européenne en 2006 pour limiter une pêche intensive, porte ses fruits. En effet le comité scientifique de la CICTA (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique) est optimiste. Après plusieurs années de stocks historiquement bas, il a constaté une hausse spectaculaire de la biomasse du stock des poissons reproducteurs, qu'il estime à 585.000 tonnes, soit quatre fois plus que ce qui était observé au milieu des années 2000.

Une donnée importante qui lui permet de fixer annuellement depuis 2006 un quota de capture autorisée (TAC) avant le début de chaque saison. Il a donc logiquement relevé le TAC 2015 à 15.821 tonnes pour les pays de l'Union européenne autorisés à pêcher cette espèce, contre 13.500 tonnes l'an dernier et même 32.400 tonnes en 2006, avant le plan de redressement européen du thon rouge. «Cette capacité totale a ensuite été partagée entre les pays ayant une activité de pêche sur cette espèce dans la région, commente Bertrand Wendling, directeur de l'organisation des producteurs Sathoan à Sète. Pour 2015, la France s'est vue attribuer un quota de 2971,71 tonnes soit 500 tonnes de plus en un an».


Suivre la campagne de thon rouge sur Marine Traffic

Entre 10 à 12 euros le kilo payé aux pêcheurs

De quoi redonner un peu de baume au cœur des capitaines des 17 navires tricolores autorisés à pêcher le thon rouge, dont 9 appartiennent à la compagnie de pêche sétoise, Sathoan. «C'est une campagne délicate qui ne dure qu'un mois. Les risques météos sont plus importants que pour un autre type de pêche. Dès qu'il y a un peu de vent il faut arrêter. La pêche à la senne, du nom du filet accroché par une grue arrimée sur le pont, a nettement plus de prise au vent», prévient Bertrand Wendling. Un risque qui est toutefois très rémunérateur. A l'arrivée au port, le prix du thon rouge se négocie autour de 10 à 12 euros le kilo. «Nous arrivons avec les 17 navires à prendre jusqu'à 150 tonnes de poissons par saison, faites le calcul», ajoute le responsable. Cela représente en effet un chiffre d'affaires moyen de plus 100.000 euros par bateau.

On est certes loin du record de 2013, où un thon entier de 222 kg (les thons pêchés en Méditerranée pèsent entre 100 et 200 kilos) avait été vendu pour un prix record de 1,31 million d'euros, soit près de 6000 euros le kilo! Ce thon avait été capturé au large des côtes nord du Japon. «Ce niveau de prix déconnecté de la réalité ne peut se produire que lors de l'ouverture de la saison des enchères, sur un ou deux poissons seulement, prévient Bertrand Wendling. Attention à ne pas tomber dans les clichés».

Une fois pêché, le thon rouge est conservé vivant par les mareyeurs pour être transféré dans une cage où il sera engraissé quelques mois. «Cette étape permet de les vendre un peu plus cher tout en assurant une meilleure gestion des stocks avec un prix stable pendant l'année, explique Bertrand Wendling. La totalité du thon rouge pêché en Méditerranée va au Japon pour se retrouver dans les sushis ou sashimis». Les Français eux doivent se contenter du thon tropical albacore, pêché dans l'océan Indien, pour leurs sushis. C'est nettement meilleur marché !

En Ariège, Sushi Môbile certifié sans thon rouge !!!

Copie d'écran : Sushi Môbile

Sushis de haute qualité certifiés issus de poissons importés : saumon, thon albacore, crevette de Madagascar... A l'exception de la truite bio locale


Ne pas mélanger différentes espèces de thon dans la même salade !!!

Les thons victimes d’un engin de pêche redoutable

Source : LE MONDE | 26.05.2015 à 08h34 | Par Martine Valo

Mardi 26 mai s’ouvre la saison du thon rouge. Les gros navires senneurs français sont prêts à s’élancer du côté de Malte et des Baléares : ils ont un mois pile pour pêcher leur quota de 2 302 tonnes. C’est beaucoup moins qu’en 2006. Il avait alors été décidé de diviser presque par trois les captures maximum autorisées dans l’Atlantique et en Méditerranée, tant les populations de thon rouge s’étaient effondrées. Chaque année, on y pêche désormais 13 400 tonnes du roi des sushis, qui semble se rétablir.

C’est peu comparé à la totalité de la pêche thonière mondiale, soit 4,8 à 5 millions de tonnes de listao (ou bonite), patudo (dit aussi thon obèse), albacore (thon jaune) qui finissent bien souvent en boîte de conserve. Aucune réglementation contraignante ne régule le sort de ces espèces qui sont actuellement victimes d’un engin de pêche redoutable appelé dispositif de concentration de poissons (DCP). Cet outil d’allure modeste ne serait pas particulièrement dévastateur s’il ne se multipliait à une vitesse vertigineuse dans tous les océans du monde, au point de faire réagir… les pêcheurs eux-mêmes.

Procédé bon marché

« Nous sommes inquiets pour la durabilité des stocks de thons et donc pour la durabilité de notre activité », annonce Yvon Riva, président d’Orthongel qui regroupe les producteurs français de thon tropical congelé et surgelé. En 2012, l’organisation professionnelle avait interrogé ses patrons pêcheurs sur le trop-plein de DCP. A 70 %, ces derniers avaient approuvé l’idée de limiter volontairement le nombre de ces engins...

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La pêche aux anchois fait le bonheur des Italiens



Sur la côte amalfitaine, près de Naples, on pêche les anchois la nuit selon une tradition du XIVe siècle. Et les poissons ne servent pas qu'a agrémenter les pizzas.

Source : France 2

C'est une tradition de plusieurs siècles qui perdure aux environs de Cetara en Italie. Sur la côte amalfitaine, décor magnifique classé au patrimoine mondial de l'humanité, on attend que le soleil se couche pour commencer... la pêche aux anchois. France 2 y a rencontré Angelo qui pratique ainsi la pêche au lamparo : un phare puissant qui sert d'appât pour des milliers de poissons.

Un produit qui s'exporte très bien

Quand le bateau arrive au port à cinq heures du matin, les pêcheurs nocturnes savent qu'ils vont pouvoir facilement écouler la demi-tonne d'anchois collectée. Car ce poisson fait vivre 40% de la population locale. Il est vendu frais, salé, et même en huile, à 24 euros le litre.

Ce produit reconnu pour la force de son parfum est très prisé par les grands chefs du monde entier, pour les légumes comme les poissons.

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25 Mai 2015

Toulouse : Centre de surveillance européen des Océans

L’entreprise Mercator océan, basée près de Toulouse, vient de mettre en ligne le portail web du Copernicus Marine Service. La société lance ainsi officiellement le service de surveillance européen des océans dont Bruxelles lui a confié la mise en œuvre et l’exploitation en novembre.

Le 11 novembre 2014, la Commission européenne a signé avec Mercator Océan un accord qui lui confie la mise en place du futur Copernicus Marine Service à compter d’Avril 2015. Ce service a pour mission de fournir un accès libre et gratuit à une information scientifiquement qualifiée et régulière sur l’état physique et biogéochimique de tous les océans du globe, en surface comme en profondeur : température, courants, salinité, hauteur de mer, glace de mer, couleur de l’eau, chlorophylle….

Le catalogue de produits océaniques du service englobe des produits dérivés d’observation spatiale et in situ, des prévisions et analyses en temps réel, et des séries temporelles sur plusieurs dizaines d’années dans le passé (réanalyses).

 Température de l'Océan Atlantique Nord (Copernicus Marine Service)

Ce service est destiné à de nombreux usages, qu’ils soient de nature commerciale, scientifique, pour des missions de service public ou tout simplement pour les citoyens curieux de l’état de leurs océans. On citera par exemple : les politiques et règlements de l’Union européenne comme la directive cadre « stratégie pour le milieu marin », la lutte contre la pollution marine, la protection de la biodiversité, la sécurité et le routage maritimes, l’exploitation durable de l’environnement côtier et des ressources marines, les énergies marines, la surveillance du climat, la prévision des cyclones…

Le Contrat de délégation de la Commission Européenne porte sur un montant de 144 Millions d’Euros entre 2014 et 2021.

La pompe à carbone biologique selon la plateforme Océan et Climat


Source : Mercator Ocean

mardi 26 mai 2015

SCOPALE : étonnants artisans !

Armement artisanal et financement des bateaux de pêche en question... Actualisation le 28 mai 2015

SCOPALE : étonnants artisans !  un article de Clément Calmettes

Illustration : Copies d'écran du logo de la CME (Coopérative Maritime Etaploise) et de  l'article de La Semaine dans le Boulonnais : La Coopérative maritime ne veut pas couler

Premier volet d’une série d’articles (*) concernant l'impact de la réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP) sur les pêcheries européennes et surtout françaises...

Nos inquiétudes sur la nouvelle PCP étaient-elles fondées ? : Imaginez la pêche française en 2020 après 7 années au régime QITs

En préambule

Boulogne va très très mal...

Après avoir laissé filer son dernier armement industriel - Euronor est passé sous la coupe d’une puissante pêcherie néerlando-islandaise - Boulogne accueille un nouvel acteur dans le port de pêche, Intermarché. La Scapêche, filiale du groupement Les Mousquetaires, arrive en « sauveteur » de la CME (**). La Coopérative Maritime Etaploise (CME), principal acteur du premier port de pêche français, est au bord du naufrage... Bien que regroupés et solidaires, ces pêcheurs artisans aux commandes d’une quarantaine de chalutiers hauturiers et semi-hauturiers n’ont plus la capacité de rester à flot.

Il est loin le temps où le Crédit Maritime aidait sans problème les pêcheurs à acquérir leur premier bateau. La banque des professionnels de la mer finançait sans sourciller des navires de plusieurs millions de francs sans que le pêcheur n'ait besoin d'apporter le moindre centime !.. A ce moment-là, l'Europe accompagnait la modernisation de la pêche communautaire...

Depuis le vent a tourné à Bruxelles... Subventionner un bateau de pêche est devenu un crime contre la biodiversité marine ! « Investir dans de nouveaux bateaux quand tant de stocks halieutiques européens sont en danger est de la pure folie », avait proclamé le responsable européen d’Oceana, Xavier Pastor. (lire : Feamp : Rapport secret sur la pêche française. Secret de Polichinelle !) Les pêcheurs artisans ne peuvent compter que sur leurs propres moyens... La ressource s’améliore... Place aux investisseurs ! Les autres devront rester à quai !

L’article de Clément Calmettes illustre les changements en cours dans le port de Boulogne... La disparition des artisans hauturiers et semi-hauturiers au profit de sociétés dont les capacités financières sont sans commune mesure avec celles d’un armement artisanal.

SCOPALE : étonnants artisans

Copie d'écran du portail de la Scapêche : La Scapêche investit dans la Scopale et se développe dans la pêche côtière et artisanale

En France, la « pêche artisanale » est le modèle dominant. Elle recoupe ces réalités variées et tout porte à croire que certains veulent maintenir l'ambigüité. Est reconnu comme artisan tout armateur d'un bateau de moins de 25m embarqué et ne possédant pas plus de 2 bateaux. Ces « artisans » sont donc propriétaires de navires aussi différents qu'une petite barque de 7m ou qu'un hauturier de 25m. Dans ce dernier cas, il sera à la tête d'une entreprise de près de 10 salariés pour un chiffre d'affaire de 200 000 ou 500 000 euros.

Scapêche-­Intermarché est le premier armateur à la pêche fraiche de France. Cette entreprise s'appuie sur l'un des principaux réseaux de grande distribution et exploite plus de 20 bateaux de pêche. La Scapêche prétend aujourd'hui participer au « développement de la pêche côtière et artisanale ». Elle entre au capital des entreprises de la pêche artisanale. Comment continuer alors de parler d'artisans ? Comment en est-on arrivé là ?

Les armateurs artisans rencontrent en effet de grandes difficultés de financement : acheter un navire entre 16 et 25m est extrêmement coûteux, notamment en raison de la limitation des licences. Le groupe Intermarché dispose de ces capacités de financement.

mardi 19 mai 2015

Mortalités ostréicoles, conchylicoles. Remise à plat !






2015, une année charnière pour la survie de toute l’activité conchylicole.

Jean François Le Bitoux, Vétérinaire en aquaculture

Billet n° 1 / Relancer l’enquête

Billet n° 2 / GROBEST : La maladie des élevages de crevettes EMS est le résultat d’une course à la production d’aliments toujours moins cher.

A relire 3 articles (+ billets) de Jean-François Le Bitoux

28 janvier 2014 : Mortalités ostréicoles, 2014 l'année des solutions ? Chiche ?  (+ 10 billets)
7 juin 2014 : Mortalités de moules : Nouvelles pathologies "inconnues" ?
9 mars 2015 : Les huîtres crèvent... et alors ! Stop ou encore ?

Relancer l'enquête

Quoi de neuf depuis un an ?

Le long des côtes françaises, des mortalités conchylicoles se sont multipliées depuis que l’ostréiculture existe, soit plus de 150 ans. Les 12 derniers mois furent particulièrement riches en évènements, en informations, en réunions et en interventions, sans oublier d’autres manifestations de rues d'associations écologistes indirectement concernées, contre l’extension des filières, les marées vertes, etc.

L’historienne Mona Ozouf nous invite à prendre conscience que le contexte est aussi important que le texte : « Il faut contextualiser avant de hiérarchiser ». Le contexte c’est autant ce qui se déroule dans les parcs d’élevage que dans des réunions qui se succèdent sans avancer, selon les termes mêmes des participants. C’est l’heure de faire preuve de connaissances innovantes et d’imagination pour ouvrir de nouvelles pistes.

Arrêt sur quelques images


Pour illustrer cette série de billets 2015, j’utiliserai les mêmes images que l’an passé à savoir : « Tous responsables du désastre... chacun a joué un rôle » du Mensuel du Golfe du Morbihan (sept 2010) et le diagramme montrant les successions de mortalités ostréicoles depuis le début du siècle que je me propose d’expliquer « scientifiquement » dans un mois environ.


Comme les rapports des Dr. J.D. Puyt et P. Vannier sont rédigés sous le signe des lois de l’épidémiologie, la couverture du livre du Dr. B. Toma et de son équipe rappelle que l’épidémiologie est par excellence une science multifactorielle où les domaines les plus étranges peuvent prendre une importance inattendue, par effet d’entrainements et d’amplification, tout en acceptant que l’on puisse faire des découvertes innovantes en chemin.


Les bases techniques qui sous­-tendent cette réflexion vétérinaire sont vieilles de quelques millions d’années et il serait vain de tenter de s’en échapper car « On ne trompe pas la nature ». (R. Feynman). Ce chercheur Nobel de physique exigeant avertissait l’auditeur ou le lecteur à la recherche d’explications simples qu’il lui faudra changer de monde car le nôtre et la nature n’obéissent pas à des constructions simples. Elles sont même si complexes que nul ne peut affirmer qu’il en a « tout compris ». Bref une discussion prétendue démocratique, à la recherche d’un consensus est de peu d’intérêt en science même si la majorité préférerait des explications simples, fausses mais simples.

Pour autant la citation précédente est un résumé simplifié d’une sentence plus lourde de conséquence. Elle conclut sa contribution à l’enquête sur les 73 secondes du vol de Challenger (28/1/86), évènement dramatique que le physicien attribue à un certain « laissez-­aller » à différents niveaux de responsabilité du programme et ce document est exemplaire à plus d’un titre : “For a successful technology, reality must take precedence over public relations, for nature cannot be fooled”. « Pour qu’une technologie marche, la réalité doit prendre le dessus sur toute attitude de relation publique car on ne triche pas avec la nature. » On pressent que cette phrase pourra avoir une traduction et une portée différentes selon le cadre technique, commercial, administratif ou politique. Et que si elle s’applique à une catastrophe qui se déroule en moins de 2 mn, elle s’applique aussi à d’autres catastrophes, dans beaucoup de domaines.

Toute enquête policière piétine par moment et connait ses coups de blues ! A ce moment­-là, le commissaire lance : « Il y a quelque chose qui nous a échappé, on reprend tout à zéro ! » Et les enquêteurs relisent leurs notes, scrutent les images, rendent à nouveau visite à tous les témoins et les obligent à raconter leur histoire une fois de plus, à la recherche du détail qui a pu échapper consciemment, inconsciemment, volontairement ou pas. En fait, il y a souvent des séquences qui cadrent mal les unes avec les autres et auxquelles il faut donc redonner de la cohérence. La conclusion finale de l’enquête décrira un enchainement fluide d’évènements discrets.

lundi 18 mai 2015

Récit. Notre poisson pêché par des esclaves


News de la pêche dans le monde  : Afrique, Asie, Amérique et Océanie 

Mois de Mai 2015

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Le 29 Mai 2015

Récit. Notre poisson pêché par des esclaves


Enfermés dans des cages et forcés à travailler jusqu’à 23 heures : les conditions de travail des pêcheurs thaïlandais, cambodgiens, laotiens ou birmans au large de l’Indonésie ressemblent, à s’y méprendre, à de l’esclavage. Les activistes estiment qu’il pourrait y avoir jusqu’à 3 000 pêcheurs travaillant dans des conditions d’esclavage au large de l’Indonésie. CNN Freedom Project.

Source : Courrier International par Saima Mohsin

Durant mon enfance dans le sud de Londres, je ne réfléchissais pas vraiment à la provenance des bâtonnets de poisson que je trouvais dans mon assiette au dîner. Mais il se pourrait que le poisson vendu au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde soit en fait pêché par des esclaves.

Alors que j'enquêtais pour CNN Freedom Project, j'ai rencontré Samart Senasook, un homme chétif qui semblait faible et perdu. Un agent l'avait convaincu de devenir pêcheur. Il s'attendait à partir en mer pour 12 mois, mais il est parti 6 ans, et s'est retrouvé piégé sur un bateau.

Des équipages d’esclaves sur les chalutiers thaïlandais

Ces hommes étaient détenus dans ce qui ressemblait à des cages, forcés à travailler jusqu'à 23 heures par jour et quand ils avaient de la chance, on leur donnait parfois une pomme de terre bouillie à manger. Ils étaient enfermés dans des chambres froides pendant des heures, ou devaient porter de gigantesques blocs de poisson surgelé qui les écrasaient, leur brisant les os ou les laissant paralysés.

“Le capitaine me donnait des coups de pied et de poing. Mon nez et ma bouche saignaient. J'ai toujours des douleurs dans la mâchoire à chaque fois que je mange.” Il m'a montré sa bouche – il y avait du sang coagulé autour de ses dents.

Esclaves en mer

Samart a voulu s'échapper, mais selon lui, le capitaine conservait les papiers des travailleurs et lui avait attribué une fausse identité.  Lui et ses collègues d'infortune ont uniquement été découverts par accident, lorsque l'Indonésie a pris des mesures fermes contre les bateaux de pêche illégaux. Son bateau faisait partie de ceux qui ont été forcés à regagner la terre.

Des milliers d'hommes originaires de Thaïlande, d’Indonésie, du Cambodge ou du Laos ont émergé de ces embarcations, et ont raconté avoir été esclaves en mer pendant des mois, des années, voire des décennies.
(Pour plus d’informations sur le CNN Freedom Project, rendez-vous sur CNN.com/freedom)

Nous avons rencontré les parents âgés de l'un de ces pêcheurs. Ils vivaient dans une cabane en tôle rouillée et faisaient les poubelles pour trouver des objets à vendre. Il n'est pas difficile d'imaginer pourquoi leur fils a pris le risque de partir en mer. Des milliers d'autres sont peut-être encore sur l'océan, ou coincés sur des îles, dans l'attente que leur gouvernement les ramène chez eux.

Des milliers de pêcheurs étrangers retenus en esclavage

Samart souffre toujours. Les autorités ont refusé de le déclarer victime de traite d'êtres humains – ce qui aurait été un premier pas vers la justice, et éventuellement la compensation. Un groupe de défense des droits des travailleurs affirme que le gouvernement thaï ne répertorie pas les victimes de trafic afin de mieux manipuler les chiffres et d'améliorer son statut dans un rapport américain – une allégation que réfute le Premier ministre thaïlandais.  La Thaïlande tient une conférence régionale sur la traite d'êtres humains et l'immigration illégale [ce 29 mai].

Samart s'est effondré de nombreuses fois au cours de notre interview. Ses longues pauses alourdissaient l'atmosphère. Je voulais utiliser davantage ses silences que ses mots parce qu'ils en disent beaucoup. Je n'oublierai jamais qu'il m'a raconté qu'il y avait des chiens à bord, qui étaient caressés, aimés et bien nourris. “Le capitaine traitait mieux ses chiens que nous, à bord.”

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Le 28 Mai 2015

Projet Fish Forward : Une pêche durable pour les Hommes et les poissons

 
WWF France

Saviez-vous que l’Europe est le plus grand importateur de produits de la mer au monde et que 50% de ces importations proviennent de pays en voie de développement ? Saviez-vous qu’en choisissant votre poisson selon des critères durables, vous pouvez avoir un impact positif à la fois sur les communautés de pêcheurs et sur les écosystèmes ? Lorsque vous achetez du poisson, pouvez-vous identifier celui qui a été pêché selon des critères durables des autres ?

Source : 2015. Année européenne pour le développement
En 2015, Année Européenne du développement, le WWF travaillera sur les questions de durabilité environnementale, sociale et économique dans les pays en voie de développement avec l’idée de promouvoir une pêche durable pour les hommes comme pour les écosystèmes.
Le WWF appelle donc l’ensemble des acteurs à se questionner sur ce qu’il se passe au-delà de nos frontières et de nos côtes, pour devenir acteur de notre consommation.

A travers ce projet, le WWF s’est donné pour mission de fournir de l’information aux consommateurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics afin de donner à chacun d’entre nous la possibilité d’agir sur la réduction de la pauvreté et la protection des écosystèmes, deux enjeux qui sont au cœur de ce projet co-financé par la Commission européenne.
Des activités autour de cette thématique seront proposées dans les 3 années à venir pour permettre une prise de conscience globale dans les 11 pays européens concernés. Plus d’informations à venir sur ce site.

Pays impliqués dans le programme :
Autriche
Allemagne
Bulgarie
Croatie
Espagne
France
Grèce
Italie
Portugal
Roumanie
Slovénie

Durée du projet :  2015-2017

Co-financement : Commission européenne

Contact : Joséphine Labat, chargé de projet pêche durable
jlabat@wwwf.fr

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Le 23 Mai 2015

Sécurité alimentaire : Prise en compte du poisson et de l’aquaculture


The rise of aquaculture - Food Security

En début mars 2015, l’Institut international de Recherche sur les Politiques alimentaires (IFPRI) a produit son rapport 2014 – 2015 sur les politiques alimentaires dans le monde.

The rise of aquaculture
Food Security
 
Tout un chapitre du rapport de l'IFPRI est consacré à l'aquaculture. De quelle manière ce secteur contribue-t-il plus que d'autres à l'amélioration de la sécurité alimentaire dans le monde?

Partout dans le monde, la demande en poisson n’a cessé d’augmenter, et compte tenu de la croissance démographique, de l'urbanisation croissante et de l'évolution des préférences des consommateurs, cette tendance devrait se poursuivre.

En outre, une plus grande quantité de poisson destinée à la consommation humaine provient actuellement plus de la pisciculture que de la pêche.

Bien que la part de poisson consommée par les producteurs soit souvent sous-estimée dans les statistiques mondiales, il a été remarqué qu’au sein des populations fortement engagées dans les activités de pêche, le poisson provenant de la pêche artisanale représente une composante importante de l'apport en protéines animales et en nutriments essentiels ; non seulement pour les petits pisciculteurs, mais également pour la société dans son ensemble.

Compte tenu de l'importance des protéines d'origine animale pour l’apport de nutriments pour la santé humaine ainsi que les tendances mondiales émergentes, il est clair que le poisson représente une composante essentielle d'un avenir où règnera la sécurité alimentaire. Extrait de l'article de Scidev : L'état des lieux de la sécurité alimentaire en Afrique

Cliquer Ici pour télécharger le rapport intégral de l'IFPRI : 2014-2015 Global Food Policy Report

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Le 21 Mai 2015

La Gambie se propose à accueillir les musulmans d’Arakan

Source : TRT

Le gouvernement de la Gambie a qualifié “de devoir sacré” l’accueil et l’hébergement des musulmans d’Arakan (Rohingyas), les Etats-Unis prêtent à aider

La Gambie a lancé un appel à la communauté internationale pour la livraison de tentes, de lits, couvertures, médicaments et des effets nécessaires pour pouvoir dresser des camps destinés à héberger les musulmans d’Arakan.



Une déclaration a également été faite par les Etats-Unis concernant “le hébergement” des musulmans d’Arakan....

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18 Mai 2015

Ces pêcheurs pauvres devenus passeurs d'hommes

Illustration : Google Images : Birmanie boat people bateau

Selon des organisations humanitaires, près de 8000 migrants seraient en perdition en mer. Les passeurs d'hommes étaient tous marins ou pêcheurs.

Source : Tribune de Genève

Langues de sable blanc, cocotiers ployant au vent dans l'azur, fins esquifs posés sur l'estran: au premier regard, l'île de Shah Porir Dwip ressemble davantage à un petit port de pêche assoupi qu'au lieu d'embarquement de milliers de migrants fuyant la misère et les persécutions.

Fichée à la pointe sud du district bangladais de Cox's Bazar (sud-est), courant le long des côtes birmanes, cette île reliée au continent à marée basse a été récemment le théâtre d'une opération musclée des forces de sécurité. Elles ont interpellé et incarcéré de nombreux pêcheurs reconvertis dans la traite humaine.

Ici «tous étaient marins ou pêcheurs, mais quand ils ont réalisé à quel point le trafic d'êtres humains était lucratif, ils sont eux-mêmes devenus intermédiaires ou trafiquants», explique un responsable de la police locale, Kabir Hossain. «Plus de 60% des gens qui vivent ici sont maintenant directement ou indirectement impliqués dans le trafic», assure le policier en patrouille dans les rues de l'île.

Une petite centaine de passeurs présumés ont été arrêtés à Shah Porir Dwip et dans un village voisin par le Rapid Action Battalion (RAB), l'unité d'élite de la police. Trois «parrains» du trafic, originaires de l'île, ont été tués. A lui seul, le dénommé Dholu Hossain aurait fait partir 1000 migrants et réfugiés. Des rumeurs soutiennent que l'homme était protégé par un juge.


Le rêve malaisien

Le RAB s'est installé sur le port et l'île de 12'000 habitants semble aujourd'hui déserte.

Selon les organisations internationales, pas moins de 8000 migrants sont actuellement en perdition en mer en Asie du Sud-Est. La plupart d'entre eux sont des Rohingyas, une minorité musulmane considérée par l'ONU comme l'une des plus persécutées du monde, fuyant la Birmanie.